août 2009 | fut-il.net

Archive for août 2009

Les rats taupiers

image C’est une journée extraordinaire. Un dimanche où nous recevons mes sœurs et leurs conjoints. Maman a mis les petits plats dans les grands. Papa a sorti sa meilleure bouteille de vin. Il faut dire qu’ils ne viennent pas souvent. Depuis que les jeunes mariées sont parties de la maison, peu de visites à la maison mère. Je ne leur jette pas la pierre. L’ambiance familiale n’a jamais été propice à des visites régulières.

Ma sœur aînée Martine arrive la première chargée d’une plante verte qui ravit Maman. Mon beau-frère René dont la bonhomie inspire la confiance m’accorde quelques minutes pour prendre de mes nouvelles estudiantines. Papa est encore au bistro. Comme d’habitude, il se réserve le droit d’arriver le dernier pour ne pas montrer son impatience à revoir ses filles. Line, ma sœur cadette, arrive un quart d’heure plus tard avec son gendarme de mari. Il ne manque plus que le chef de famille pour commencer l’apéritif.

René et Alain devisent sur les derniers résultats de foot. Line et Martine se retrouvent et prennent des nouvelles de leurs enfants respectifs. Maman est encore affairée aux fourneaux. Elle scrute le gratin dauphinois traditionnel pour qu’il ne brûle pas. Je suis au milieu de cette famille recomposée pour un jour, hagard et contemplatif. Papa arrive et salue avec un large sourire sa progéniture rassemblée.

L’apéritif déride les visages, accélère les paroles, brouille les pistes d’une gêne évidente. Une fois à table, papa relance ses histoires de vignes, de vin, de copains de bistros. Ce jour là, enclin à l’écouter malgré les perpétuelles redites, mes sœurs et moi buvons ses paroles avec sincérité et admiration. Nous nous amusons, quelque peu cyniques. Nous le brocardons et il répond avec bienveillance à nos sarcasmes de gamins. Au milieu des ses propos, une anecdote nous interpelle. Il nous conte ses techniques peu orthodoxes de capture des rats taupiers. Ces petites bêtes ravagent chaque année son stockage de pommes de terre caché dans la cabane sur les hauteurs de la grande vigne. Interpellés et amusés par l’animal décrit – nous n’avions aucune connaissance de l’existence de la bête – nous renouvelons nos piques sympathiques. Il s’en amuse et je suis ravi du second degré que la discussion prend. Avec force de détails, il nous enseigne sa méthode consistant à verser dans un seau de vendanges des graines dont les rats taupiers raffolent. Les petites bêtes ainsi attirées dans le récipient sont prises au piège, ne pouvant sortir du seau après s’y être laissées glisser avec négligence. Il passe relever les seaux un fois par semaine et s’enorgueillit de son butin.

Ce dimanche là, autour des rats taupiers, j’ai trouvé un instant rare, trop rare. Un rêve peut être. Mes sœurs sont reparties le cœur léger. Mes beaux-frères, les bras chargés de bouteilles de vin. Maman est passée à côté, je crois.

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Mots de blogs (3)

Des mots de Bashung parce que voilà. Pas un mot mais une photo-sourire de blog. Un “etc.” d’émerveillement. Une Babel qui n’en finit de nous faire monter dans les tours et une expression revue au Goux 2.0.

Morceaux choisis :


J’ai décimé décimé / Des armées de répondeurs / Occupés à se dire / Mes naufrages au saut du lit (...) / J’ai commandé décommandé / De mes yeux la prunelle / Balancé les jumelles / Pour ne garder que le flou.
Monsieur Bashung Sommes-nous 

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Oopsy et son chat Tel père, tel fils... 

La nuit tombe ici comme nulle part ailleurs. Pas plus lentement, mais avec une sorte de majesté dédaigneuse. Elle connaît nos fenêtres et sait qu'elle va s'y déployer toute à son aise, avec lenteur, flamboiement de couleurs, distinction de lumières, etc. (“Etc.” par impuissance ou découragement à dire ce que l'on voit en effet.)
Didier Goux Voyez mes poils, voyez mes ailes

La voûte de ce ciel sans lune n'éclairait plus la mer et ses pas aveugles sur le sable noir la ramenèrent lentement chez elle. La miette d'ombre qui s'était infiltrée dans sa mémoire avait fini d'éveiller sa curiosité et la fit basculer à nouveau sur la rive du désir…
Loba del sur Rendez-vous 

Tout à l'heure, après le déjeuner, il s'est dit que, là, maintenant, illico, il fallait vraiment qu'il attelle le i-bœuf à sa @charrue et qu'il fasse mine de s'intéresser à l'autre épave de Gainsbourg foutant le feu à son billet de 500. Au lieu de, on peut le voir écroulé dans un fauteuil d'emprunt, parcourant de ses yeux larmoyants un livre déjà lu.
Didier Goux Secoue-toi gros tas de vide

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Au bout de mes mots

Je suis du genre loquace à tendance mutique. Paradoxe fameux de ma personnalité. Je déplie des toiles immenses de phrases alambiquées pour trouver le mot juste, celui qui sera intelligible, compris par l’autre, assimilé et accepté. Je n’y parviens pas toujours. Et au bout de mes mots, quand l’incompréhension perdure, je passe en mode silencieux. Plus un mot, plus une explication, plus aucun geste ne m’animent. Même mes pensées avides de débat et d’interactions disparaissent. Lorsque mon interlocuteur s’évertue à mal interpréter mes propos, en lieu et place du conflit, il ne récolte que mon ignorance.

