#LesGens - Semaine 33 -

Reprise ici, le lundi, des posts Facebook #LesGens de la semaine écoulée : traversée entre les gens, leur lieu, leur instant. Un regard forcément biaisé sur eux et ce qu'ils dégagent parce que c'est écrit et que ça passe par la tête avant d'arriver aux doigts. Ce n'est pas la réalité mais ça pourrait lui ressembler.
Semaine 33 : Une famille passe au temple, un femme court après ses mots, un homme fait sa ronde quotidienne, un autre est pris dans la torpeur du matin et le patron a arrêté de fumer.













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Pantone

A se tirer les vers du nez
Il ne sort que des plaintes
A plonger dans un déni expiré
Que des feuilles crayeuses
A vendre à la belle

Des oublis à cloisons
Des oublis à foisons

Le passé est une ordure
Où gisent des monstres
Planqués aux encoignures
Au corps des raclures
A la clameur des écumes

Un corps de mensonges
Un renâcle à tout songe

Au contour de mots gourds
S’allongent des fantômes
Aussi absents du monde  
Que souillant le Pantone
D’une vie décolorée

Au souvenir joufflu
Au souvenir têtu



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#LesGens - Semaine 32 -

Reprise ici, le lundi, des posts Facebook #LesGens de la semaine écoulée : traversée entre les gens, leur lieu, leur instant. Un regard forcément biaisé sur eux et ce qu'ils dégagent parce que c'est écrit et que ça passe par la tête avant d'arriver aux doigts. Ce n'est pas la réalité mais ça pourrait lui ressembler.
Semaine 32 : Un bébé emmailloté pour la nuit, un frisson à la station Comédie, une conversation entre amis et un couple au petit soir.









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Infini blanc

Un matelas de neige et le bruit friable de ses pas comme des cassures de polystyrène, il avance, en estimant prudemment chaque pesée de son corps, chaque preuve de son existence sur la matière molle et fragile. Il cherche les mots, de lointains mots qu’il invoquait jadis pour se sentir au monde, pour éprouver ses sens aussi bien que sa chair ; il cherche comment dire ce blanc qui l’entoure, comment rendre compte du vide que c’est l’infini blanc, à dégager l’impression de vacuité, le vertige de la disparition, mais aussi la perte de tout repère et la solitude qui en déraisonne. Par trop de blanc qui rend aveugle, qui masque son esprit d’une bâche définitive, il renonce à dire et s’abandonne à respirer la vaste étendue, les pieds automates et la tête piquée au ciel.

La neige et à défaut d’horizon, il chemine sans but. Quelques arbres peignés du même blanc tentent de l’arrêter mais s’enfoncent eux aussi – ils ne découpent plus aucune perspective. Ils sont dorénavant des impostures, plantés là pour tenter de borner ce qui n’est plus, ce qui n’a jamais été, probablement. Ses pas mécaniques sont ses seuls guides, au-delà les sensations hibernent : la vue devient trouble et oublieuse des dimensions, l’odorat est piégé sous les clous du froid, le goût du sang affleure à ses lèvres fendues et ses doigts s’engourdissent dans des gants garde-fous. Avec plus rien que le silence sur les épaules, il avance sans réfléchir. Désormais, même son ombre lui tourne le dos.


 © Craig Persel
http://www.craigpersel.com/



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On cause de Morning à la fenêtre #Morning

Ci-dessous des extraits de trois articles, notes de lecture, qui causent de « Morning à la fenêtre » paru en septembre dernier chez la toute jeune maison d'édition Tarmac, dirigée par Jean-Claude Goiri. Que les trois auteurs en soient ici une nouvelle fois remerciés.

