Il fait un jour à chanter sous l’ombre

Il fait un jour à chanter sous l’ombre.
Comme celle-ci, posée ici sur mon chemin. Cette ombre sous le corps de l’homme avachi sur la table d’un café, la bouche ouverte et collée sur le formica noir. L’ombre de son corps sous la courbe de la fatigue. Et les pensées, que l’homme et moi avons du mal à dompter, vont et viennent dans les recoins de nos esprits. L’esprit, l’ombre et ce café où d’autres corps baignent ne font qu’une et même chanson. Celle d’un désespoir sans fond, celle de la réunion des mondes où chaque pensée est courbe, où chaque souffle est ombre.
Il fait un jour à chanter sous l’ombre.
  • 22.9.19

Le monde, cette fantaisie du regard

Le monde, cette fantaisie du regard
quand survient
le changement des couleurs,
que le paysage se taille
une part d’ombre et de cuivre.

Le monde comme tu veux le voir,
chaussé de verres déformants,
une réalité creusée par les rêves,
un petit espace de bonheur
caché sous la lunette du mensonge.
  • 21.9.19

Il fait un jour à vider le ciel

Il fait un jour à vider le ciel.
De toutes les traces laissées par les ivresses, se laver à grande eau avant la mort. Bouger les meubles. Oublier un instant les limites imposées. Garder pour soi les mots fragiles et la lumière traînante d’après tous les essorages.
Il fait un jour à vider le ciel.
  • 18.9.19

Fenêtre sur fenêtre

Il y a cette vieille fenêtre
que je vois depuis le bureau
à travers notre fenêtre ouverte.
Fenêtre sur fenêtre avachie
sur un pot de géranium mort,
aussi mort qu’est morte
l’antenne râteau
qui la surplombe sur son toit
aux tuiles lézardées et vert-de-gris.
Il y a cette fenêtre sur fenêtre
d’où sort toute la sécheresse de cet instant raté.

16h25 #AuBureau
  • 17.9.19

Il fait un jour à se laisser aller sous la robe de l’air

Il fait un jour à se laisser aller sous la robe de l’air.
Septembre s’installe et avec lui le changement progressif de l’air ambiant. Courant sous des feuilles, balayant la cime des arbres, rigolant sous nos nez, l’air et son grand cousin le vent prennent la place de l’imposante dame chaleur. On pourrait faire un poème de tout ce qui change dès qu’on pense à cet air qui nous touche. Mais septembre est aussi le premier de ces mois qui finissent en brrr. Ayons l’air de ne pas y penser.
Il fait un jour à se laisser aller sous la robe de l’air.
  • 16.9.19

Frissons et nouvelle rosée

Qu’un éclat de lumière
ferme la vue de la fenêtre
et tes yeux se mettent à courir
dans la chambre, à chercher
une ombre où apaiser le regard.

Tu brûles du dedans,
ta peau reste aux abois,
frissons et nouvelle rosée
sur l’écorce de nos mémoires.

Que l’éclat d’un souvenir
entrouvre nos draps défaits,
que tu parles un peu
de la lumière et de tes feux
et la joie s’empare de notre arbre.
  • 13.9.19

Comme un camion

Ici c’est la mi-journée,
un peu passée.
On dit : la bascule est faite
entre les heures écoulées
et celles encore à vider du sablier.

Ça ronronne comme un camion,
on dit ça, comme un camion
qui taille sa route sur le temps,
vrombissant à peine sur le bitume,
à pleine vitesse et en roue libre
jusqu’à l’heure de toutes les débauches.

16h10 #AuBureau
  • 12.9.19

Pluie de mouches

Il pleut. Les gouttes viennent s’écraser sur la vitre comme des grosses mouches. Tu les regardes éclater et tu imagines leurs abdomens glissant lentement sur le verre. Tu prends le fracas de la pluie pour une nuée sauvage, un suicide collectif. A cette pensée, tu esquisses un sourire et viens poser tes lèvres sur l’intérieur de la vitre. Tu embrasses à travers le verre chaque goutte qui glisse, chaque mouche qui meurt.

Il pleut. De plus en plus fort. Tu n’arrives plus à saisir de ta bouche chaque impact. Tes lèvres font l’effet d’une ventouse sur la vitre. Tu veux attraper toutes les mouches, qu’aucune n’en réchappe, les embrasser puis les avaler une à une pour mettre fin à leur souffrance. Tu t’énerves. Désormais, dans la précipitation, c’est avec ta tête que tu cognes la vitre : ça provoque un bruit lourd qui fait vibrer la fenêtre comme lorsque sonne le glas au beffroi du village et que les murs de la maison s’en font l’écho. 

Il pleut. Et tu n’en peux plus de chasser les mouches toujours plus nombreuses, toujours plus ruisselantes avec leurs abdomens putrides. Tu lèches la vitre. Ton front devenu rouge glisse de haut en bas et de bas en haut, frénétiquement. Tu deviens fou, ne veux plus voir, ne plus savoir cette hécatombe.

