Je ne lis pas

image Je suis interpellé sur le n’arf II par Homer pour relayer une nouvelle chaîne. Celle-ci consiste à citer nos cinq auteurs féminins favoris et expliquer bien évidemment pourquoi. Je suis bien contrarié car je ne lis pas.

Diantre, fichtre, horreur et damnation, je ne lis pas !

Je suis souvent apostrophé par des lecteurs invétérés qui ne comprennent pourquoi je ne lis pas. Je n’ai jamais été attiré par la lecture gloutonne d’ouvrages littéraires. Je suis le premier étonné car j’aime les mots. J’aime leur sonorité, leur joliesse, leur orthographe, leur double sens parfois. La langue française est tellement riche qu’on ne finit jamais de découvrir de nouveaux jolis mots, expressions didactiques ou tournures de phrases philosophiques.

Alors, pourquoi je ne lis pas ?

Jamais dans ma vie, je n’en ai éprouvé le besoin. Un manque de curiosité dans mes premières années a certainement contribué à me détourner des livres. Ma famille, très peu lectrice, ne m’a pas ouvert à la découverte des auteurs, ne m’a pas plongé dans cette richesse d’esprit que j’entraperçois souvent dans mes lectures virtuelles. Pour rester pragmatique, ma fainéantise reste la cause principale de mon ignorance littéraire. Les pavés volumineux aux centaines de pages m’ont toujours effrayé. De nature versatile et papillonnante, me plonger dans une histoire longue au risque non négligeable d’ennui profond me rebute définitivement.

Pourtant je lis de plus en plus.

A défaut de connaître mes auteurs contemporains, je vous lis vous, blogueurs littéraires ou assimilés. Le média blog est adapté à mon mode de lecture rapide et souple. Alors, je déguste avec plaisir vos billets courts, d’une cinquantaine de lignes maximum, vos histoires, vos tranches de vie, vos nouvelles. Je peux ainsi sauter de lignes en lignes, de liens en liens. Cette lecture là ne m’impressionne pas, ne me fatigue pas. Bien sur, ce sont rarement de grands écrivains. La pensée n’est pas toujours profonde. Les idées sont décousues, les syntaxes approximatives et l’orthographe parfois vacillante. Il me plait cependant par ces mots de sentir battre la vie dans un espace temps restreint où la prise directe avec l’auteur se fait entière.

Alors, en guise d’auteurs féminins, je ne citerai pas des écrivaines publiées mais des blogueuses de talents :

  • Zoridae : Bien qu’elle soit, elle, publiée, ses nouvelles sont des perles.
  • Elle-c-dit : Son écriture est le reflet de sa vie, authentique.
  • Anna : Quand elle écrit, c’est un uppercut émotionnel.
  • Isa : Sa série de billets sur les senteurs m’a emporté.
  • Sylvie : Son quotidien ressemble souvent au mien.
C'est une grave erreur que de parler d'écriture féminine ou masculine. Il n'y a que des écritures tout court et plus elles sont androgynes mieux ça vaut. Nathalie Sarraute