(à noter la sortie en décembre du prochain ouvrage chez le même éditeur, un recueil de nouvelles de Thierry Radière, A un moment donné http://www.tarmaceditions.com/thierry-radiere-a-un-moment-donne)

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Dominique Boudou, sur son blog Jacques Louvain
« .../... Dans Morning à la fenêtre, Christophe Sanchez est l'un de ces aventuriers du regard. Un réverbère, un goéland, une brassée de toits et la mer juste après. Autant d'éléments fragiles, il n'est pas sept heures, pour saisir les lignes de fuite dans le paysage.
Du jeudi cinq novembre deux mille quinze au mercredi treize janvier deux mille seize, le poème dresse au jour le jour l'état des lieux depuis l'observatoire promontoire de la fenêtre. En couples de quatrains proches parfois d'un chant aux accents de nuit blanche nougaresque et que le rejet d'un mot voire deux fait rebondir comme des galets. Lesquels composeraient pourquoi pas un nouveau poème modulable selon l'humeur du vagabondage immobile. .../... »
Lire l'article complet : http://dominique-boudou.blogspot.fr/2016/09/christophe-sanchez-morning-la-fenetre.html





Patrice Maltaverne, sur son blog de chroniques de poésie
« .../... Voilà donc un ensemble de poèmes-météo, à prendre au sens strict du terme, mais aussi au sens plus large de celui-ci. Car la météo est intérieure avant tout : on le voit bien, car, par exemple, lorsque les attentats du 13 novembre 2015 à Paris déteignent sur ces considérations d'extérieur, de leur sang versé.
Et l'imagination, donc la poésie, prennent le pas sur la description. Tant mieux, car je n'aurais pas aimé avoir affaire à un énième recueil de haïkus ! .../... »
Lire l'article complet : http://poesiechroniquetamalle.blogspot.fr/2016/10/morning-la-fenetre-de-christophe-sanchez.html




Jacques Ibanès, dans la revue Texture
« .../...saisir le temps dans sa spontanéité. Un temps dont le décompte est rappelé sans cesse : « La pendule balaie des miettes / D’heures tombées sur la table / A petits coups de tic et de tac / Qui rejoignent la rue à son / Silence perlé ».
Être ainsi dans l’attention au monde est une des meilleures façons de se rendre compte de son prodigieux foisonnement. À condition d’avoir les sens en éveil et sans trop mobiliser l’intellect, afin de mieux se laisser emplir par l’instant. Et il s’en passe, des choses, vues « Morning à la fenêtre » de Christophe Sanchez ! .../...  »
Lire l'article complet : http://revue-texture.fr/les-coups-de-coeur-de-jacques-785.html#sanchez

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#LesGens - Semaine 31 -

Reprise ici, le lundi, des posts Facebook #LesGens de la semaine écoulée : traversée entre les gens, leur lieu, leur instant. Un regard forcément biaisé sur eux et ce qu'ils dégagent parce que c'est écrit et que ça passe par la tête avant d'arriver aux doigts. Ce n'est pas la réalité mais ça pourrait lui ressembler.
Semaine 31 : Une fille entre dans mon rêve aussitôt sortie du rêve d'un autre, des bonbons et la vie, un regard du coin de l'oeil tourne court, des retrouvailles capillaires avec un vieil ami, des salopiauds sortent de la brume et un chant pour faire diversion.












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A la crête

Sur la table de la salle à manger
Gît un poulet à la peau fraîche
Sa crête collée à la toile cirée
Luit dans la ligne d’une lampe nue
Qui plombe l’air

En haut dans la chambre rouge
Maman est allongée sur le flanc
Comme un vieille truie malade
Elle ronfle dans l’oreiller
Qui boit sa bave

Par la fenêtre de la cuisine
Un rayon de lune séduit
Une mouche aux ailes grasses
Elle se pose sur le poulet
Et suce sa chair rose

Maman tourne change de flanc
Et découvre son corps nu
Biffé comme une peau de poulet
La lampe grésille sous le halètement
De la mouche et de maman

Le dernier filament cède à la nuit
Une pointe de lumière absorbe
Les peaux et le temps devenus rouge
Sur les carcasses la mouche tourne
Maman est morte

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Lectures d'octobre 2016 #SlowReading

Lectures d'octobre : 2 romans, 7 recueils de poésie, 3 récits dont 1 dans des maisons inconnues.

romans


"Les fleurs bleues" de Queneau. Loufoques, voire complètement barrés, le Duc d'Auge et Cidrolin dorment et rêvent de leurs vies respectives, au Moyen-Age pour l'un, dans les années soixante pour l'autre et se confondent peu à peu au cours du livre jusqu'à se rejoindre. Attachant et réjouissant, attention, ce livre est addictif. On ne veut plus les quitter. A moins que ce ne soit eux qui ne nous lâchent plus.
Premier roman d'Edith Masson, "Des carpes et des muets" nous laissent aux prises avec les silences et les non-dits d'un petit village où le ventre de sa rivière révèle bien des mystères. Des ossements dans un sac plastique mais aussi tout se que drainent de tromperies, de mensonges et de veuleries les habitants de ce bourg.

