Les corps se tordent

16h04
 
Les corps se tordent sur les chaises,
chacun cherche à dompter son inconfort.

Les voix montent puis redescendent,
les torses dans le même mouvement.

On attend l’incident la rupture
qui va délier nos gestes.
  • 9.6.21

Si on était bons

15h55
 
La journée a des couleurs changeantes. Le soleil court autour de la pièce comme s’il voulait tour à tour poser son faisceau sur un poste, une personne, un écran. Chacun a droit à son problème de réverbération, puis de scintillement de l’écran à l’œil, de l’œil à l’écran.
Gloire à mon collègue d’en face que la lumière aiguë coiffe d’une sorte d’auréole juste au moment où, agacé par une erreur de production qui lui saute aux yeux, il se lève d’un seul bond. Mi-ange, mi-démon, du sang sous les paupières, les bras levés au-dessus des bureaux, il souffle sa colère à toute l’équipe surprise par sa saute d’humeur.
Le ciel bascule, l’ombre mange la lumière, les têtes plongent sous les écrans et on entend monter depuis une autre pièce attenante une voix sereine et claire : « Du calme, si on était bons, on ne serait pas là. »
  • 9.6.21

Hors-champ

Sur la palissade un peu de vert vif se découvre, le lilas fleurit rose et léger tandis que le chat mâche quelques mèches d’herbes grasses.

Il faudrait une palette de couleurs plus large pour décrire le tableau, s’inventer peintre impressionniste. 

Rien ne rendrait plus brouillon qu’un sonnet bien taillé tant l’incertitude fourmille, tant le chat, l’herbe et le lilas semblent vivre hors-champ.
  • 5.6.21

Parution de « Les heures creusent » aux @EditionsDuCygne

Heureux de vous annoncer la parution de mon nouveau recueil aux éditions du Cygne : Les heures creusent . Si on le retourne, on peut lire :...