Il fait un jour à s’assoir sur un banc

Il fait un jour à s’assoir sur un banc. 
Un banc au milieu d’un parc avec ses pigeons qui se disputent quelques quignons de pain. Un banc à lire. Un banc à regarder l’ordinaire se dérouler, nous rouler dessus. Ignorer pour un temps les batailles et ne pas penser à la métaphore qu’affichent les pigeons affairés à se prendre le bec, comme nous le faisons trop souvent. Un banc à chercher des éclaircies à qui parler. 
Il fait un jour à s’assoir sur un banc.
  • 19.7.19

On n'a pas tout compris #3

Ces phrases dont le sens échappe au commun des mortels mais qui parfois ne manquent pas de poésie :
- Faut-il s’inquiéter quand il y a inscrit « néant » sur la feuille ?
- Il refuse l’EAS. Fais-le partir en W.
- On va compter les points à l’arrivée.
- C’est pas moi ! C’est un préop !
- Fais-moi un RHR fictif.
- Il n’y a pas d’incident d’origine.
- On en parle parce que sinon on va se retrouver avec des oignons à Narbonne.
- Toulouse me demande si tu as des chambres ?
- Ce serait bien que les GOF se parlent entre eux.
- Ce n’est pas ma faute si j’ai une marche mal montée.
- On devait pourtant rentrer une patte sur deux.
- Zut ! J’ai du hors-quai en queue !
- J’entame ma treizième FÉM de la journée.
- Et 18 personnes en rupture pour Marseille !
- On va reconstituer les JS.

14h07 #AuBureau
  • 18.7.19

On a rouvert les fenêtres

On a rouvert les fenêtres
pour que l’air balaie nos visages.

De la rue on entend des voix
sous le murmure du tramway.

Une mouette égarée s’offre
une pause sur le toit d’en face.

Un enfant éclate de rire
et un ballon de baudruche.

Il ferait presque doux.

15h58 #AuBureau
  • 17.7.19

Il fait un jour à soutenir les ombres

Il fait un jour à soutenir les ombres. 
Nous devrions courir après les arbres. Les sauver des cueilleurs et des bûcherons. Préserver les longues branches que le vent balance. Nous devrions nous liguer contre les climatiseurs. Courir nus dans les prés jusqu’à ce que la soif nous étreigne. S’allonger et dans l’ombre d’un saule pleureur attraper ton sourire. 
Il fait un jour à soutenir les ombres.
  • 16.7.19

Le parasol

Le vent secoue le parasol.
De la cour remontent des odeurs
de viande et de poisson grillés,
de crème solaire au lait épais.
Le vent retourne le parasol.
Baleines à l’air, son squelette s’ébroue.
De la mer remontent le rire des enfants,
le claquement des bouées sur l’eau,
le rebond des ballons,
le bruit des raquettes
et la chaleur qui crie sous les casquettes.
Tout un lot de souvenirs de tous les étés
comme un parasol tombé dans ma tête.
  • 14.7.19

On n'a pas tout compris #2

Ces phrases dont le sens échappe au commun des mortels mais qui parfois ne manquent pas de poésie :
- Je monte le sillon et je te rappelle.
- On le fait W dans la marche.
- Ah ça y est ! Ils donnent les dépêches.
- Est-ce que vous connaissez la longueur d’un 3 caisses - 4 caisses ?
- Toulouse ne peut pas couvrir de Narbonne à Carca.
- Il y a un trou dans la raquette.
- Tu le commandes en rade à Nîmes.
- On va produire des difficultés de production.
- Cet accélérateur digital permettra de gagner du temps.
- Attention, les évolutions ne sont pas couvertes.
- Pour le 712, tu fais toujours ta coupe ?
- Non, j’ai pas de réserve.
- C’est du BGC, chérie !
- On va transborder au 506.
- Tu fais la rotation ou tu restes sur place ?

15h29 #AuBureau
  • 12.7.19

Repriser

Malgré la fatigue des gestes,
les renoncements mal assumés,
le désarroi qui parfois affleure,
ne pas toucher le bleu du fond.

Faire avec les fissures de l’âme
comme si on reprisait nos frusques,
chercher l’aiguille dans la botte,
ne pas avoir peur d’espérer.

