Lumières vives

image La ville s’empourpre de lumières vives sur le vert pastiche des arbres en plastique. Et comme chaque année, moi, je prends la tangente, je freine, je fixe les petites lampes qui me flouent. J’envoie des sondes au passé retrouver les émotions enfantines. Mais rien, ou si peu, du candide de croire à celui aujourd’hui de feindre. Pourtant, les odeurs de marrons chauds et les rieurs dans les allées me font tant de bien.

Et dans la ville, à la faveur de la nuit, une fois au moins, écouter les chansonnettes en dépit des enseignes qui saignent aux quatre veines ma résistance à consommer. Je ronge mon frein sur la chute inconsciente d’après l’agitation. L’angoisse de la fin et celle du renouveau, le cœur manque au tourment. Confusion. Je rôde, m’agrippe à la foule fardée, puis je lâche, me laisse aller aux sirènes. Il sera assez tôt demain d’atterrir, de me dire que c’est fini jusqu’à l’an prochain.

13 commentaires:

  1. ma recette anti déprime de Noël : trouver fort d'avoir fait un sapin, rester ici, son odeur quand même de forêt, des loupiotes qui ne clignotent PAS mais toujours allumées, du thé ... descendre parfois la nuit pour n'importe quoi et goûter aux mystères des petites lueurs (réminiscences) en passant et surtout se tenir loin. Loin de la foule. Ainsi retrouver l'effleurement un peu et l'énergie pour sembler "dans le bain". S'y laisser porter, sans résistance puisque ...

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  2. Pas mal ta technique Kouki, tu m'as presque donné envie de faire le sapin...

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  3. Ah, oui les marrons chauds, une des odeurs émouvantes de la ville et un des derniers "petits métiers" encore vivant. Pour le sapin, tous les ans, je dis c'est le dernier. Et je viens de craquer : il attend ses guirlandes.

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  4. Noël ne me dérange pas tant que ça, mais je compatis.

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  5. "La foule fardée"...

    Je crois que je vais finir par investir dans un sapin en plastique prêt à l'emploi - et se referme comme un parapluie. Très écolo!

    J'allais dire que ce sont les enfants qui font Noël mais je crois que je ne vous apprendrai rien...

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  6. J'aime ! c'est tout !
    la ville catin, les vitrines décolletées, la dépression masquée
    Noël c'est moche !

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  7. Zoé > Oui, je crois que je vais craquer aussi.... ;)

    Philippe > oui ben moi ça me file le bourdon que veux-tu !

    Depluloin > C'est bien eux qui me font encore le célébrer bien sûr.

    Madame de K > la dépression masquée voilà, c'est exactement ça ! Vivement l'épiphanie !

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  8. Dito Madame de K. et salut au passage !

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  9. Je n'aime pas les fêtes, elles furent à une époque des moments de tristesse ou de conflits. Mais l'ambiance qui règne dans les rues, la musique, les lumières, ce commerçant qui distribue de la soupe aux passants ...un petit peu de chaud au coeur que vous rendrez si bien. Et ce combat pour la consommation modérée, c'est le mien aussi depuis des années ...

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  10. Je n'ai pas de recette contre ce genre de déprime, juste faire avec cette drôle de fête. C'est terriblement chiant, Noël. Mais un an dans l'autre, on arrive à croire un moment qu'on est gai, hein!

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  11. Sylvaine > Et bonjour au re-passage. Merci.

    Saravati > oui, on peut aussi s'y laisser aller mais bon...

    Le coucou > Oh oui, la gaieté est plus simple hors période de fêtes, me semble-t-il. :)

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  12. Eh oui ! On est nombreux à pas aimer le clinquant de noël. Heureusement qu'on n'est pas obligés d'attendre les fêtes pour boire.

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  13. Oui, c'est ça Dominique, bon 20 décembre et à la vôtre. :)

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