Il pleut. Tu t’allonges sur le rebord de la fenêtre, les yeux errant sur le plafond. Tu fermes les yeux. Ta respiration diminue. Tu t’apaises, laisses entrer en toi la musique de la pluie qui fouette la vitre. Une mouche, une seule, une vraie, se pose sur ton front. Tu t’endors. A moins que tu ne t’éveilles.

  • 11.9.19

Même bleu

On se couche frémissants
à l’idée d’une autre lune.

La nuit reste une attente,
perspective d’un autre ciel.

Pourtant le jour revenu
affiche un même bleu.

Avons-nous été autres
durant ces heures passées
sous la toile des rêves ?
  • 10.9.19

Cette odeur

La cheminée couve des cendres encore chaudes de la veille. L’odeur de fumée est vive. Elle se mélange à la poussière qui danse autour des gros rideaux en velours. C’est une odeur lourde, de bois calciné, de ces petites branches de frêne que tu as fait brûler en premier pour attiser le rondin de chêne un peu vert. Une odeur de forêt après un incendie qui aurait tout décimé ne laissant plus flotter que des relents de lichens et de champignons moisis. Elle est non seulement incrustée dans les murs jaunes, dans les tapisseries dont les motifs de fleurs ont fané, dans les meubles qui l’accueillent dans leurs interstices vermoulus et dans le sol en tomettes rouges patiné de suie, mais aussi dans ton corps flasque et fatigué, étendu sur ton lit de fortune.
Aujourd’hui, alors que le jour peine à percer les rideaux, il règne une atmosphère de trop-plein comme si cette pièce – ta chambre mais aussi ta salle à manger et ta cuisine – n’en pouvait plus d’être ce réduit de cendres, ce vieux cendrier froid.
Tu te lèves et ouvres la fenêtre. L’air frais du matin s’engouffre dans la pièce. Tu respires à grands poumons. La brume est basse. La campagne encore endormie te fait sentir son haleine fraîche. L’hiver lâche un grand rot dans la forêt qui te fait frémir et refermer la fenêtre.
Le courant d’air a ranimé la cheminée. De fines flammes lèchent l’âtre et embrasent le reste du rondin de chêne. L’odeur est maître de l’espace. Cette odeur, ton odeur que tu ne sens plus.

09/09/2017
  • 9.9.19

Derrière le dernier refrain

Il y a la radio qui crachote
des tubes du moment
sur des voix maquillées à l’auto-tune

et nous qui faisons
des passes d’armes
entre lassitudes et sifflotements,
éternuements et raclements de gorge.

Nos regards sombres
cherchent une lumière,
nos chagrins se cachent
derrière le dernier refrain.

Parfois, des pensées libres
s’évaporent de nos têtes
en formant des phylactères
dans lesquels on peut lire
tous nos dialogues secrets.

14h17 #AuBureau
  • 6.9.19

Longtemps j'ai voulu

Longtemps j’ai voulu être
aussi paisible qu’un chat
lorsque, roulé sur lui-même,
il dort d’un sommeil profond.

Longtemps j’ai voulu être
aussi libre qu’un oiseau
lorsqu’emporté par le vent,
peu lui importe le chemin.

Longtemps j’ai voulu être
aussi drôle qu’un singe
lorsque, soulevé par les anges,
il saute d’arbre en arbre.

Longtemps j’ai voulu être
aussi bien que mes pairs
alors que, dépeçant mes rêves,
je ne parvenais qu’à les imiter.
  • 5.9.19

Sandales ouvertes

Dans le parc
à midi
un enfant marche,
en marge du chemin ,
dans les premières
feuilles mortes.
Il frotte et racle
ses pieds
dans des sandales
ouvertes,
dans des sandales
vieilles.
Dans le parc
à midi,
un homme calé
sur son chemin
regarde avec envie
de le rejoindre,
ouvert
à toutes les vieilles
chaussures,
à tous les vieux
souvenirs.
  • 4.9.19

À l'orage

Dans la rue,
une air de fièvre
transporte les passants.

Le temps est lourd,
me dit ce vieil homme
qui peine et sue sur le trottoir.