Dans de tels moments, la nuance serait bienvenue... Bien entendu, je me trompe parfois, souvent. Mais au-delà de la vérité, mon orgueil est bafoué. Ne pas imaginer que je peux éventuellement avoir raison m’efface totalement du dialogue. Mute !

Quelle tête de mule ! Je suis certainement excessif mais, affecté, j’ai besoin de m’égarer un instant dans mes pensées désertiques. Ce trouble est cependant volatile. Au bout de mes silences, se retrouvent brusquement corps et âmes en conjonction. Je m’apaise alors, relance la machine à mots déliés et efface mon mutisme alternatif jusqu’à la prochaine occurrence.

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La foire

image Je devais avoir six ou sept ans. Ils envahissaient deux fois par an la place principale du village. Nous l'appelions la « promenade ». C’était tout autour de cette place normalement dévolue à la flânerie, que manèges, stands de tirs, auto-scooters et autres vendeurs de friandises prenaient place dans un cercle presque parfait. Au centre, l’espace bordé de platanes centenaires restait libre pour que les aficionados de la pétanque s’adonnent à leurs passions apéritives.

Ma mère me donnait vingt francs le samedi matin et il fallait que je fasse avec jusqu’au dimanche soir. Deux francs la place d’auto-scooter, un franc cinquante la pêche aux canards, j’avais toutefois suffisamment d’argent pour passer de bons moments. Elle me laissait rarement agir à ma guise. Elle était toujours à proximité, me surveillant du coin de l’œil. Elle s’asseyait sur un banc avec ses amies. Elle bavardait de futilités sur le temps qui passe, qui réchauffe ou qui refroidit suivant si nous étions à la foire du printemps ou à celle d’automne.

Elle me prenait parfois la main et déambulait avec moi dans les allées bruyantes où les forains attisaient le chaland. Le gérant du stand de tir braillait vainement. J’étais toujours surpris que ma mère ne cède pas à ses avances puisque, il l’annonçait haut et fort, nous devions gagner à chaque coup. Les odeurs de pommes d’amour et de « barbapapa » délicieusement sucrées chatouillaient nos narines, faisaient saliver nos papilles et me creusaient le ventre. Elle cédait alors à ma tentation et le nuage léger de saccharose finissait toujours par me grimer le nez.

C’était doux et généreux. J’étais fier d’être au bras de maman dans la file d’attente permettant d’accéder au tirage dominical de la tombola. Là, nous attendions notre tour pour gagner le filet garni de victuailles : jambon ibérique, cassoulet de Castelnaudary et autres conserves goûteuses de qualité. Les photographes se postaient non loin de cet attroupement, à l’affût de la photo souvenir qu’ils allaient vendre à un prix outrancier. Aussi fière que moi, elle laissait volontiers le plus charmant d’entre eux nous fixer pour la postérité.

Je reste toujours enchanté de ces instants passés avec elle qui habituellement d’affection ne débordait pas. Nous semblions proches et unis. Tout en gardant la maîtrise de ses émotions, elle était « au petit soin » avec moi. Pas festive mais bienveillante, elle paraissait satisfaite de ses actes. Ces quelques signes de tendresse affichés aux yeux de tous me comblaient d’un bonheur éphémère Je rangeais alors ces moments dans ma boîte à souvenirs dans l’attente de la prochaine venue des gens du voyage.

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Le silence retrouvé

image Alors que la chaleur assomme la plupart de mes congénères, je me trouve depuis quelques jours un regain d’intérêt à la canicule actuelle. N’étant pas un ardent défenseur de la bougeotte estivale, je me réjouis de la sédentarité qu’elle provoque. Bien installé sous la climatisation, volets fermés, calfeutré chez moi, « l’humanitude » ne m’atteint plus et c’est tant mieux.

Pauvres aoûtiens qui commencent à plier bagages et s'amassent sur l’autoroute, direction le grand Nord. Je compatis mais je ne viendrai en aucun cas vous rejoindre aux abords de vos campings et encore moins dans les embouteillages de votre trajet retour. Grand bien me fasse, bon retour et le bonjour chez vous ! L’année prochaine, si vous pouviez choisir l’Espagne comme lieu de villégiature, j’en serais ravi. D’avance, je vous remercie.

Encore quelques heures, quelques files de voitures attelées et mon territoire me sera enfin rendu. Resteront quelques amoureux du calme, retraités ou autres désœuvrés à qui le travail manque. Ceux là ne gênent pas. Je pourrais dés la semaine prochaine, admirer de nouveau la côte méditerranéenne sans faire une heure de slaloms entre les voitures stationnées à même le sable. La plage sera rendue à la nature. La mer pourra claquer ses vagues sur le rivage sans renverser un mini-hollandais couleur écrevisse. Rêveur invétéré, je reprendrai alors la liberté de déambuler sur l’écume sans me prendre sur la tronche une beachball en plastique dur. Au crépuscule, la digue m’offrira une place de choix sur le rocher le plus éloigné et de là, au milieu des éléments, je me réjouirai du silence retrouvé.

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Au bistrot

Dans mon village, il n’y a guère d’activité pour nous, les jeunes ruraux coupés de la vie citadine. Les seuls véritables endroits de rencontres sont les bistrots. Trois bars pour être exact. Un jaune, un orange, un rouge. Un en bas de la grand’ rue, un au milieu, un en haut. Nous voilà cernés par des lieux d’abandon affable.

