Aérien

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Aérien. Je me sens aérien ce matin, libre de tout mouvement à tel point que je m’autorise à ne pas en faire. Ne pas bouger surtout, laisser le jour s’ouvrir tout seul. Alors je ‘grasse-matine’, d’idées éthérées en gestes chassés. Mon lit est le théâtre de cette nonchalance matineuse. Mes mains rejoignent ma nuque, s’assemblent, s’écartent, jouent de leurs doigts pour délier mes pensées et les yeux mi-clos, je continue à rêver éveillé. Par la fenêtre de ma chambre, un entrefilet de vie, celle qui éclot pour les vaillants qui ont brisé leur nuit. Moi, je le regarde ce jour, ne le prend pas comme il vient, je le laisse réchauffer les braves qui en ont tant besoin. Mes pieds se découvrent d’un roulis imprécis excités par des orteils recroquevillés qui veulent garder le chaud de la couche. Tout mon corps se relâche et défie l’aube qui perce de me sortir de cette flemme.

D’un étirement camarade, l’alangui retombe dans les draps. Je pivote, plonge ma face creusée dans l’oreiller et referme des yeux qui ne luttent plus contre l’ouverture du jour. Bleu. Patiné de bleu. Céleste en somme pour un réveil aérien. M’éloigner du gris quotidien que je sursois et dans cette échappée, retrouver l’azur naturel du ciel. C’est dans cet esprit que désormais mes idées fumeuses vagabondent. Je crois bien que je rêve à nouveau. Je vole même, c’est incroyable ! Je ne sens plus mon poids peser sur le lit, je m’élève, virevolte dans des spirales bleutées tout en accaparant ma conscience à retenir ce moment de plénitude. Variation d’altitude, je redescends gorgé de ciel, rase le sol, file entre les pièces de la maison laissant une traînée bleutée qui marque les courbes de mon parcours. A une vitesse vertigineuse, je survole mon lit vide et passe par la fenêtre pour enfin atterrir nu comme un ver sur la terrasse. Devant moi, un stylo à plume bleue, une table de jardin aux reflets cobalt, une tasse de café chaud avec un nuage de lait et une page vierge comme un drap blanc. Ce matin, je vais écrire mes rêves.

Ce texte est ma participation au jeu d'écriture n°4 du blog à mille mains. Le principe du jeu est simple : à partir de cette photo, chacun(e) écrit un texte et le publie sur son blog. La seule contrainte est de s'inspirer de cette photo. Les textes peuvent prendre la forme, le style, la longueur que vous souhaitez. J’invite Colombine, la citadine, Epamin’, Murièle et tous les autres qui le souhaitent à lâcher leur prose ! :)

Illustation : Thé Citron

23 commentaires:

  1. C'est mis en ligne. Bon courage pour la lecture : il y a 62 autres textes que le tien de publier au moment où je tape ce com' !

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  2. Ah oui, 62 quand même ! Quel succès ! :)

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  3. Un thé au citron sans sucre s'il vous plait ! :)
    ça se sent que tu grasse-matines souvent ! :)

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  4. - Allo, Docteur, ici la Noiraude ! :)

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  5. Cortisone > j'espère bien ! :)

    Colombine > Beuh, je grasse-matine de moins en mois mais je sais pas pourquoi je sens que ça va me reprendre ! Sinon, qu'est ce qui ne va pas encore la Noiraude ?

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  6. Plus qu'aérien, il est planant ce billet.
    Du thé au citron d'un côté, du café au lait de l'autre... Quelqu'un se lancera-t-il dans la tisane ?
    Cette transition du gris au bleu est divine.

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  7. Ben tiens, Cat, tu nous prépares un texte à base d'infusions zen ? :)

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  8. j'aime cette sortie de la morne quotidienneté et les mots qui la mènent - me sens un peu misérable avec ma pirouette (prête, en ligne pour demain- - tant pis, suis moins aérienne - vais faire des efforts

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  9. Elle est pas belle, la vie ainsi ?

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  10. Oups ! Le texte est sorti mais il a plutôt le poids du marc laissé au fond d'une tasse de café...
    Faut bien lester ceux qui s'envolent pour ne pas les perdre.

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  11. Brigetoun > faut arrêter cette dévalorisation. Suis sûr qu'il est très bien ce texte-pirouette ! :) Merci.

    Co-errante > ben tiens, un peu, mon n'veu ! :)

    Cat > héhé, vais lire :)

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  12. Quel bel éloge de la paresse, pour un jeu d'écriture qui attire manifestement les vaillants comme le pollen, les abeilles!

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  13. Grosse fatigue poétique..:)))

    SNAKE

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  14. Le coucou > Oui ! Impressionnant comment les deux taulières fédèrent les foules sur ce blog à mille mains !

    Snake > c'est ça ! pile poil (dans la main) ! :)

    Cortisone > hop, vais voir ! ;)

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  15. ton texte est chouette !
    et aaaargh tu m'avais invitée...

    bon la photo m'inspire moyennement...
    mais une invitation ne se refusant pas, je vais me creuser la tête...

    de toute façon, j'aime la contrainte (en littérature s'entend, les oulipiens etc. va pas imaginer autre chose ;)

    mais y a pas de date limite j'espère... en ce moment entre le boulot, les pious pious, et mu pouet pouet... ;)
    bonne nuit cher arf

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  16. une envolée matinale qui prend des airs de décorporation.. astralement beau !

    bizz'Arf..

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  17. Mu > Date limite pour le blog à mille mains : 20/05 mais si tu n'as pas le temps avant, c'est pas bien grave... Pour les contraintes, mais qu'est ce que tu veux que j'imagine ? :))

    Babel > astralement ! mazette ! Et tu peux aussi mettre ton grain de poétesse sur la feuille blanche si tu veux ? biz'bab' :)

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  18. Wouah, il faudra me donner la recette !
    Mais écrire ses rêves, c'est un travail de longue haleine et pour cela, il faut se lever tôt !
    Contradiction de contradiction !

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  19. Écrire ou rêver, il faudrait donc choisir. Merci de votre passage ici.

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  20. Hélas, hélas, deux de mes textes ayant été mis en ligne par les animatrices, puis retirés, aucun de mes commentaires ne passant plus le barrage de la modération, je crains que le Blog à 1000 mains ne soit pas tout à fait ce grand rassemblement communautaire d’auteurs et de texte dont vous vous félicitez, mais un endroit où des textes et des auteurs peuvent être censurés sans qu’on use de la plus élémentaire des politesses, consistant à les en informer ni qu’on connaisse les raisons de cette censure. Les détails sur mon carnet.
    Jimidi

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  21. Le commentateur aigri et venimeux qui signe JIMIDI est tout simplement en train d'inonder le web, depuis ce matin, avec le message dont tu as un spécimen ci-dessus, sous prétexte d'informer (??) les autres auteurs du Jeu à 1000 mains de sa mésaventure. Il veut surtout porter le discrédit sur les responsables du jeu. Il m’accuse aussi d’être l’instigatrice de cette triste histoire.

    A la fin de la journée, il aura distribué ce même message sur les blogs de tous les auteurs qui ont participé aux jeux. Le mieux est de n’y prêter aucune attention et j'espère bien te retrouver sur les 1000 mains en juin pour une nouvelle aventure d’écriture.

    Bon dimanche

    Lise
    http://lise2cc.wordpress.com

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