Le soleil traverse le bitume
et ses yeux noircis,
la vieillesse est à l’orage.
  • 3.9.19

Quelque algèbre

tu
Tu repasses dans ta tête tous les théorèmes du monde. Tout ce qui régit l’existence et que tu ne comprends pas.
Ce soir, une fois de plus, il y a un ciel d’orage qui étouffe toute réflexion et ranime des équations électriques pour lesquelles tu ne trouveras jamais de solution.
Alors, tu sors dans le soir plein de lourdes constantes. D’abord, le vieux chien du voisin qui te grogne dès qu’il te voit. Dix ans que tu le croises ce clebs à poils ras. Il te connaît mais continue à vouloir sauter le grillage pour te mordre. Ensuite, il y a le trottoir et son pavé manquant que tu évites en descendant sur la route. Ce trou sur ton passage que personne ne veut remplir. 
Tu descends la rue vers le parc où tu as tes habitudes. Tu franchis le portail pour y accéder, haut et lourd avec son immuable grincement de ferrailles lorsque tu le pousses d’un même effort, d'une même lassitude, sans comprendre pourquoi on ne le laisse pas grand ouvert en permanence. Puis, tu rejoins la mare au centre du jardin à la française et ton banc où tu t’assoies pour ruminer quelque algèbre de la vie. Tu regardes les buissons alentour, taillés en forme de points d’interrogation et, dans l’eau traversée de carpes, le reflet noir de ton visage et de toutes tes questions.

02/09/2017
  • 2.9.19

Trois secondes sous l'ombre

1

La nuit arrive en traînant des ombres derrière elle. L'instant s’effarouche entre les bleus obscurs et inquiétants que laisse passer un arbre séculaire.

Rien n’abîme cette première seconde sinon l’aigreur du jour qui voit, sous le couchant, disparaître la splendeur de l’arbre.

2

Toi, tu restes sur le seuil à attendre l’orage sous le feu instable des éclairs. Les branches noires dressées en parafoudre te rendent à ta mélancolie sourde.

Pendant cette deuxième seconde, quelque part et sans que personne ne s’en émeuve, une âme trépasse de l’autre côté du monde où rien ne distingue le silence de l’ombre.

3

Un éclair fronce les sourcils du ciel, une onde écartèle un nuage rétif tandis que ta trace au sol s’efface comme s’efface celle de milliers d’arbres.

Ailleurs, flotte l’idée d’une troisième seconde trompant la première, prenant la nuit à rebours pour que l’arbre ne quitte plus son ombre, pour que nul esprit jamais ne disparaisse.
  • 27.8.19

Ombre de moi

Tu n’es plus qu’une ombre. Une tache noire sur le sol, à l’abri du figuier. Ta silhouette se découpe et flotte dans le soleil. Ectoplasme aux doux contours, tu épouses la terre. Ton corps déformé par la lumière se joint à l’ombre de l’arbre perchée sur les épaules. Tu es trapu et court sur pattes mais là au sol, rampant sous mes yeux, tu es une forme obscure et oblongue qui s’allonge sur l’ocre comme une coulée de peinture noire pénétrant la terre.
Je te regarde longtemps toi, l’ombre de mes jeunes années. Le figuier en totem et la bouche gorgée du vieux fruit aigre-doux, je te goûte au plus près, à ressentir sous mes papilles l’enfance perdue. Tu flottes évanescent sur mon paysage. Au passage d’un nuage, tu te divises en deux flaques molles pour revenir entier te caler sur l’arbre, une joue collée à la sève. Je te vois près de ton figuier t’endormir. Et le soleil de descendre derrière la colline en coulant une flambée rouge sur le jardin, et toi, feu mon père, tu apparais rouge sang, ombre de moi, puis disparais comme si le souvenir voulait se coucher.
Tu n’es plus qu’une ombre. Tu seras là tant que le soleil et le figuier.

08/03/2014
Extrait de "Rats taupiers", éditions des vanneaux.
  • 26.8.19

Attente en gare

Je me pointe comme chaque semaine à la gare de Béziers après une demi-heure de voiture. C’est l’hiver, dix-huit heures et déjà la nuit imprègne les murs du hall.
Peu de monde, c’est un dimanche nu de janvier, des dimanches où on ne voyage pas. Au centre, suspendu au plafond, l’afficheur des départs et des arrivées diffuse une lumière rouge agressive. La nuque dressée et les yeux plissés, je parcours les lignes fluorescentes, cherche le 18h12, de voies A à D, du quai 1 à 7. Le corail n°4578, c’est celui-là, c’est le mien, celui qu’il ne faut pas que je rate ! Retard annoncé qui clignote comme un avertissement de danger, c’est la seule indication : pas de voie ni de quai. Pour l’instant, l’afficheur reste muet, mon train n’existe que par son retard.

J’avance. Aucun banc dans cette grande salle, je cherche un endroit pour poser mes guêtres. Des locataires habituels entourent un pilier. Assis, ils étirent leurs jambes sur le sol crasseux. Ils sont quatre, deux hommes, une femme et un chien. On dirait qu’il n’y a que le chien de libre, eux semblent prisonniers volontaires, attachés au pylône, greffés par le dos et anesthésiés par les cannettes de bières qui jonchent le sol. Je fais pareil, me trouve un pilier et me tire un coca au distributeur.
Mon sac blanc de mataf comme moelleux coussin, je m’adosse au pilier voisin, juste en face des squatters avachis. J’en suis aussi, je suis des leurs, de ceux qui sont souvent dans des endroits de passage, à attendre. J’en suis, enfin presque, je les imite : eux n’attendent plus rien.

