Fête des mamans

4.6.23

J’aurai dû préparer une poésie pour maman, cette semaine. Sur du papier Clairefontaine, au stylo à plumes, près de moi un buvard pour boire les taches du temps. Compter les pieds la langue tirée, manger les vers, les recracher, chercher les sentiments dans les sonorités du printemps.
Ou bien lui faire un collier de pâtes, oublier les nouilles, préférer les penne, nouer chaque pensée comme un joli noeud. 
Ou encore un herbier dans un vieux livre aux pages couleur de rouille, des feuilles des fleurs de toutes les teintes, des herbes arrachées, bonnes ou mauvaises, du coquelicot au chiendent, peu importe. 
J’aurai dû préparer une poésie avec tout ça, en remuant longtemps les années, à feu doux. J’aurai dû, parce qu’à quatre-vingt-dix ans, il ne va pas s’en présenter beaucoup d’autres, des fêtes à maman.
Mais voilà, je ne sais pas écrire des poésies d’amour.

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