Ballade

image Se balader en campagne, le week-end, avec elle et ses amies. Un copain et moi traînons la savate quelques dizaines de mètres en arrière, manquant avec nos petites jambes un pas sur trois des mamans aux pieds lestes et au bavardage continu. Dans les chemins escarpés qui grimpent la colline, les perdre de vue derrière un tournant et déclencher un cri aigu de ralliement pour nous rameuter. En écho dans la vallée, écouter réjouis le cri se démultiplier en graves sommations. Et faussement haletants, courir en riant pour rejoindre le groupe.

Après le sermon, aussi sages que possible, tenir la marche en grandes enjambées, nous caler avec peine sur leurs pas. Peu à peu, perdre encore la distance et les voir s’éloigner jacassant sur le chemin serpentin. Disparues à nouveau derrière une courbe, se cacher dans le fossé, rires étouffés dans l’herbe et attendre l’appel des mamans. Serrés l’un contre l’autre, échanger notre espièglerie tout en retenant notre souffle. Et le silence, trop long silence simplement interrompu par le pépiement des oiseaux. Nos visages qui se plissent, nos doigts qui roulent le bas des pantalons tâchés de vert par l’herbe humide. Attendre mais en avoir marre d’attendre. Aucun retour, aucun bruit, aucun pas bavard ne revient sur les nôtres. La blague ne marche pas, elles, oui. Elles continuent leur chemin sans nous prêter attention.

Alors, sortir du fossé et de la mauvaise plaisanterie, le rire éteint, la trouille sur le jour qui baisse et courir loin devant.

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9 commentaires:

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  2. bien fait sales gosses (euh.. quoique... me souviens, c'était pas drôle du tout cet abandon)

    j'avais oublié une lettre dans ma première version

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  3. Un moment d'égarement, une hésitation et la certitude de la trouille. Que de souvenirs. Joli !

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  4. "la blague ne marche pas, elles oui". Je vois tout le tableau. Tu sais bien le faire :)

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  5. Une fois, j'ai fait l'inverse. me suis planquée pour voir la panique de mon gamin (3 ans) et surgir au moment où la plaisanterie aurait été saumâtre et lui tranquille, regardant le spectacle du monde (dans un parc) sans être plus soucieux que ça. Au bout d'un moment, bon, on reprend la promenade.

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  6. Brigetoun > oui hein l'arroseur arrosé, c'est jamais drôle

    Cat > la trouille de l'abandon. On avait beau faire les gaillards, dans ces cas là, on en menait pas large :)

    Kouki > j'ai hésité à la faire celle-là. Un peu facile mais bon...

    Zoé > dans ce sens, on s'aperçoit combien nos peurs de parents ne sont pas toujours partagées. Vous avez un rêveur là ! :)

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  7. Blagues et trouilles de gosses bien rendues. Sont pas drôles, les grands. :-)

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  8. et ce vert en bas du pantalon qu'il va falloir détacher... elle va marcher là? :)

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  9. co errante > nan, hein, même pas y veulent jouer à cache-cache :)

    aléna > héhé, oui mais bientôt le pantalon sera trop petit et on en changera :)

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