Et l’afficheur de bouger ses cristaux liquides, le retard n’est plus annoncé et une voix de crécelle percute les murs après trois notes de musiques monocordes : « le train corail N°4578 entre en gare quai n°1 voie 7, éloignez-vous de la bordure du quai, ce train dessert… ». Narbonne, Carcassonne, Toulouse Matabiau, Bordeaux-St-Jean… Litanie de villes qui m’éloigne déjà de mon pilier. Je ne bouge pas, pas envie. L’annonce est à nouveau diffusée, complétée et dans son impulsion double l’effet de langueur. Le billet, ne pas oublier le compostage obligatoire. Il faut partir seul, l’accès aux quais est réservé aux voyageurs. Une chance, on peut dormir, le train couchette est disponible voiture 6. En face, les squatters ne bronchent pas, ils dorment et le clebs me regarde. Soudain, la voix se tait mais le silence des murs est brisé. Le train glisse dans la gare dans un grincement de métaux lourds et un ronflement d’air pulsé bat sous mes pieds. Il est 18h25. Je ne bouge toujours pas. Le chien vient vers moi, langue pendante, tourne autour du pilier et s’assoit sur mon sac. Il n’attend rien, moi non plus.
Et si je ne partais pas ?

12/07/2010
  • 25.8.19

Entre la salière et le poivrier

Il y a ces mots sur la table posés entre la salière et le poivrier. Des mots sur un papillon de papier griffonnés au dos d’une enveloppe entre les vagues du timbre oblitéré. Tu as testé la mine de ton stylo, fait quelques vagues entre les vagues. Toujours à essayer d’endiguer les creux par des secousses. Tu as retourné le papillon, pris le stylo entre tes doigts tremblotants. Le pouce a ripé une première fois, je le vois au trait fuyant de ton premier R. Une ligne d’abandon, une main qui hésite. Le reste est pour nous deux, un mystère que l’amour n’aura jamais éclairé. Des mots débordés, des mots affolés que j’ai lus avec ta voix dans la tête, une voix au timbre rocailleux, un fossé entre les lettres. A chaque espace et saut de ligne, à chercher le sens, je me suis perdu. A vouloir toucher ton esprit, je n’ai trouvé que l’âpreté du manque. Quelques mots posés sur la table entre la salière et le poivrier.

16/04/2017
  • 22.8.19

Il fait un jour à éviter les plaintes

Il fait un jour à éviter les plaintes.
De peur qu’elles n’en engendrent d’autres. On sait que ces bêtes copulent entre elles, enfantent des abîmes. Alors au lieu d’user ses pensées sur la toile cirée des emmerdes, il est temps de passer l’éponge. Et vlan, comme dirait l’autre. Se remettre à table et sucer les petits bonheurs jusqu’à la moelle.
Il fait un jour à éviter les plaintes.
  • 21.8.19

Il fait un jour à boire du vin sans fin

Il fait un jour à boire du vin sans fin.
Un jour où le noir s’étend du dehors vers le dedans. Où les idées frôlent d’autres idées bien plus dangereuses. Jeu d’ombres distillées, fraîchement sorties de l’alambic à pensées. Où l’on peut voir en cinémascope une morne et longue plaine dérouler un vent fatigué avant d'arriver devant ce grand canyon rouge prêt à nous rompre le cou. Une sorte de voyage à faire monter le taux de mélancolie dans le sang.
Il fait un jour à boire du vin sans fin.
  • 17.8.19

Clair comme l’eau du puits

Entre deux orages d’été, par un temps de serpillère mouillée, tu rinces le trottoir d’une eau claire tirée d’un puits imaginaire. Tu redresses les géraniums ébouriffés par le vent, jettes sur eux un regard de compassion. Le rouge fané des fleurs chamboule tes rêves. Le ciel en colère renverse l’horizon. Te voilà le cœur javel, les pieds dans l’eau et un grêlon coincé dans la gorge, à ressasser le beau temps d’hier et les harmonies du ciel.

Un voile dans les yeux, tu fixes l’arc-en-ciel dans le caniveau. Tu balaies les scories d’un passé qui persiste à fixer les couleurs de manière identique. Le trottoir sera bientôt sec et ne reflètera plus rien que le vide de tes pensées désordonnées. Le grêlon tombera dans ton ventre et fixera le fiel. Jusqu’au prochain grondement où l’espoir reviendra, clair comme l’eau du puits.