Chaque groupe a son bar, QG de prédilection. Les rugbymen quadras/quinquas se retrouvent au siège du club dans le café jaune, chez Jeannot. Les plus âgés se collent au zinc du café du milieu, celui du Vernazobre, du nom du cours d’eau qui jouxte l’établissement. Dans cet endroit, paradoxalement, l’eau n'a peu cours si elle n’est pas agrémentée d’un breuvage de couleur jaunâtre. Le troisième lieu de rencontres est le café d’en haut, le rouge. Il est l’endroit qui accueille en masse la jeunesse bruyante adeptes de flippers, baby-foot, jeux vidéo et concours de belotes à l’ancienne.

C’est donc là, au café du balcon, que je passe le clair de mon temps libre. Depuis quelques années, je squatte le flipper et le jeu du bomber man n’a plus de secret pour moi. Sur le tableau des records est affiché en orange sur noir mon pseudo de trois lettres, « tit » . Je suis Tito pour tout le monde ici. Chaque soir, je passe discrètement voir si le record est tombé et m’enorgueillis d’être toujours le héros du village, chasseur de boules noires. Papa arrive vers 18h, tous les soirs. Il est accueilli comme un Dieu dans ses lieux. Des « Marcellou ! » par-ci, des « Marcellou ! » par-là. L’endroit souffle une humeur bon enfant. Un grand sourire aux lèvres, il me jette un coup d’œil furtif. J’ai même parfois droit à un battement de paupières établissant ainsi la connivence père-fils.

Un, deux ou trois demis de bière plus tard, il décolle du tabouret pour venir me retrouver prés des jeux. Il me donne cinq francs, parfois dix pour jouer encore et encore. Il me commande une grenadine alors que je veux un coca. Peu importe, je suis bien là dans son élément qui devient le mien, le nôtre. Quelques vieux évadés du café orange viennent de commencer une belote. Ça braille, ça s’embrouille, ça triche même. Le tableau de Pagnol se multiplie aux tables voisines. Les plus jeunes prennent part au tournoi. Désormais, le pastis a remplacé la bière. L’odeur d’anis a envahi le bistrot et je ne m’entends plus jouer. Papa fait le tour des tables intimant à l’un ou à l’autre la carte qu’il doit jouer. La partie terminée, il engueule les mauvais joueurs et tape avec allégresse sur l’épaule des gagnants.

Cette atmosphère chaude, vivante, enivrante et enivrée dure parfois jusqu’à 22h. L’heure du retour à la maison est maintes fois repoussée à la faveur de la dernière tournée du patron ou de celle du dernier arrivé. Marcel, tu vas pas t'en aller sur une jambe ! Pourtant, il va bien falloir rentrer. De façon tacite, son regard vitreux se déporte sur moi m'indiquant de partir en éclaireur retrouver maman. Je finis la dernière partie, termine mon coca, que finalement un tonton de bistrot m’aura offert, et je rentre amortir l’arrivée titubante du chef de famille.

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Au boulot !

« Pouah ! » m’écriais-je. De retour au boulot, après quinze petits (trop petits) jours de vacances. Un bilan mitigé. Une semaine hors du monde à me raconter et à écouter, à m’attendrir et à disséquer. De bons moments de sérénité se sont ainsi dévoilés comme un éphémère songe. Une seconde semaine d’inflexion. Heureusement les enfants, toujours là quand Papa plie (ploup !), étaient là pour me bouger sinon je me serais bien coulé dans la monotonie estivale. Une soirée twitter pleine de sympathiques rencontres a clôturé mes congés finalement apaisants.

Ce matin, la routine a repris le dessus. Réveil, clope, voiture et discussion autour de la machine à café. Une journée étrange sans sonnerie de téléphone ou presque. A croire que France Telecom avait débranché un truc dans ses installations. Un calme relatif avant la bourrasque de septembre. J’erre désormais entre attente et actions posées. Le climat n’est pas très favorable mais il paraît que de beaux projets professionnels sont sur le feu. Wait and see.

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Un retour sur la digue

image Comme une muse, une maîtresse à laquelle je fais régulièrement des infidélités, elle revient dans ma vie éclairer la fin de ma vacance. Je suis plus que jamais prés de moi. Je me touche si bien que je me heurte à mes contradictions sociales empiriques.

Ce soir là, sur la digue, tout était propice au romantisme liminaire. La mer, la pleine lune et son reflet sur les eaux, du champagne, un homme, une femme, chabada, bada… Bada… boum !

Assis sur un rocher inconfortable, nous refaisions nos vies comme on égrène un feuilleton sans fin. L’absence cruelle de scénarii ne manquait pas de nous rappeler le revers pathétique de nos frasques émotionnelles. Mais nous étions bien dans cet éphémère espoir de se comprendre, de se communiquer le fil conducteur de nos personnalités.

Le champagne aidant, le rocher était plus seyant. Les paroles s’élevaient, les sourires se dessinaient et la lune perdait de sa rondeur. Le voile sur nos yeux nous emportait vers un corps à corps bienfaiteur. Le mélange exquis de nos stigmates, la douceur particulière de nos contradictions et le silence opportun de la nuit avaient eu raison de nos propos rationnels.