 Poésies


Benoit Jeantet et ses "rêves sont priés de prendre une douche froide". Aphorismes, tranches de poésie, le tout décalé, où les objets, le ciel, la terre, les jours parlent et éprouvent toutes sortes de sentiments les plus humains. Marques de fabrique de l'écriture de Jeantet, on retrouve son humour et sa poésie du quotidien.
Brautigan "pleut en amour". Et c'est une bourrasque que de lire Richard Brautigan. Sous forme de journal, on l'accompagne dans ses pérégrinations et le danger serait de rentrer dans sa tête, on y serait bien à l'aise mais un peu abruti. Ecriture unique avec le sens aiguë de transformer la moindre phrase anodine en poème ; sa simplicité et sa pertinence font mouche.
Georges L. Godeau, ami et admirateur de Char et Autin-Grenier, déroule en petite prose, la vie des "petits", avec une acuité sensible sur leurs conditions mais aussi, croque les plus grands dans leur vacuité. La vie qui passe, la vie des gens, quoi.
"Les ombres nomades" d'Astrid Waliszek où l'auteur est aussi photographe. Une photo en noir et blanc accompagne un court texte en prose poétique et c'est tout un univers vu de l'intérieur des ombres qui se déroule. Ce que dit la photo et qui ne peut s'écrire mais aussi tout ce qui s'écrit quand la photo emporte un peu plus loin que le moment. On retrouve la sensibilité et la sensualité d'Astrid dans ces instantanés volés à la course du temps.

Récits


"Ma mère et moi" de Brahim Metiba. Décalage générationnel entre une mère et son fils. Entre un intellectuel qui vit en France et sa mère restée en Algérie. Entre un homosexuel et elle, qui voudrait qu'il épouse une musulmane. Albert Cohen et "le livre de sa mère" les accompagnent comme une tentative de réconciliation, de créer un échange. Texte court qui dit l'essentiel. J'aurais aimé néanmoins que l'auteur pousse un peu plus loin, au-delà de ces vingt-trois jours que retrace ce livre.
"Entrer dans des maisons inconnues" de Christian Garcin est un petit bijou de mise en situation avec de grands auteurs. Garcin les a tous fictionnellement rencontrés, les plus grands comme les moins connus. Et même si on ne les connait pas, on s'en fiche. Cette "intimité" que crée Christian Garcin avec ces écrivains nous incite à les découvrir. Même effet qu'avec les Clochards céleste de Thomas Vinau, lu il y a quelques semaines, dans lequel les portraits des écrivains aimés par l'auteur cueillent notre curiosité de les lire.


DateTitreAuteurGenreEditeurVidéo
04/10/2016Les fleurs bleuesRaymond QueneauRomanFolio / Gallimardhttps://youtu.be/veY7PU8IQvI
06/10/2016Extatis de "Entretiens imaginaires"Thierry RadièreBilletRevue FPM
08/10/2016Ma mére et moiBrahim MetibaRécitEditions du Mauconduit
10/10/2016nos rêves sont priés de prendre une douche froidBenoit JeantetPoésieJacques Flament Editions
11/10/2016De ciel et d'ombreLionel RayPoésieAl Manar
11/10/2016Entrer dans des maisons inconnues Christian GarcinFictionsFinitudehttps://youtu.be/59dcOvIU0GE
12/10/2016Il pleut en amourRichard BrautiganPoésieEd. L'incertainhttps://youtu.be/4JPmeNQUKPY
15/10/2016La vie est passéeGeorges L. GodeauPoésieLe dé bleu
17/10/2016MarsFritz ZornRécitFolio / Gallimard
19/10/2016Des carpes et des muetsEdith MassonRomanÉditions du Sonneurhttps://youtu.be/Us-tPFcEzyQ
21/10/2016Ouvrir l'éclairLouise WarrenPoésiePré # Carré
25/10/2016TrouéesEugène GuillevicPoésienrf / Gallimard
28/10/2016Ombres nomadesAstrid WaliszekPoésieJacques Flament Editions

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