05/07/2014
  • 16.8.19

Au bord

On est au bord,
dans un état liquide.
Le temps semble plat.
On teste nos réflexes
un pas vers l’autre,
un bras levé,
un regard qui dit,
juste
pour être ensemble,
pour vivre un peu plus,
pour qu’existe l’instant
par ce que nous sommes.
  • 12.8.19

Il fait un jour plein de la lumière des autres

Il fait un jour plein de la lumière des autres.
La lueur des gens heureux que l’on voit au fond des yeux venir manger nos visages ; celle lueur-là aime à se balader sans heurt parmi les autres dont l’humeur tombe trop souvent comme des paupières lasses
Elle résiste à toutes les épreuves, au mauvais temps qui va et qui se pose sur nos joues mais aussi aux petits abandons qui longent les routes et toutes les tristesses qui les traversent.
Il faut s’attarder près d’elle, en prendre régulièrement des surdoses, s’y exposer longtemps pour recharger les sourires.
Il fait un jour plein de la lumière des autres.
  • 11.8.19

Il fait un jour à chercher sa bouée

Il fait un jour à chercher sa bouée.
Un autre jour, une autre nuit avec leur même port où s’amarre le mystère. De longs bateaux au large, tous feux allumés et cette bouée qui frissonne à peine entre les deux.
Le port et la bouée : voilà l’image ou du moins ce qu’il en reste dans l’humidité des draps après ce rêve orageux.
Il fait un jour à chercher sa bouée.
  • 7.8.19

Vague relevé estival #1

Plage de Palavas-les-flots
5 août 17h30, température de l’air 27°, de l’eau 22°, soleil voilé.

La plage est clairsemée de serviettes avec différentes personnes humaines posées dessus.
Ces serviettes dessinent des formes : en étoile, en carré, en rond. Toutes sortes de figures semblent possibles.
Les personnes posées sur les serviettes ont un corps muni de quatre membres, comme on pouvait s’y attendre. Chaque membre évolue en fonction de l’activité du corps. Les pieds bougent peu tandis que les mains sont très actives et dévolues à différentes taches relativement communes sur la plage : tenir un livre ou un téléphone étant les deux plus répandues.
À l’extrémité haute des corps. une tête aléatoirement coiffée d’une casquette, d’un chapeau ou avec des cheveux de couleur et de longueur variables.
On peut observer que certaines personnes quittent momentanément leur serviette pour se rendre à l’intérieur de la mer à proximité. Les pieds, ici, ont une grande importance puisqu’ils semblent jouer un rôle de traction pour amener le corps jusqu’à l’eau. Une fois dans l’eau, le corps disparaît presqu’entièrement. On note cependant que la tête reste majoritairement hors de l’eau, qu’elle dispose d’un couvre-chef ou pas.
Une fois dans l’eau, il est important de mentionner que le corps semble encore se mouvoir compte tenu du déplacement des têtes que l’on peut apercevoir au gré des vagues. Toutefois, le mode de déplacement depuis mon poste d’observation n’a pas pu être identifié à ce stade de l’étude.
Il n’en reste pas moins que le corps sort de l’eau comme il est entré, à l’aide de la force motrice des deux pieds effectuant à tour de rôle des pressions sur le sable, d’abord à l’intérieur de l’eau puis sur la terre ferme afin de rejoindre sa serviette.
On peut alors s’assurer, une fois que la personne a regagné sa serviette, de la véracité du théorème : tout corps plongé dans l’eau ressort mouillé.

J’en étais là de mes constations sur l’étude de l’humain en été sur le bord de la plage qu’une sphère rouge, certainement composée de quelque matière plastique dure, vînt heurter ma tête suspendant, par la violence du choc, la poursuite de mes retranscriptions.
  • 6.8.19

Il fait un jour à écarter ce qui fait trop de bruit

Il fait un jour à écarter ce qui fait trop de bruit.
Dans l’attente de pouvoir s’entendre, je fixe le front de l’aube. Je lui intime d’apaiser son feu pour éteindre le vacarme du jour.
Je sais qu’elle n’en fera rien. Que je devrais être forteresse au milieu des mers d’ombre pour ne plus entendre les vociférations du monde.
Et je sais, encore aujourd’hui, que prendre ta main s’avèrera la meilleure île.
Il fait un jour à écarter ce qui fait trop de bruit.
  • 5.8.19

Le béal

Au village, je me demande
si coule encore ce ruisseau
couleur olive qui longeait
la rue droite vers la rivière.

On le nommait : le béal.
Simple canal d’irrigation,
de Besal ou Bial en Occitan,
langue qui coule dans nos bouches.

Au village, je me demande
si des enfants y font encore
naviguer ces petites embarcations
faites de feuilles mortes et de souvenirs.
  • 4.8.19

Il fait un jour à s’allonger sous les mandariniers

Il fait un jour à s’allonger sous les mandariniers. 
Parce que le fruit rond et doux. Le jus dans la bouche et l’ombre sous les branches.
À la fois douceur et âpreté. 
Parce qu’aussi et surtout Babx et sa chansons entêtante dans laquelle il accompagne Omaya s’endormant paisiblement sous les mandariniers. La ritournelle trotte dans ma tête comme la mort dans sa lancinante terreur, si bien qu’elle en devient pure beauté. Parce que la mort, la guerre et deux boutons de rose qui font écho aux deux trous rouges du Dormeur du val.
Il fait un jour à s’allonger sous les mandariniers.

