Ronde lumière

image Je reste spectateur du vacarme du monde, lui qui va trop vite, me double, m’oublie, passe dans un trouble sans m’apercevoir. Contre, je lutte, en apnée, souffle intérieur de moi, extérieur des autres, évite le couloir sans fin des vents de l’univers. Point d’exaltation, je me protège, esquive les pluies, démystifie le flou et me drape des ombres qui vacillent. Trop près, trop loin, courte vue, longue distance, je ne suis plus d’eux, me dresse, oppose l'intuition au malaise. Hostilité sous cape, je me crée la paix du dedans.

Le temps expire, il n’est plus, et je respire, me sépare, inspire une autre temporalité. Mouvement plus lent, centré sur l’humain, philanthrope en chiffons, je fais front. Large, regard vers l’ailleurs, derrière moi le combat, la vitesse, le pouvoir, arrière garde de mon histoire. Déploiement du corps, je me libère, accroît les possibles sur des champs nouveaux, affranchi de l’agitation des plus grands. Droit devant, visage intense de la vie, je laisse les fossiles à la nuit, lisse mon crâne et plonge vers la ronde lumière.

Atelier d’écriture #2 de Juliette Mezenc : Ecrire à partir d'une image en s'interdisant de la décrire. Texte publié initialement sur son blog dans le cadre des vases communicants du mois de novembre.

4 commentaires:

  1. Superbe! Le livre de votre sagesse? un extrait? " ... philanthrope en chiffons..." Tout le texte à citer ici... Merci!

    RépondreSupprimer
  2. "derrière moi le combat, la vitesse, le pouvoir, arrière garde de mon histoire." Ah quelle belle perspective, tout ce fatras évanoui.

    RépondreSupprimer
  3. Mots et photo en noir et blanc, qui éclairent le sujet, néanmoins.

    RépondreSupprimer
  4. Depluloin > Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé serait farfelue, lulu ! :)

    Zoé > oui hein, si on pouvait...

    Co errante > Merci.

    RépondreSupprimer