14h27 #AuBureau
  • 11.7.19

La rue se gondole

On dirait bien que le rue se gondole au soleil. On voit au loin son chemin se vriller sur lui-même comme une vis sans fin. C’est l’effet du soleil, un mirage dans nos yeux. Sûrement mais pourtant, la rue souffre aussi bien, aussi mal que nous. De la chaleur et de bien autres affections.
La terre qui la porte garde la mémoire des températures, du temps qu’il fait comme du temps qui va. Sous ses pierres, une immensité de pensées fiévreuses accumulées en autant de strates qu’elle a de douleurs. On dirait bien que la rue se gondole sous l’effet de la somme de tout ce qu’elle a perdu – du très chaud jusqu’au très froid, du très dur jusqu’au très doux – et qui restera irremplaçable.
  • 10.7.19

Personne ne voit

Personne ne voit
ces légers tremblements
sous nos paupières
entre deux francs cillements,
entre deux respirations.

Personne ne voit
ce fourmillement du rêve
quand le cœur ne suit plus
son mouvement quotidien,
quand il sort de nos corps.

14h22 #AuBureau
  • 9.7.19

Il fait un jour à s’énerver comme un chat maigre

Il fait un jour à s’énerver comme un chat maigre.
Tout est à ras de peau. La fleur, longtemps qu’elle est fanée. Les nerfs se pelotent entre les oreilles à chaque mot qui y entre. Il suffit de dire Bonjour pour que la paranoïa s’installe : pourquoi Bonjour ? Et pourquoi il serait pas bon mon jour ? Tu crois peut-être que le tien sera meilleur que le mien ! Tu veux m’encourager ou juste me signifier que ton jour est le plus beau ?
D’accord, calme-toi et embrasse un arbre.
Il fait un jour à s’énerver comme un chat maigre.
  • 8.7.19

Avant le sommeil

L’été bâille sous un ciel de lait.
J’entends râler les caravanes
et à l’intérieur des voitures,
la fatigue trimballe des corps
aussi blancs que le ciel.
Au fond du bruit, des remuements
que la saison affectionne :
quelques insectes sans eau,
des brindilles crissent,
un chien hirsute jappe mollement
et cette vague plus véloce
que les autres
les observe chuchoter.
Il n’en faut pas plus
pour que le sommeil m’écrase.
  • 7.7.19

On n'a pas tout compris #1

Ces phrases dont le sens échappe au commun des mortels mais qui parfois ne manquent pas de poésie :
- J’attends que la journée remonte et te rappelle.
- Je fais La roue tourne et je m’en vais.
- À la voie 4, tu ne peux ranger que deux fois deux engins ?
- Je te fais le Must mais tu me le devras.
- Il faut vigiler l’Aubrac.
- On va attendre la PS comme l’espoir.
- Attention, ça génère de la PHQ !
- On coupe à Narbonne.
- On force à Nîmes.
- Tu penses pas qu’il vaut mieux le laisser ouvert le 250 demain ?
- Vérifie tous les A4 pour les Grau-du-Roi.
- Première porte de queue, côté mer.
- À partir de Béziers, ils sont deux dessus.
- La patte cassée : on fait le 206 dessus.
- On fait Avignon en US.
- On fait des intermédiaires ou pas ?
- En opérationnel, on renforce pas ça.

16h03 #AuBureau
  • 5.7.19

Histoire de bureau

On raconte des histoires de bureau,
quelques blagues dont on prend
plaisir à resucer le souvenir,
juste des sourires pour s’offrir
une pause dans la journée.

Tout le monde connaît la chute,
certains même la révèle avant la fin.
Ça rajoute un sourire aux sourires.
Il nous plaît de rire de nous-mêmes,
d’oublier pourquoi on est encore là.