-



A savoir plus sur l'origine de la chanson : https://poussiere-virtuelle.com/omaya-chanson-babx/
  • 2.8.19

Il fait un jour à fuir vers l’enfance

Il fait un jour à fuir vers l’enfance.
« L'enfance contient les ruines du futur », disait Pirotte qui très vite arrêta de fréquenter sa mère qui ne comprendrait rien à ses rêveries poétiques. Mais l’enfance, il la garda en grande sœur de route.
Comme lui, fuyons la mère et gardons l’enfance. Arrosés de pluie et de vin, tapons des pieds dans les flaques. Égarons nos crottes de nez sous les tables. Giflons l’adulte puis embrassons-nous sur la bouche pour la première fois au fond d’un bois. 
Il fait un jour à fuir vers l’enfance.
  • 31.7.19

Qui l'eût grue

Sur le toit du bureau
à fumer ma cigarette
et le soleil au plus haut.

En face, deux grandes grues
balafrent le bleu peroxydé,
elles tremblent légèrement.

À moins que ce soit moi,
mon regard qui tremble
quand j’aperçois cet oiseau perché.

Moineau ou hirondelle,
trop loin je ne sais dire,
peut-être est-ce une petite grue.

Grue sur grue, ce serait incongru.

13h44 #AuBureau
  • 30.7.19

Il fait un jour à oublier ses clefs quelque part

Il fait un jour à oublier ses clefs quelque part.
Ou plutôt un jour à faire semblant d’oublier ses clefs quelque part et se retrouver seul dans la ville. Un dimanche où les rues sont sans lumière aux vitrines, où les stores sont baissés, sans consommation possible autre qu’un verre à une terrasse de café. Un jour à oublier d’avoir fait semblant d’oublier. Un jour à se faire croire que tout peut recommencer ailleurs, sans rien à devoir rouvrir. Un dimanche où il serait doux d’à nouveau te rencontrer.
Il fait un jour à oublier ses clefs quelque part.
  • 28.7.19

De l’autre côté d’un décor de cinéma

Tu sais, parfois, j’ai envie d’aller me perdre de l’autre côté d’un décor de cinéma.
Ça me prend les jours de pure perte, quand je ne sais plus pourquoi je me suis levé ni si ça vaut vraiment le coup de se coucher. Ces jours-là, il y a toujours un soleil plus blafard que les autres jours, un vent qui fait semblant de souffler et des heures qui semblent tourner à l’intérieur d’une montre molle. Là, je croise un clochard assis sur un trottoir ou quelqu’un qui s’y rapproche et derrière lui, je le vois, ce décor de cinéma dans lequel je voudrais rentrer.
Ça peut être un vieux mur effrité ou une vitrine clinquante de supérette ou encore je ne sais quelle clôture qui encercle un parc où il fait bon se promener mais aussi – et je dis ça parce que c’est cela qui revient le plus souvent – le mur de ma chambre derrière lequel je pense toujours à toi.
  • 26.7.19

Il fait un jour à chasser le Dahu

Il fait un jour à chasser le Dahu. 
Prenons nos rêves pour des bêtes sauvages. L’imaginaire comme seul poids sur nos ailes. À flanc de montagne, allongeons les chimères. Moquons-nous de la peur qui se dresse. Chatouillons nos angoisses pour rejoindre l’animal dans ton regard, celui que l'on n’a jamais pu capturer. 
Il fait un jour à chasser le Dahu.
  • 25.7.19

Quand je suis entré dans ce bar

Quand je suis entré dans ce bar, j'ai bien senti venir le traquenard. Ils étaient deux, accoudés au zinc en train d'écluser un gorgeon. A leurs yeux bordés de rouge vif et de larmes sèches, j'ai bien vu qu'ils n'en étaient pas à leur première tournée.

Un étranger qui entre dans un troquet d'habitués, c'est un chien dans un jeu de quilles. Soit il se fait accepter d'entrée de jeu et c'est le strike, soit il se la joue limonade au citron et il peut s'assurer une soirée à jouer la cible au jeu des fléchettes.

Par chance, la limonade me donne des ballonnements alors que le whisky me calme les convulsions intérieures.
Je fus accepté dès le premier verre comme un des leurs, même si eux tournaient au petit jaune sans glaçon. D'entrée, la parole fut libérée et les agapes liquides pouvaient débuter. 
Au fil des heures, mes yeux commencèrent eux aussi à pleurer des larmes sèches, de celles qu'on coule que pour nous et qu'on garde sous les paupières au cas où on aurait besoin de pleurer plus tard. Parce que pleurer pour les deux gaillards, c'était pas mentionné sur l'ardoise.

