Le baiser de la gare d'Orléans - #VasesCommunicants

C'est là que tout a commencé et ça s'est fini, par un baiser. Une erreur, un élan, un soupçon de baiser au coin des lèvres, à gauche de la bouche, inerte, prise par surprise. Adieu, je t'ai vu ! Au revoir Monsieur, on ne se reverra plus. Vous m'avez parlé tout au long du voyage, c'était certainement passionnant, et pendant ce temps là, moi je guette la bouche qui remue, sourit, avec des plis qui remontent vers des yeux bruns.

J'en reviens toujours à la bouche, elle a l'air douce, elle sourit souvent, elle m'attire en parlant. Tant pis, je descends au prochain arrêt, gare d'Orléans C'est maintenant. Le train ralentit, grince, s'arrête. J'approche vite ma bouche de cette bouche bavarde qui ne sait pas que je m'enfuis déjà. C'est vrai qu'elle est douce. Le bruit des mots s'interrompt, l'homme est saisi. Je le frôle en descendant, je murmure "au revoir" pour la forme, je m'échappe et saute sur le quai, mon sac sur le dos, les cheveux défaits, la mèche rebelle en travers du visage. Je ris en courant vers l'escalator, je ne me retourne pas. Le rouge a envahi mes joues. J'ai l'impression d'avoir fait un bon coup, une bêtise innocente.

J'en avais envie ! Voilà, mais une envie à un point ! Impossible de se retenir. Je suis ravie. J'avais tout juste 18 ans. Et c'est vrai, jusqu'à ce que le train ralentisse, grince et s'arrête... Je suis juste descendue gare d'Orléans en rêvant de l'embrasser et de m'enfuir. C'est chose faite !

Ce billet a été rédigé par elle-c-dit que je reçois aujourd’hui dans le cadre des vases communicants. Vous pouvez suivre ce chemin pour aller lire mon billet publié chez elle.

Voici la liste des autres participants à ces Vases Communicants de janvier :
Futiles et graves (Anthony Poiraudeau) et Paumée (Brigitte Célérier), Tiers Livre (François Bon) et Ce métier de dormir (Marc Pautrel), Petite Racine (Cécile Portier) et Abadôn(Michèle Dujardin), Tentatives (Christine Jeanney) et Enfantissages (Juliette Zara), C’était demain (Dominique Boudou) et Biffures chroniques (Anna de Sandre), Terres… (Daniel Bourrion) et Journal Contretemps (Arnaud Maïsetti), Le blog à Luc (Luc Lamy) et Frédérique Martin, Liminaire(Pierre Ménard) et Jours ouvrables (Jean Prod’hom), Pendant le weekend (Hélène Clémente) et Oreille culinaire (Isabelle Rozenbaum), Les beautés de Montréal (Pierre Chantelois) et L’Oeil ne se voit pas lui-même (Hervé Jeanney)

23 commentaires:

  1. Pourquoi ça ne m'arrive jamais des trucs comme çà?

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  2. ben... faut prendre le train pour Orléans. :)

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  3. vous manquiez à mon tour d'horizon tous les deux - à ma promenade dans ce grand cru (2010 aura eu au moins cela de bien)

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  4. Un baiser volé, quelle bonne idée ! Il a dû y penser tout le reste du voyage.

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  5. Brigetoun > Je n'ai fait que survoler pour l'instant. J'irai vous lire plus calmement demain. :)

    Fred > Le goût de l'imaginaire en plus. :)

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  6. C' était une bonne idée ! Mais un seul baiser, aussi bref, ne m' aurait pas suffi ! ^^

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  7. Belle et heureuse année 2010, m' sieur !

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  8. Oui H., une envie d'en avoir plus hein? :)

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  9. allez le n'arf,
    fais-nous pousser du VERT

    -O)

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  10. Baiser volé, baiser unique, inoubliable ...le plus beau des baisers, celui qui aurait pu dans l'esprit ouvrir des horizons rares. Ces horizons sont restés imprimés en transparence jusqu'à ce jour et sans doute encore après.
    Imaginez que le volé soit devenu blogueur et retrouve ici un pan nostalgique de sa jeunesse ...et que le baiser tel le phénix renaisse de ses propres cendres sur vos commissures respectives ...

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  11. Rôôôlala... Ce "vase" me rappelle que j'ai déjà pris un train de nuit bien plus osé que celui-là!
    Ce baiser en fleur est bien plus doux et lumineux que les wagons couchettes!
    C'est chou..
    :)

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  12. Ca me fait penser à la chanson "les passantes" chantée par Brassens.. En plus osé...:)

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  13. Saravati > très joli commentaire, merci pour elle :)

    Dési > oh oh ! ben raconte ! :)

    Anthony > Elle appréciera ! ;-)

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  14. J'avais fait pareille, mais c'était sur un bateau...
    Un baiser, un seul H., car le mystère est souvent bien plus beau que la réalité.
    Sachons le garder.
    Bravo Colombine, petite flamme flamboyante.

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  15. j'me rends compte
    que je passe peu ici ...

    finalement
    blogspot me permet de poster rapide
    mais y a un truc qui me plaît bof !

    n'empêche ...
    j'voulais que tu saches que ...

    vala

    takadékoder

    -O))

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  16. Cat > Ah le bateau, faut faire gaffe quand tu descend quand même la tête plein de baisers imaginaires. :)

    Mr M > Je décode m'sieu l'indécis congénital. Tu passes quand tu veux et où tu veux. t'as vu, c'est simple. :)

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  17. Phlippe--> Y'a qu'à !! :) Juste un brin d'espièglerie...

    Brigetoun--> l'occasion de se croiser pour la première fois.. J'irai lire...

    Frédérique--> je pense que oui... :) ça m'a émoustillée quelques jours..

    H--> Gourmand et exigeant !! mes meilleurs voeux M. H pour cette nouvelle année bleue...

    M.M--> La belle année à toi !

    Saravati--> Comment savoir ? Je ne connais même pas son nom.. :)
    Merci pour ton joli commentaire...

    Désidérata--> Espiègle, comme tes bijoux.. :)

    Anthony--> ça laisse un gout de fraise tagada...

    Cat'--> Ô MON BATEAU !!! Bises douces

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  18. Et si l'arrêt avait été brusque et qu'Arf eusse manqué les lèvres convoitées...

    SNAKE

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  19. Snake > il aurait raté quelque chose. Ceci dit, je n'étais pas dans le train.

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  20. un genre de fantasme semi- assouvi
    un instant d grâce

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