La bouteille vide, les verres manquant se briser, nos ombres dans une étincelle jouissive éclataient alors en feu d’artifice d’une concordance étonnante. Une retombée sur terre, les bouches pâteuses et les visages fatigués, je savais qu’était terminée l’oraison passionnée d’une semaine en été.

Je me retournais vers la digue, celle qui se charge de me souvenir. La lune me faisait de l’œil. La mer m’envoyait ses embruns. Je reconnaissais l’outrageux. « Je lui ai dit », me surprenais-je à murmurer dans le vide.

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Mots de blogs (2)

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Une lettre de rupture toute en finesse ou pas. Une invitation à dépasser nos images. Un malaise d’ici et d’ailleurs. La poésie d’une dériveuse et le sensibilité comme résilience.

Une nouvelle sélection de quelques mots de blogs et exceptionnellement une citation :

Je désire beaucoup, Monsieur, que cette lettre ne vous fasse aucune peine; ou, si elle doit vous en causer, qu'au moins elle puisse être adoucie par celle que j'éprouve en vous l'écrivant. Vous devez me connaître assez, à présent, pour être bien sûr que ma volonté n'est pas de vous affliger; mais vous, sans doute, vous ne voudriez pas non plus me plonger dans un désespoir éternel. Je vous conjure donc, au nom de l'amitié tendre que je vous ai promise, au nom même des sentiments peut-être plus vifs, mais à coup sûr pas plus sincères, que vous avez pour moi, ne nous voyons plus; partez, et jusque-là, fuyons surtout ces entretiens particuliers et trop dangereux où, par une inconcevable puissance, sans jamais parvenir à vous dire ce que je veux, je passe mon temps à écouter ce que je ne devrais pas entendre.
Laclos c’est pas un blogueur hein ? :)

Nos notions sur les problèmes des pays les plus pauvres sont saturées de telles images : pas simplement de nobles rebelles mais d'enfants affamés, de sociétés sans scrupules, de politiciens véreux. Vous êtes prisonnier de ces images. Comme vous êtes prisonnier, nos politiques le sont aussi, parce qu'ils font ce que vous voulez. Je vais vous emmener au-delà de ces images.
Rubin Sfadj Au delà des images

Je suis coupable d’enfance / C’est le malaise d’être ici / Et d’être aussi ailleurs / Enfant, j’ai toujours su / Qu’on me pardonnait tout / Qu’on ne m’excusait rien
L’oeil bandé Enquête

Ils se sont accordés en vibrations duelles / Au bout de leurs errances et des sursauts de l'âme / Entre eurythmies factices et distorsions cruelles / Ils ont gravé sur eux le même monogramme / Dans l'encre des fêlures et le fiel du mensonge / Ils se sont reconnus à la croisée des rêves / Réprimés au fond d'eux pareil à cette éponge / Qui retrouverait forme au baiser de la grève ..
Loba del Sur Vibrations

Guérir ses blessures intérieures, c’est oser dévoiler ses fragilités. C’est en finir avec cette image envoyée aux autres : faire croire que tout va bien dans n’importe quelle situation (Pierre-Yves Brissiaud, La face cachée de la résilience)
Souffedame La sensibilité n’est pas une faiblesse

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Cinq ans déjà

image Il y a un moment que ce n’est plus la dolce vita. Chacun a pris son rythme, s’occupe des enfants à tour de rôle. Nous sommes fatigués de la vie. Pourtant, vu de l’extérieur, elle paraît belle notre vie ! Notre entourage nous l’envie même. Nous avons tout pour être heureux et rien pour vraiment y parvenir.

Alors, nous sommes englués dans une caricature d’existence. Chacun dans son coin vit son histoire, des levers et des couchers parallèles mais jamais ensemble. J’ai alors retrouvé mon côté sauvage, je me suffis de l’amour de mes enfants et vis dans ma bulle, nous oubliant presque. Une situation que je sais inextricable mais que je n’arrive pas à débloquer, par peur du lendemain certainement.

Comme le courage dans de telles circonstances est souvent un apanage féminin, c’est elle qui décide de la séparation. Je ne fais aucun problème et nous divorçons dans le respect de nos individualités et surtout dans le souci de préserver nos trois petits bouts.

Cela fait cinq ans jour pour jour et pour la première fois, la semaine dernière, nous nous sommes disputés concernant la garde des enfants. Enfin, juste une petite altercation sur les rotations de cet été. Pas de quoi repasser devant un juge. Ceci peut paraître anecdotique mais j’ai tellement mis de soins à préserver la mère de mes enfants de toute image négative que ce moment là m’a paru catastrophique, comme une grande désillusion sur nos accords tacites.

J’ai depuis relativisé l’évènement mais je ne supporte pas qu’on se dispute pour les enfants et encore moins en leur présence. J’ai cédé à son bon vouloir pour ne pas envenimer la situation.
Demain, ils seront grands et libres de mouvement. Ils s’affranchiront alors de nos décisions arbitraires. Patience.

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Des vides et des liens

image Il y a des vides et il lia de liens.

De ces vides dans lesquels je fais souvent mon plein, j’exhorte de temps à autre quelques liens puissants. De nos parties d’ombres jusqu’au twitt’jeudi de Nîmes, les échanges sont de plus en plus denses. Bien sur, mon vide existentiel ne se remplira pas d’un seul coup d’un plein normé. Le fossé est profond, la socialisation lointaine, la solitude entière et assumée.