En revanche, après le dixième verre ou peut-être s'agissait-il du douzième, le flot de leurs paroles perdit le sens de la retenue en même temps que la prononciation des voyelles — un peu comme quand votre correspondant au téléphone passe sous un tunnel. La conversation vira de bord, des sentiments profonds surgirent du fond des verres comme s’il s’agissait de la partie immergée d'un iceberg.
L'un d'eux évita le naufrage en demandant la note au patron. L'autre, noyé dans ses consonnes, ne fit aucun cas de la demande de son camarade ni de mon état, accroché à mon tabouret comme à la poupe d'un bateau en pleine tempête. Et d'un coup sec, il tapa sur le comptoir : « Bon maintenant, hips, allons au bois dégager les écoutilles ! ».

24/07/16
  • 24.7.19

Il fait un jour à sauter dans un nuage

Il fait un jour à sauter dans un nuage.
Agrippé au bleu du ciel, corps à la recherche de l’oasis blanche. Se laisser dériver par l’humeur du vent. Trouver le bon, gros et moelleux avec un goût de vanille un peu épicée. Y plonger tête la première. Goûter, dormir, goûter à nouveau etc. Et ne plus redescendre que pour raconter l’histoire à ses petits-enfants.
Il fait un jour à sauter dans un nuage.
  • 23.7.19

Que me dit cette vague

Que me dit cette vague
qui s’échoue à mes pieds
comme une bouche de chien ?
Que veut-elle exprimer
qui n’a jamais été dit ?
Qu’est-ce qui la rend si singulière
pour que je m’y attarde ?
Violence ou beauté ? Les deux ?
Ou bien est-ce simplement
parce qu’elle est la dernière.
  • 21.7.19

Il fait un jour à s’assoir sur un banc

Il fait un jour à s’assoir sur un banc. 
Un banc au milieu d’un parc avec ses pigeons qui se disputent quelques quignons de pain. Un banc à lire. Un banc à regarder l’ordinaire se dérouler, nous rouler dessus. Ignorer pour un temps les batailles et ne pas penser à la métaphore qu’affichent les pigeons affairés à se prendre le bec, comme nous le faisons trop souvent. Un banc à chercher des éclaircies à qui parler. 
Il fait un jour à s’assoir sur un banc.
  • 19.7.19

On n'a pas tout compris #3

Ces phrases dont le sens échappe au commun des mortels mais qui parfois ne manquent pas de poésie :
- Faut-il s’inquiéter quand il y a inscrit « néant » sur la feuille ?
- Il refuse l’EAS. Fais-le partir en W.
- On va compter les points à l’arrivée.
- C’est pas moi ! C’est un préop !
- Fais-moi un RHR fictif.
- Il n’y a pas d’incident d’origine.
- On en parle parce que sinon on va se retrouver avec des oignons à Narbonne.
- Toulouse me demande si tu as des chambres ?
- Ce serait bien que les GOF se parlent entre eux.
- Ce n’est pas ma faute si j’ai une marche mal montée.
- On devait pourtant rentrer une patte sur deux.
- Zut ! J’ai du hors-quai en queue !
- J’entame ma treizième FÉM de la journée.
- Et 18 personnes en rupture pour Marseille !
- On va reconstituer les JS.

14h07 #AuBureau
  • 18.7.19

On a rouvert les fenêtres

On a rouvert les fenêtres
pour que l’air balaie nos visages.

De la rue on entend des voix
sous le murmure du tramway.

Une mouette égarée s’offre
une pause sur le toit d’en face.

Un enfant éclate de rire
et un ballon de baudruche.

Il ferait presque doux.

15h58 #AuBureau
  • 17.7.19

Il fait un jour à soutenir les ombres

Il fait un jour à soutenir les ombres. 
Nous devrions courir après les arbres. Les sauver des cueilleurs et des bûcherons. Préserver les longues branches que le vent balance. Nous devrions nous liguer contre les climatiseurs. Courir nus dans les prés jusqu’à ce que la soif nous étreigne. S’allonger et dans l’ombre d’un saule pleureur attraper ton sourire. 
Il fait un jour à soutenir les ombres.
  • 16.7.19

Le parasol

Le vent secoue le parasol.
De la cour remontent des odeurs
de viande et de poisson grillés,
de crème solaire au lait épais.
Le vent retourne le parasol.
Baleines à l’air, son squelette s’ébroue.
De la mer remontent le rire des enfants,
le claquement des bouées sur l’eau,
le rebond des ballons,
le bruit des raquettes
et la chaleur qui crie sous les casquettes.
Tout un lot de souvenirs de tous les étés
comme un parasol tombé dans ma tête.
  • 14.7.19

On n'a pas tout compris #2

Ces phrases dont le sens échappe au commun des mortels mais qui parfois ne manquent pas de poésie :
- Je monte le sillon et je te rappelle.
- On le fait W dans la marche.
- Ah ça y est ! Ils donnent les dépêches.
- Est-ce que vous connaissez la longueur d’un 3 caisses - 4 caisses ?
- Toulouse ne peut pas couvrir de Narbonne à Carca.
- Il y a un trou dans la raquette.
- Tu le commandes en rade à Nîmes.
- On va produire des difficultés de production.
- Cet accélérateur digital permettra de gagner du temps.
- Attention, les évolutions ne sont pas couvertes.
- Pour le 712, tu fais toujours ta coupe ?
- Non, j’ai pas de réserve.
- C’est du BGC, chérie !
- On va transborder au 506.
- Tu fais la rotation ou tu restes sur place ?

