Un retour sur la digue

image Comme une muse, une maîtresse à laquelle je fais régulièrement des infidélités, elle revient dans ma vie éclairer la fin de ma vacance. Je suis plus que jamais prés de moi. Je me touche si bien que je me heurte à mes contradictions sociales empiriques.

Ce soir là, sur la digue, tout était propice au romantisme liminaire. La mer, la pleine lune et son reflet sur les eaux, du champagne, un homme, une femme, chabada, bada… Bada… boum !

Assis sur un rocher inconfortable, nous refaisions nos vies comme on égrène un feuilleton sans fin. L’absence cruelle de scénarii ne manquait pas de nous rappeler le revers pathétique de nos frasques émotionnelles. Mais nous étions bien dans cet éphémère espoir de se comprendre, de se communiquer le fil conducteur de nos personnalités.

Le champagne aidant, le rocher était plus seyant. Les paroles s’élevaient, les sourires se dessinaient et la lune perdait de sa rondeur. Le voile sur nos yeux nous emportait vers un corps à corps bienfaiteur. Le mélange exquis de nos stigmates, la douceur particulière de nos contradictions et le silence opportun de la nuit avaient eu raison de nos propos rationnels.

La bouteille vide, les verres manquant se briser, nos ombres dans une étincelle jouissive éclataient alors en feu d’artifice d’une concordance étonnante. Une retombée sur terre, les bouches pâteuses et les visages fatigués, je savais qu’était terminée l’oraison passionnée d’une semaine en été.

Je me retournais vers la digue, celle qui se charge de me souvenir. La lune me faisait de l’œil. La mer m’envoyait ses embruns. Je reconnaissais l’outrageux. « Je lui ai dit », me surprenais-je à murmurer dans le vide.