Malgré mes efforts pour me montrer sur mon meilleur jour, ma misanthropie perdure. De volte face en échappatoire violent, je file, fuis, me répand ici et ailleurs en complaintes ou allégresses éphémères. Ma bulle est imperméable, la tempête est ailleurs. J’intériorise ma sensibilité comme j’externalise mon image. L’arf et la manière.

Pourtant, lorsqu’une nouvelle peu empreinte à dispenser mon alacrité de façade s’impose à moi, je suis confronté à la souffrance. Je soutiens par quelques mots, je m’identifie et je renferme. Mes pensées sont toutes acquises et le lien se fait plein permanent.

La dichotomie est délicate. Trop prés et sans problème apparent, j’expulse et évite avec plus ou moins de tact. Trop loin et sujet à tourment, je connecte et piétine dans ma sollicitude.

Illustration : Le buveur de Lune par M.

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La sauce vinaigrée cuit la salade

image Il est 20h30. Le repas est prêt depuis une demi-heure. Maman tourne en rond dans la maison. Elle éteint une à une les lumières et baisse le chauffage. Papa n’aime pas le gaspillage. Nous sommes face à face dans la pénombre. Nous l’attendons. Pas un mot ne vient éclairer la situation. Elle fulmine, je me désole. Elle se relève de sa chaise pour l’énième fois et remue avec rage la salade composée. « Ça va cuire ! » Dit-elle. Je ne comprends pas. J’apprendrai plus tard que laisser une salade dans sa sauce vinaigrée la saisit et finit par la cuire.

Il arrive. Le pas est hésitant. La clé cherche le trou de la serrure en tapotant sur la charnière. La grande porte finit par s’ouvrir et le couinement résonne dans toute la maison. Le parcours du vestibule à la cuisine est difficile. Ses épaules rebondissent sur les murs encadrant l’escalier principal. Il titube, rate une marche ou deux. Pour se donner de la consistance, il tousse plusieurs fois. Un silence. Une pause pour reprendre sa respiration et il continue son périple.

Maman se plante en haut de l’escalier les mains sur les hanches. Visage éteint, je ne bouge plus, le souffle coupé. Il atteint enfin la dernière marche. Le silence se fait éternel et oppressant. Ils se croisent sans un regard. Papa traverse la cuisine semblant ne pas me voir alors que Maman reste figée dans le hall. Je le regarde furtivement puis rebaisse la tête. Ses yeux sont révulsés, ses cernes gonflés. Après quelques tours incongrus sur lui-même, il se pose enfin à sa place. Il déplie sa serviette et tourne péniblement la tête vers moi. Il me marmonne quelques mots impénétrables. Il bafoue et salive âprement. Sa tête semble posée sur un cou trop souple. Ses mains se plaquent sur la table, il tend ses bras afin de relever son buste. La positon ne dure que quelques secondes. Ses coudes retombent pour que ses mains puissent maintenir les mouvements mal maîtrisés de son corps.

Il éructe l’unique phrase de la soirée d’une voix ronflante : « Qu’est ce qu’on mange ? ». Une émanation anisée envahit la cuisine. Maman entre et sert nerveusement le repas.

Papa est encore entré ivre ce soir.

Illustration : le bateau ivre

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Sur les berges du Vidourle



Le tableau de Courbet cité dans les commentaires par JF

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Mots en tweets : tout en ombres (2)

ombreImage by Kumitey via Flickr

Il me plait bien l'idée de télésoupirer dans l'ombre d'un #vasescommuniquant”. Ainsi mathRo7i achevait la semaine twitterienne dédiée au thème des ombres. “Je retourne au dernier restaurant avant la fin du mois et à la poésie des Vogons peuple d’ombres”, vaste programme qu’elle nous annonça avant de s’éclipser.
Auparavant, lambikoalaklemu me tint à peu prés ce langage : “salut _arf_ alors ça en est ou ombres ?” ça roule ma poule, ça roule ! Et je lui indiquai la difficulté dans laquelle je me trouvais pour synthétiser la bonne cinquantaine de tweets ombrageux. Ma foi, “ce travail n’est pesant que si on l’alourdit. Soyons légers, nos ombres suivront la danse”.

Pendant ce temps, je ne me doutais pas que _IButterlin_ grimait “du blush sur les ombres, comme pour donner une couleur artificielle à nos silhouettes opaques”. Une délicate attention de sa part. lambikoalaklemu rappliqua comme un cheveu sur la soupe et déclara “se perdant dans les méandre des ombres” : “à ce sujet je tiens à signaler : cap au pire , samuel beckett , un puits d'ombres”. Bien sur, lambi, bien sur.

Quelques lunes passèrent et ktyZen récemment plongée dans la marmitte twitter s’éveilla à l’aube du sixième jour. Afin de nous clamer sa détresse, elle s’exclama non sans ironie : “Dans la noirceur on perd son ombre, on est vraiment seul. Houououououououououo !
Jamais à cours de référence littéraire, lambikoalaklemu nous indiqua que “ramos rosa écrit : respirer l’ombre vive”. Je vous laisse réfléchir et établir le lien de cause à effets entre l’exclamation ci-dessus et cette citation.

