Bout d’an

C’est un bout d’an, pas plus long qu’un soupir. On se le souhaite bon, entouré d’un ciel clément, d’une lune rieuse et de quelques feux de lumière. S’il le faut, on creusera nos joues pour accueillir le jour nouveau. On fera des cercles autour de l’attente. Incantation pour mieux vivre, on lèvera nos coudes pour trouver l’or dans un sourire.
  • 31.12.19

Il fait un jour à renouer avec le ressac

Il fait un jour à renouer avec le ressac.
Ce paquet lourd jeté à la mer qu’est le corps parfois. Malmené par la tête qui dodeline au vent, part et redresse sans cesse. Jour de tempête entre les oreilles où rien ne s’efface mais où tout bouscule. Des douleurs d’enfant cognent à la porte avec leur masque en forme de sourire. Ça va, ça vient et quand ça vient, ça va. On se dit ça quand la vague passe, la langue pleine de sel.
Il fait un jour à renouer avec le ressac.
  • 28.12.19

Pic de douceur

Il fait doux aujourd’hui. Le journal a même titré « Pic de douceur dans la région ».
Les gens n’ont pas conscience de traverser ce pic — certains continuent d’avoir froid.
Un chat longiligne traverse la rue si vite qu’il forme un long trait noir (un pic ?) dans la douceur du jour.
Plus loin, des enfants s’ennuient. Il doit faire trop doux pour jouer.
Un pic de manque, à chercher l’épaisseur pour exister que seuls le froid et la neige enchantent.
Nous en sommes là.
  • 18.12.19

Il fait un jour à renverser le ciel

Il fait un jour à renverser le ciel.
Un silence inhabituel habite nos pas comme si l’on marchait sur une vieille neige. Rien ne nous affole. Pourtant nos pieds foulent les nuages. Oubliés horizon et lignes de fuite. Nos mémoires suivent les bottes. Un soupçon d’ivresse dans le vide de nos regards.
Il fait un jour à renverser le ciel.
  • 12.12.19

La nuit revient encore top tôt

On a laissé pousser des ailes au jour qui dégorge. Le voilà qui plane sur nos têtes comme une nuée de corbeaux.

L’hiver a les jambes engourdies. Je vois son corps sombre accoudé au zinc du ciel, fatigué de voir l’automne parader.

Les gens relèvent leur col et leur tête. Il disent : il va pleuvoir, la bouche ouverte comme s’ils avaient soif. L’air se rafraîchit sous les soupirs du soir.

La nuit revient encore trop tôt avec ses gros souliers crottés d’angoisse.
  • 7.12.19

Dans le pli de l'oubli

On retient dans nos corps
de sales soupirs de fatigue.

Il faudrait nous secouer
pour exploser nos angoisses.

Quelqu’un frappe à la porte
et le sursaut nous réveille.

Un sourire entre, se faufile
jusqu’à nous dans le pli de l’oubli.
  • 2.12.19

Parution de « Les heures creusent » aux @EditionsDuCygne

Heureux de vous annoncer la parution de mon nouveau recueil aux éditions du Cygne : Les heures creusent . Si on le retourne, on peut lire :...