16h38 #AuBureau
  • 4.7.19

Il fait un jour à faire sauter les frontières

Il fait un jour à faire sauter les frontières. 
On pose des barrières sans s’en rendre compte. Même si elle ne sont que voiles, elles n’en sont pas moins frontières. Frontières que sont nos manières de se vêtir ou se dévêtir, de parler, de rire, de pleurer, de s’aimer, de voir et d’entrevoir. Barrière que c’est d’être. Le monde et nous à distance. Heureusement, il y a toujours ton regard qui m’approche. 
Il fait un jour à faire sauter les frontières.
  • 3.7.19

Prendre le temps

Prendre le temps
(comme si on pouvait le saisir)
revient à s’acharner
à vivre aussi follement
qu’un poème prétentieux,
à vider sa tête des parasites,
en somme à rester sourd
à tout ce qui est trop pour l’homme
en cherchant ailleurs
ou dans une autre réalité
ce qui pourrait le sauver.
  • 2.7.19

On pourrait

On pourrait ignorer
au moins quelques secondes
ce désespoir qui file
entre les tables.

Rentrer nos têtes,
attendre que ça passe,
se faufiler entre les foudres
de ce soleil qui tuent nos nuques.

Arrêter de croire
que tout est perdu,
tendre un peu d’optimisme
entre les branches de nos arbres morts.

On pourrait.

19h04 #AuBureau
  • 1.7.19

Il fait un jour à tailler les oreilles du drame

Il fait un jour à tailler les oreilles du drame.
Sous la colère, des pavés de gloire oubliée. Tout le monde y va de sa présence sur une terre de plus en plus petite. Retirons nos gros sabots, étendons nos jambes sur le sable chaud. Parlons de cette goutte d’eau qui sèche sur ton cou.
Il fait un jour à tailler les oreilles du drame.
  • 30.6.19

Il fait un jour à se rouler nu dans l’herbe mouillée

Il fait un jour à se rouler nu dans l’herbe mouillée. 
Mais la rosée n’existe plus depuis que les petits matins sont livrés au sommeil. Surgit dès lors l’envie entêtante d’un long champ couché sur l’aurore, d’un ciel miroir à ses herbes humides, de terre verte entre les orteils, de mantes religieuses sur le dos pour seule dévotion. Que du vert où se baigner, l’esprit abandonné à une chanson d’été. 
Il fait un jour à se rouler nu dans l’herbe mouillée.
  • 26.6.19

Écrire ici

Écrire ici s’apparente
à écrire à la table d’un bistrot
avec le tintement des verres,
les éclats de rires,
l’intensité des voix
aussi variable qu’est
notre attention au monde.
Écrire ici est comme
écrire dans un zoo humain
où chacun semble vivre
en se fichant éperdument
des autres animaux.
Écrire ici, contraint à rattraper
les mots, à les rassembler
dans un panier percé,
procure souvent un doux vertige.

13h55 #AuBureau
  • 26.6.19

Scoliose

On aimerait s’allonger,
soulager les corps
qui assis se tordent
dans l’attente d’une scoliose.

La maladie nous parle
de folies, de vieillesse
qui compte les points
retraite comme des coups.

16h16 #AuBureau
  • 25.6.19

Il fait un jour à mordre du bois

Il fait un jour à mordre du bois. 
Tant de possibilités entre terre et ciel que les bras m’en tombent et mes jambes coupées dansent d’un dernier soubresaut. Voilà le tronc à abattre. À filer la métaphore forestière, je me perds dans la clairière. 
Il fait un jour à mordre du bois.
  • 25.6.19

Il fait un jour à retenir les vagues

Il fait un jour à retenir les vagues.
Des crabes avancent en marche avant. Tout fout le calme. Le vent est mort. Vive le vent ! On peut approcher du bord du monde, seulement si on le veut. L’eau est verte comme une prairie. La plage est morte. Vive la plage !
Il fait un jour à retenir les vagues.
  • 24.6.19

Il fait un jour à repeindre nos visages

Il fait un jour à repeindre nos visages.
Des yeux roulent et se lèvent dans le ciel. Un peu de bleu, un peu de vert pour rehausser le gris qui empoisonne. Un tableau réussi se juge à l’émotion qu’il provoque. Ici rien ne surprend le vol des goélands sur le fade des terrasses. Ton sur ton, la mer bave sur le ciel. Il n’y a plus qu’à inventer des paysages parallèles, inviter la montagne à se baigner, main dans la main avec quelques rêves.
Il fait un jour à repeindre nos visages.
  • 23.6.19

Écume

Le ciel
toujours le ciel
nargue la mer.

Échange de bleu
sous le regard moqueur
des vagues.