A défaut de rationnaliser Ramos Rosa, mathRo7i revint sur terre pour nous faire part, document à l’appui, d’une “extorsion de fond rester dans l’ombre http://bit.ly/13uahn” Ce fut le moment où j’ai déconnecté à la faveur de la panne twitter. Calé dans mon antre climatisée, je crus bon de crier au Peuple twitterien mon bien être : “Le temps s'allonge, je rentre enfin dans mes vacances. En partance sédentaire vers des ailleurs sans ombre”.
@ktyZen renchérit par un "replie" taquin me laissant un instant dubitatif : “ah c'est donc ça, je tournerai donc autour de mon ombre ou bien est-ce le contraire”. Après un cogitation rapide et quelques échanges soutenus avec @_IButterlin_, je pris congés pour quelques heures non sans laisser une trace derrière mon ombre : “je vais pas tarder non plus, telle une ombre mouvante vous ne verrez bientôt plus que le reflet de mes tweets”.

Le lendemain matin, une question métaphysique me taraudait : “Je ne crée plus d'ombre. Suis je décédé ou me suis je enfin aligner sur le soleil ? verticalité”. Ma question resta sans réponse, je subodore qu’elle ne fut pas fondée. _IButterlin_ interpella alors pierregaudu d’une question plus vivace : “ainsi l'ombre sur le mur évoque-t-elle tout un monde... Plus allusivement, plus légèrement ... ?”. J’ai perdu la trace de la réponse dans les méandres de la machine à rechercher des tweets. Dommage.

De façon plus pragmatique, une autre question fusa sous le clavier de mathRo7i : “baisser l'abat jour est ce un paradoxe ? ombres”. Exact, c’est un paradoxe, l’abat jour créant par définition une ombre en abatant le jour, le baisser n’apporterait que plus d’obscurités. Le jour est mort. Est ce bien nécessaire de s'acharner sur sa dépouille ?

Je trouvais cette journée ombrée emplie de questions et cruellement dépourvue de réponses.

Lusoncle qui devait dormir les jours précédents à l’ombre d’un arbre fruitier, nous gratifia d’une salve de tweets avec pour parallèle à l’ombre, l’empreinte laissée par cette dernière : “Empreinte ?" : A Hiroshima, à 0,5km de l'explosion, l'homme qui attendait l'ouverture de la banque a protégé un instant le mur de l'édifice. l'instant en question suffit pour qu'il y ait une..(???) Sur le mur, cette différence est marquée comme une ombre. Le dernier acte de la vie de ce passant a été de laisser une ombre qui lui a survécu.” Cette tirade comportait 6 tweets (140 car. obligent), vous aurez remarqué (si vous lisez encore) qu’il manque la 4ième partie qui, une fois de plus, doit tourner en orbite dans les creux de twitter.

lambikoalaklemu certainement échaudé par le monologue de Lusoncle tenta “un ricochet sur la matérialité du corps opaque (IB) révélateur d’ombres”. Sans grand succès, il s’accorda une “pause musique”.
mathRo7i de retour avec son désormais pragmatisme légendaire nous questionna à nouveau : “qui brille dans l'ombre de qui en politique ?”. lambday certainement apolitique répondit à côté mais avec auto-philosophie “lambday est fait d'ombres et de #lumière.” dévoilant ainsi un nouveau hashtag #lumière qui je m’empressai de mettre derrière l’oreille.

_IButterlin_ manifestement satisfaite de notre litanie sur l’ombre préféra s’écarter du jeu pour découvrir nos amis les équidés : “Je dois aller manifester mon intérêt pour les poneys On a avancé: suis fascinée par la légèreté des ombres dans ce monde ...”. hmm…

Le lendemain, fortement inspiré par les chevaux nains, elle revint avec l’aide de lambikoalaklemu pour une série d’échanges tweetiques qui, si vous êtes encore dans mes lignes, est certainement la meilleure salve de la semaine. Comme ma prose compilatrice commence à faiblir, je vous livre en l’état une sélection forcément subjective :

_IButterlin_:

  • Textures des ombres comme des étoffes lourdes, ou des froissements de papier japonais, parfois des caresses légères.
  • La rêverie n'est pas possible dans la transparence d'un monde sans ombre. Le rêve a besoin de l'opacité des êtres @lusoncle
  • Il faut l'opacité, la densité des êtres pour que soient possibles leur réduplication dans un monde d' ombres
  • Oui, enfant, j'étais fascinée par la révolte de l'ombre de peter pan. Rêvé souvent de ces ombres capricieuses et indociles.

Pour finir ce long billet que la masse de tweets sur le sujet m’a imposée, voici le meilleur tweet ombragé ou ombrageux de la semaine :

“Les avatars sont-ils nos ombres portées dans le monde virtuel ?”

Fil permanent de nos ombres
Contributeurs


MAUSS ET CHARLIE "je recherche"

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Mes enfants sont formidables

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Le 10 juin.

Hier, c’était schroumpfs day. J’ai retrouvé les trois loupiots devant la grille de l’école. Chaque mardi, il me semble qu’ils ont grandi. Cheveux finement coupés et look de badboy pour l’un, nouvelles boucles d’oreilles roses, petit top encore rose  assortis de petites chaussures ouvertes toujours roses pour l’une et stylie (prononcez staïlie hein!) jeans-converse-jeune-ado-trop-de-la-balle pour la troisième.

Gais comme des pinsons, la semaine va être passée en revue. « Oh Papa, regarde un télé Z ! » me lance Arthur en courant après un basset aux oreilles rampantes. Clara me scrute du regard m’appelant à écouter attentivement une chose de la plus haute importance. J’écoute, suis toute ouïe. « Papa, avec mon amoureux on s’avait divorcé vendredi car on s’était marié mercredi et aujourd’hui on s’aime encore plus que toujours ». Camille éclate de rire. Arthur tire les oreilles à Télé Z et je suis tendrement heureux.

