L’infini des mots

image Le rouage, le pliage ou l’effleurage. Alambiqués, nébuleux, ou déliés. Tourner, retourner. Les mots bifurquent, me lorgnent du haut de leurs ambages. Je me détourne. Surtout ne pas les prendre au pied de la lettre. Souffler. Arrêter. Déposséder. Me voilà en proie à l’insurrection des mots. Mes doigts déroulent sur le clavier la parole qui se voudrait d’autres. Un personnage, des personnages. Et pourtant, ils me spolient, ces mots polis. A l’intérieur, enchaînés à mes synapses, c’est bien une partie de moi qui se dévoile. Mon histoire, mon vécu piégé dans le prisme de l'imagination. Romancés, magnifiés, leurs détours et contours ne mentent pas. Je les vois s’agiter sur l’écran tels des révélateurs d’un inconscient à peine voilé.

Que faire ? Rien. Je laisse tourbillonner la danse des phalanges sur les périphériques de mon entrée en scène. Azerty bien averti. L’écran blanc nacré noircit et dessine ma feuille virtuelle. Les autres, elle, et moi. Leurs pages, mes pages. Tourner, retourner. Et laisser faire l’infini des mots.

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21 commentaires:

  1. Incroyablement bien exprimé !! On saisit le tumulte, les croisements alambiqués des émotions contradictoires, celles qu'on voudrait cacher qu'on voudrait détourner, nuancer, transformer et qui surprennent en arrivant déguisées au bal masqué...
    Merci pour les liens, le lien.

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  2. Billet qui se lit tout vite comme une valse des mots...
    Joliment racontée la belle histoire de nos histoires de mots.

    Bises à toi et à elle...c'est dit!

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  3. ... des billets qui se croisent, et qui à mon sens se completent, pour nous entainer dans une suite de "maux" magique...

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  4. c'est une pensée poétiquement déliée
    :)

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  5. Colombine > Et oui c'est ça ! Et c'est dans ces moments là que je me dis que je suis toujours plus prés du blogueur que du conteur d'histoire. :)

    Epamin' > Merci. Bises too :)

    Youssef > pas nécessairement des mots-maux. Juste le besoin de dire, d'écrire, de rendre joli. ;-)

    Homer > Oui, hein? :)

    Mu LM > voilà c'est ça. Délier les courbes pour se prendre pour un "poète" de la vie. ;)

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  6. Je n'ai jamais su faire des ambages réglementaires : trop hauts ou trop courts.

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  7. Cela me fait penser à un dessin animé avec Mickey : "L'apprenti sorcier." il ne manque plus que le scherzo symphonique de Paul Dukas !

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  8. Manue > Oui mais c'est trou blanc souvent (comme dirait le M.)

    Anna > moi non plus, j'suis pas un sportif du verbe, faut dire.

    Snake > Alors ça ! Un Mickey ! beuh... :-/

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  9. C'est comme une sorte de fièvre qui s'applique à toute création je crois.
    Un emportement.

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  10. ben ne pensons plus
    si LE neurone est vidé -O)

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  11. juste pour dire "merci"

    j'ai bien aimé
    le blog de Anne-Charlotte Chéron
    collé sur ton fb

    -O))

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  12. Oui hein? elle me parle bien aussi la Anne Charlotte là ! :)

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  13. t'es un as des jolies découvertes -O)

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  14. Vous devriez essayer le Verbier de Michel Volkovitch. C'est le Gibi qui me l'a fait découvrir voici quelques années et je ne m'en lasse pas.
    http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/volkovitch-michel/verbier-herbier-verbal,565633.aspx

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  15. Merci Frédérique, vais voir ça. :)

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  16. quand le démon des mots se met en démo et exprime des maux , on en est tout émo_tionné

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