15h29 #AuBureau
  • 12.7.19

Repriser

Malgré la fatigue des gestes,
les renoncements mal assumés,
le désarroi qui parfois affleure,
ne pas toucher le bleu du fond.

Faire avec les fissures de l’âme
comme si on reprisait nos frusques,
chercher l’aiguille dans la botte,
ne pas avoir peur d’espérer.

14h27 #AuBureau
  • 11.7.19

La rue se gondole

On dirait bien que le rue se gondole au soleil. On voit au loin son chemin se vriller sur lui-même comme une vis sans fin. C’est l’effet du soleil, un mirage dans nos yeux. Sûrement mais pourtant, la rue souffre aussi bien, aussi mal que nous. De la chaleur et de bien autres affections.
La terre qui la porte garde la mémoire des températures, du temps qu’il fait comme du temps qui va. Sous ses pierres, une immensité de pensées fiévreuses accumulées en autant de strates qu’elle a de douleurs. On dirait bien que la rue se gondole sous l’effet de la somme de tout ce qu’elle a perdu – du très chaud jusqu’au très froid, du très dur jusqu’au très doux – et qui restera irremplaçable.
  • 10.7.19

Personne ne voit

Personne ne voit
ces légers tremblements
sous nos paupières
entre deux francs cillements,
entre deux respirations.

Personne ne voit
ce fourmillement du rêve
quand le cœur ne suit plus
son mouvement quotidien,
quand il sort de nos corps.

14h22 #AuBureau
  • 9.7.19

Il fait un jour à s’énerver comme un chat maigre

Il fait un jour à s’énerver comme un chat maigre.
Tout est à ras de peau. La fleur, longtemps qu’elle est fanée. Les nerfs se pelotent entre les oreilles à chaque mot qui y entre. Il suffit de dire Bonjour pour que la paranoïa s’installe : pourquoi Bonjour ? Et pourquoi il serait pas bon mon jour ? Tu crois peut-être que le tien sera meilleur que le mien ! Tu veux m’encourager ou juste me signifier que ton jour est le plus beau ?
D’accord, calme-toi et embrasse un arbre.
Il fait un jour à s’énerver comme un chat maigre.
  • 8.7.19

Avant le sommeil

L’été bâille sous un ciel de lait.
J’entends râler les caravanes
et à l’intérieur des voitures,
la fatigue trimballe des corps
aussi blancs que le ciel.
Au fond du bruit, des remuements
que la saison affectionne :
quelques insectes sans eau,
des brindilles crissent,
un chien hirsute jappe mollement
et cette vague plus véloce
que les autres
les observe chuchoter.
Il n’en faut pas plus
pour que le sommeil m’écrase.
  • 7.7.19

On n'a pas tout compris #1

Ces phrases dont le sens échappe au commun des mortels mais qui parfois ne manquent pas de poésie :
- J’attends que la journée remonte et te rappelle.
- Je fais La roue tourne et je m’en vais.
- À la voie 4, tu ne peux ranger que deux fois deux engins ?
- Je te fais le Must mais tu me le devras.
- Il faut vigiler l’Aubrac.
- On va attendre la PS comme l’espoir.
- Attention, ça génère de la PHQ !
- On coupe à Narbonne.
- On force à Nîmes.
- Tu penses pas qu’il vaut mieux le laisser ouvert le 250 demain ?
- Vérifie tous les A4 pour les Grau-du-Roi.
- Première porte de queue, côté mer.
- À partir de Béziers, ils sont deux dessus.
- La patte cassée : on fait le 206 dessus.
- On fait Avignon en US.
- On fait des intermédiaires ou pas ?
- En opérationnel, on renforce pas ça.

16h03 #AuBureau
  • 5.7.19

Histoire de bureau

On raconte des histoires de bureau,
quelques blagues dont on prend
plaisir à resucer le souvenir,
juste des sourires pour s’offrir
une pause dans la journée.

Tout le monde connaît la chute,
certains même la révèle avant la fin.
Ça rajoute un sourire aux sourires.
Il nous plaît de rire de nous-mêmes,
d’oublier pourquoi on est encore là.

16h38 #AuBureau
  • 4.7.19

S'abonner par email