Arrivés à la maison, je connais désormais tous les rebondissements de la semaine ou presque. Ce matin, en les ramenant au centre aéré, un oubli ! Camille n’a pas raconté sa visite du collège. L’année prochaine, c’est la sixième, classe des plus importantes. « C’était calme et un peu froid » me dit-elle inquiète et elle ajoute : « Tu te rends compte, Papa, dans la cour, personne ne court, ni ne joue. On dirait qu’ils sont tous malades » L’ambiance change ma chérie, tu deviens grande et le collège, ce n’est plus pareil. Mais tu verras, tu t’y feras très vite. Voilà les quelques mots basiques que tous les parents doivent dire à leurs enfants en pareilles circonstances. Elle poursuit le récit de sa visite, les grands couloirs, les grandes salles obscures. « Il y en a une qui est numérotée H1 » s’exclame-t-elle. Oui, ça fait un peu grippal comme numéro quand même !

Je dépose mes trois mouflets devant la grille. Désormais, il faut un badge pour pénétrer dans l’enceinte du centre aéré. Badge que je n’ai évidemment pas. Allez !  A la courte échelle pour passer la clôture ! D’abord, la spartiate rose, et hop ! Par-dessus. Ensuite, la converse multicolore peinte au stabilo boss et hop ! Pour finir, les deux pieds en même temps du beau petit gosse à la mèche rebelle. et dernier hop !

Ciao, mes poulets, à vendredi !

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Les fruits de la passion (de @_Jeanne)

« Le propre des hommes passionnés est de ne pas croire un seul mot de ce que l'on écrit sur les passions. » Alain, Extrait des Propos sur le bonheur

Que ce soit passion, obnubilation ou addiction, il y a toujours en raisonnance un emballement nocif, une impatience, et, parfois, une souffrance.
Mais rien ici, dans l'étymologie de chacun de ces mots qui nous évoque ce qui nous anime et nous pousse à cesser toute
procrastination.

Je ne pousserai pas le texte jusqu'à recenser chaque objet de désir voire de caprice. Mais nous pouvons nous arrêter sur ceux qui nous amènent à cliquer.

Au commencement était le verbe..
Ainsi en est-il sur le web comme dans nos vies.
Nous aimons
nos enfants.
Nous aimons dévoiler
nos recettes culinaires.
Nous
présentons nos amis à d'autres amis.
Nous échangeons sur nos
pratiques professionnelles afin d'en améliorer le quotidien puisque notre métier nous tient à coeur.

Nos dadas nous promènent de liens en liens, de rencontres en découvertes.
Il en est ainsi de la
sérendipité ici et là. Celle-là même qui m'a amenée depuis la lecture de Tiers Livre et Liminaire à rejoindre « Les vases communicants » pour vous écrire sur ce blog qui n'est pas le mien.
De ma passion pour les mots à ici, il n'y a eu que des clics de plaisir de lire – aucune souffrance, tout au plus quelques impatiences de toujours plus.
Nos envies parfois nous dévorent, quelquefois nous rongent mais ce qui me rassure quand je le rapporte à ma bibliomanie, c'est qu'il n'existe pas d'
addiction aux jeux vidéos.
Nous pouvons alors sereinement poursuivre nos clics et déclics pour rêver que, un jour, ce qui nous porte devienne
réalité.

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Aujourd'hui, j'accueille avec grand plaisir Jeanne auteure de blog et twitteuse devant l'éternel pour un échange dans le cadre des "vases communicants", une initiative de Scriptopolis et Tiers Livre sur un groupe facebook . Quant à moi, je "procrastine" chez elle mais je ménage ma monture...
Les autres participants de ce premier vendredi du mois d'août :
takuhertz et
Anthony Poiraudeau
Liminaire et Michel Brosseau
Loïs et Frédérique
Arnaud Maisetti et
Mahigan Lepage

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Un temps soit peu


A l’abri des regards, doucement s’en aller vers un ailleurs. Sur le sable humide reposé, les temps d’été s’allongent enfin sur des territoires hier encore désertés. En levée de don, en acceptation de recevoir, je m’éclipse un instant sur un reflet de lune sur l’amer.

Remonté à la surface des maux d’hier et de toujours, en quête d’explication sur l’histoire d’une vie, lentement je recouvre d’un drap léger l’espace qui me sépare du « tant ». Sur une envolée de mots pour détresser l’angoisse, quelques instants de légèreté et rêverie dispersées peuvent enfin s'alanguir.

Un temps soit peu.

(image)


Sylvie ... a dit- 6 août 2009 15:55
j'avais lu... un temps soit bleu...
bon... chuuuut... je t'accompagne doucement dans ta quiétude...

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A la croisée des univers

Une des particularités remarquables des blogs reste la croisée des univers.
Qui publie ses frasques affectives, qui chronique la vie politique, sociale, économique, qui raconte la vie de chien de son chat, qui ironise et met en scène avec brio et humour nos travers contemporains. Bref, une multitude illimitée de blogueurs pour une représentation non exhaustive de nos jardins personnels.