Écume d’yeux
enclins à battre
toutes les mesures.

On restera là
ni trop près ni trop loin
à essuyer les larmes.
  • 22.6.19

Taisez-vous !

Cet oiseau fou
qui crie dans ma tête
quand le grondement des voix
autour de moi monte,
voix contre voix gagne et monte
comme monte une migraine
comme l’animal guette sa proie.
Taisez-vous !
Je ne sens plus battre le vide,
je ne m’entends plus me taire.

15h19 #AuBureau
  • 21.6.19

Épeler

Il y a toujours ce trou
d’où le vide remonte.

Vacuité du mouvement
des doigts sur le clavier.

Les regards s’épuisent,
ne se croisent même plus.

J’épelle quelques mots
que je n’écrirai jamais.

16h39 #AuBureau
  • 20.6.19

Nique la police

Par la fenêtre,
toujours ce regard errant.

Le mur d’en face
et ses graffitis qui flottent.

Reflets de mes mirages,
gentille excursion dans l’irréel.

Et ce « nique la police »
qui danse sur une mare de soleil.

16h27 #AuBureau
  • 19.6.19

Condamné

Tout est condamné
à rester sourd.

Il va de nos envies
comme de nos désillusions.

On avance sans
croire au chemin.

Nos corps aveugles
sous raison bâillonnée.

15h30 #AuBureau
  • 18.6.19

Pixels

On écrit des mots identiques
sur des écrans formatés.

Écriture si impersonnelle
qu’on ne sait jamais qui écrit.

Qui dit quoi au travers
de ces pixels sans âme

alors que peu à peu
meurent nos paroles.

16h08 #AuBureau
  • 17.6.19

Manège

Le soir tombe
sur une première ombre,
laquelle le snobe en filant
sous un rayon de soleil.

De l’autre côté du balcon
on aperçoit le même manège,
à qui sera le plus rapide
pour tirer les vers du jour.
  • 16.6.19

Regardons ailleurs

On apure peu à peu
ce trop plein de tensions.

Il se peut qu’à un moment
nous soyons heureux.

La semaine fait craquer ses doigts,
regardons ailleurs.

Vendredi est un seau,
le vider et la joie reviendra.

15h10 #AuBureau
  • 14.6.19

Bulles intimes

On se cale
sur les battements
de l’autre.

Nous, l’autre
et l’espace ouvert,
la ventilation régule nos valvules.

L’arythmie nous guette,
on la prévient
en resserrant nos bulles intimes.

17h46 #AuBureau
  • 13.6.19

Propre vide

Le jour a du mal à se tenir
entre tables et écrans.

Il avance à tâtons, bute
et titube dans les couloirs.

Certains tentent de le guider,
de le relancer d’un sourire.

Rien n’y fera, il tombera
happé par son propre vide.

17h03 #AuBureau
  • 12.6.19

Ronger les angles

La plupart du temps,
tout se passe
comme il n’était pas prévu.

C’est souvent mettre
des carrés dans des ronds
en rongeant les angles.

Nos dents en gardent l’usure
tant reste serrée la mâchoire
sur nos certitudes.

13h13 #AuBureau
  • 11.6.19

Quelques soleils

On attend l’été des terrasses
et des pins parasols.

Sous les soupirs pointent
quelques soleils à ressusciter.

Mais le nuage est plus gros
que nos échevelés espoirs.

On attend l’été des avoirs.
  • 10.6.19

Habiter

La lumière baisse,
on dirait que s’installe
l’automne en juin.

Les lampes de bureau
une à une s’allument
sur nos visages fermés.

La pluie nous sourit,
il faudra habiter chaque goutte
pour à nouveau respirer.

16h45 #AuBureau
  • 7.6.19

Oscillo-battant

On a laissé
une fenêtre
ouverte
en oscillo-battant.

Quelque chose
se trame
dans les interstices
de nos voix.

Tapant le vantail,
levant la torpeur,
l’air malgré son courant
est toujours vicié.

16h50 #AuBureau
  • 6.6.19

Même

On pointe aux mêmes heures
dans les mêmes sourires feints.

On traîne à la même machine à café,
le regard rivé sur la même horloge.

