Trois semaines en glossolalie

convoi des glossolales

Jeudi 15 avril 2010
Et le temps se suspend, s’étire et se recompose. Les nuits s'étendent et les matins se rognent. C’est le temps des vacances, des brises d’avril qui dévoilent leur fil. Lever tard, coucher tard. Du cordeau tendu, les viscères trop sollicités se détendent, respirent à la faveur d’un filet de lumière nouvelle. Au creux du ventre, les liquides circulent, permettent aux idées enfouies dans leur creux d’éclore enfin sans parasite. Au fil des heures, l’oppression expire et l’énergie vitale reprend son souffle au milieu d’un grand tout.  Se réaligner depuis son centre, disent certains. Terre, ciel, droit dans ses boots, par une parabole cosmique une réconciliation avec les éléments conjure le sort de l’anxiété moderne. Légers spasmes. Deux jours à peine mais déjà le corps reprend le contrôle sur la tête dans une évacuation inopinée de maux récurrents. Distance bienfaitrice ou ajournement malin ? Peu importe, au repos, des images nonchalantes baignent allégrement dans un apaisement nécessaire.

Jeudi 22 avril 2010
Sans savoir pourquoi ni comment, elle s’immisce en toi. Parasite virulent, elle dissimule ton vrai visage et le laisse figer dans un reflet grisâtre. L’ensemble de ton corps tente bien de décoincer quelques zygomatiques paresseux. Mais c'est peine perdue, ton nœud central ne dévoile aucun rictus salvateur. Tenaillant ton ventre, elle tourne autour de toi et t'assène pléthore de fausses vérités sur l’avenir.  Heureusement, parfois, son pendant inverse exerce sur toi une telle pression euphorique que ton corps soudain se relâche. Dans ces moments là, tu la crois disparue à jamais. C’est mal connaître son pouvoir de résistance. Elle est là, présente, ubiquiste, prête à lâcher à tout moment ses toxines et lorsque tes défenses sont affaiblies, elle accomplit à nouveau son travail, tel un démon à l’affût de la possession de ton âme.

Jeudi 29 avril 2010
Suis las mais plus là. Étrange sensation d'être à l'extérieur de moi, juste au-dessus. Me lorgne, me file, me trouve excentré, hors du jeu, en réparation, juste dans la surface. Fermeture des pores, expulsion, répulsion, harmonisation, voilà que les mots se bousculent, c'est le foutoir. Et ne suis toujours pas là. Inspirer, expirer, respirer, voilà l'ordre de verbalisation. Pas de procès, juste prononcer, évoquer, dire, être au plus prés de. Et me regarde de mon haut. Ah ! Suis là ou presque ! C’est confus. Perception approximative d'un état, déni, rationalisation, bulle et re-bulle. Mon moi sans émoi se sent sans moi. Zoom arrière, gravitent quelques particules d'envie, les vois mais pas encore moi. Division de moi, schizoïde déstructuré, me sens éparpillé façon puzzle. Reste à rassembler, compter les pièces et retrouver mon Je.

Les derniers paragraphes publiés tous les jeudis sur le blog collectif, le convoi des glossolales.

8 commentaires:

  1. Le jour où j'ai une élève qui s'appelle "Glossolalie", promis, juré, je le le dis!

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  2. mais t'écris plein partout, toi -O)



    wé, j'étais invité
    à la séance photos pour la pochette
    du cd ...
    même que je devais ( c'était fun )
    faire le making of ...
    eh hop, 500 photos en deux heures

    -O)))


    je montrerai quand
    je pourrai ...

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  3. Virtuose, bien que ça donne un peu le tournis!

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  4. Epamin' > Et tu peux faire aussi un procès à ses parents dans la foulée ! :)

    Mr M > oui, plein partout je m'éparpille. Va falloir que je me recentre un jour ! Cool, hâte de voir le résultat ! :)

    Le coucou > Oui, faut lire ça assis ! :) Merci.

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  5. Glosso-modo, c'est celui qui lalie qui y est !
    Franchement je ne vois pas où est le problème, tout est clair.
    Bon, je retourne dans mon corps...

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  6. Encre noire > oh joli ! Glosso boit ce calice jusqu'à la lie :)

    Cortisone > oui, au jeu du je, on se tu parfois ! :)

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  7. Je vais relire les livres de Deleuze et Guattari. C'est plein de considérations shizoïdes.

    Snake

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