Tout le monde est unique, chacun est multiple.
De l’exaltation à l’empathie jusqu’à la sympathie voire l’amitié, la passion m’emporte. Parfois même au détour de rencontres « in real life », la croisée ravive d’autres sens, le toucher, l’odorat et autres phéromones imperceptibles dans mon monde parallèle. C’est bien. Ceci me rappelle que j’existe, que je suis aussi doté d’autres sensations que la vue et l’ouïe. En revanche, l’approche se fait plus délicate et moins expressive. Elle demeure dans le non-dit, le sous-entendu. Il me manque le maillon lexical de l’écriture (et donc de la lecture).

J’ai croisé hier soir une nouvelle histoire dure et douce à la fois, fragile et romanesque. Une chronique de plus dans mon univers friand d’authenticité, avide de sensibilités et d’intelligence de vie. Je n’ai pu m’empêcher de préconiser l’écriture comme exécutoire au traumatisme flou que ce scénario me prescrivait.

Ecrire et publier dans un blog, un journal à l’extime de soi.
Plusieurs objections m’ont été renvoyées. De la pudeur à se dévoiler au manque de confiance en soi en passant par le besoin de rester cacher, les raisons de ne pas faire sont nombreuses. Elles restent légitimes mais lorsqu’une vie aussi dramatique soit-elle contient autant de stigmates universels, l’histoire même fragmentée, même édulcorée mérite d’être partagée. Il ne s’agit pas de faire des publications malsaines mais juste faire part aux autres et à soi d’une envie de reconnaissance et d’échanges avec les lecteurs sur des destins définitivement globaux.

J’en suis d’autant plus convaincu que ce média m’apporte tous les jours un des ingrédients qui donne plus de sens à ma vie.

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Ma rengaine

road Et s’étirent les jours sur cet été en demi-teinte. Je voyage dans ma tête à défaut de pouvoir m’exiler vers des destinations de villégiature. La vie est mégère, elle me pousse à me plaindre sur mes vacances statiques. Que nenni, puis-je lui répondre. J’ai à portée de mains tout plaisir du bon estivant aoûtien. Mer, plage, sable fin (ou presque), divine rareté pour ceux qui, le reste de l’année est fait de bétons et de grisailles. Pourtant je ne peux me résoudre à apprécier cette période qui toujours m’impose ses choix, et en particulier, celui d’être détaché et léger.

En définitive, je crois que je n’aime pas les périodes convenues où tout le monde doit se rattacher à la même humeur. Celle que l’instant préconise. Etre jovial et familial à Noël. Se réjouir du lendemain quand vient la St Sylvestre. S’émerveiller du premier bourgeon au printemps. Se contraindre au souvenir quand Toussaint survient etc. Certains diront que je râle trop, que j’exacerbe, que je jure comme un putois usant de tous les noms d’oiseaux. C’est ma façon d’exister, mon besoin d’identification. Inévitablement, je me rebelle. C’est là, ma rengaine de vie : prendre le contre-pied des tendances de saison. C’est agaçant.

Souvent après ces réprobations internes insignifiantes, je me range, bien sagement, reformaté dans les cases, comme les fameux ovidés immortalisés par Panurge. Par cet instinct grégaire, les jours finissent par ne plus s’étirer et les heures se meuvent dans une large et longue platitude.

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Mots en tweets : tout en ombres

enfants on 030 Il y a des jours comme ça où twitter s’emballe à l’initiative de rêveurs, penseurs, et autres philosophes adeptes de la centrifugeuse à 140 caractères. Ci-dessous, un extrait d’un jet de tweets tout en ombres. La discussion continue certainement quelque part entre deux ombres.


_IButterlin_ à @lusoncle @lambikoalaklemu > douceur des ombres qui s'étirent le soir..
_arf_ RT: @_IButterlin_ > et les gestes que répètent nos ombres, leur glissement sur les surfaces bosselées qui les rend vagues..
lusoncle à @_arf_ @_IButterlin_ >"Toutes les ombres parlent du Soleil, à voix basse" Emanuel Carnevali (poète maudit) 1919
lusoncle à @_IButterlin_ > ...les ombres dont les songes constituent le monde matériel et les humains... ( Creatures of Light and Darkness, 1969)
_IButterlin_ à @lambikoalaklemu > peindre l'ombre, sa fraîcheur... Ça fait rêver!
lambikoalaklemu > un repas à l'ombre oui ! parce que tu mange les ombres aussi ! ça commence à m'intéresser !
_IButterlin_ à @lambikoalaklemu > je pensais à la série des traces et pensais trace-empreinte-ombre
_IButterlin_ > Aimerait bien mettre en commun nos rêveries sur l'ombre. Qu'en pensez-vous?
_arf_ à @_IButterlin_ > rêver de l'ombre de l'autre comme une similitude à la nôtre. Un mélange d'ombres éclairant en somme. J'en suis... :)
_IButterlin_ à @_arf > j'en suis ravie! J'aime, tu sais, les ombres qui s'allongent au retour des ballades et qui se serrent dans la lumière rasante.
_arf_ à @lambikoalaklemu > veux-tu satané ombre qui me poursuit me lâcher les basques ou je me taille en corse au pays des ombres masquées. :)
_IButterlin_ à @claudine_sales > notre bavardage sur l'ombre donnera j'espère une concrétion de rêveries : joignez-vous @lusoncle @lambikoalaklemu @_arf_

A suivre #ombres .

Qui a dit que twitter n’était qu’un joujou pour geeks décérébrés ? …


- M - Le roi des Ombres


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Tweetie traque la souris

Remarque, normal pour un chat… :)

Tweetie n’a pas encore, comme Mimo le chat, de blog perso. Mais, ça ne devrait pas tarder.

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