On ouvre les mêmes écrans
où nos yeux déplient les mêmes cils.

On ne peut rien nous reprocher
sinon ce même délit d’habitude.

16h23 #AuBureau
  • 5.6.19

Mirage

On voit une nuée d’oiseaux blancs
saillir au loin des pyramides.

Puis on rentre ce mirage
dans nos corps recourbés.

On suit des arbres bouffis
trouer de joie un pré à l’herbe rase.

Mais on reste dans nos têtes
à chercher d’autres couleurs.

16h52 #AuBureau
  • 4.6.19

Pesanteur

Tandis que je cherchais
le moyen le régime
qui feraient maigrir mes mots,

voilà que s’ouvre la fenêtre
dans un courant d’air parfait
pour oublier l’instant

et sa pesanteur.

16h55 #AuBureau
  • 3.6.19

Cinémascope

Le ciel ne respire plus.

L’humeur du jour
est aussi sanglante
qu’un film de Tarantino.

La mer ne danse plus.

Au loin se battent
un otage et son ravisseur
pris dans les filets du diable.

Le scénario ne tient plus.

Il faut réparer le cinémascope,
remonter les scènes
qui croupissent au fond de l’eau.
  • 1.6.19

Promesse

Le mistral tape à la vitre
et force nos têtes folles.

Il faudra beaucoup
de café long et fort
pour combler l’attente,

pour faire de ces heures repliées
une promesse au vent
de taire nos atermoiements.

15h35 #AuBureau
  • 29.5.19

Ouvrir un visage

On cherche tous à goûter
un sourire qui ferait poème.

Même si nous ne sommes pas ici
pour compter nos peines.

Chacun pourtant les porte
dans son visage fermé.

En ouvrir ne serait-ce qu’un seul
pour que le jour ne soit pas vain.

18h18 #AuBureau
  • 28.5.19

Verte voix

Un lundi après les urnes
ne se vit qu’en taciturne.
Vague noire contre vague verte,
chacun y va de son adverbe.
Je me dis qu’il vaut mieux
garder la réserve
tandis qu’un collègue
déclare à verte voix :
J’ai la flemme de ne rien faire.

16h20 #AuBureau
  • 27.5.19

Château de sable

On n’a plus grand chose à offrir
à l’enfant qui vient jusqu’à nous
gonfler son envie de vivre
si ce n’est ce sourire un peu las
de le savoir sur nos pas
à chercher la joie
dans le grand plat de la vie.

On n’a plus grand chose à offrir
depuis qu’il ne saute plus
sur nos genoux,
depuis qu’il a pris le parti
d’être plus grand que nous.
Dans quelques années, il verra
ce château de sable qui vit en nous.
  • 25.5.19

Vraiment peu

On accueille
devant sa porte
les refrains du printemps.

Le ciel
enfin bleu
caresse nos espoirs.

Il en faudrait
vraiment peu
pour s’aimer vivre.

Écrire un regard
et laisser la lumière
tenir ses promesses.
  • 22.5.19

Vagues anciennes

On voit la mer
changer de temps,
changer de rôle.
On voit s’arrondir nos dos,
souvenir des vagues anciennes
et quand elle perce
à jour nos complaintes,
on voit rouler
sur nous toutes les pertes.
  • 20.5.19

À tâtons

On entend un enfant à l’étage,
son rire courir dans la pièce,
puis l’eau couler dans son bain.

Quand le rire glisse vers les pleurs,
on sait la bouche pleine de savon,
la mousse dense qui pique l’œil.

On sait ces instants aveugles
à chercher à tâtons la main
d’une mère plutôt qu’une serviette.
  • 18.5.19

De nous

Et oublier
de nous
ce que nous sommes

De nous,
la singularité
passée à la trappe.

De nous,
ce qui fait joie,
légèreté et sincérité.

Déchirer le contrat,
recommencer.

15h43 #AuBureau
  • 16.5.19

Balancement

Toujours ce balancement
intérieur, extérieur.

D’une part, nos têtes vides
qui disent Oui bien sûr
et pensent Non vraiment.

De l’autre, la cime de l’arbre
qui dans son déhanché
dit à la rue Oui mais non

Calmez-vous.

16h32 #AuBureau
  • 15.5.19