Autrefois tourner le dos #VasesCommunicants

imagePhoto : louise imagine

Autrefois tourner le dos et traverser la cour de récréation suffisait...

Maintenant, tourner le dos ne suffit plus. La cour de récréation a disparu. On ne se livre plus au jeu. Non! On ne joue plus. On joue un rôle. Être l'interprète du jeu que je compose à chaque instant. N'être plus que l'acteur d'un moi qui se forme et se déforme par le regard des autres et l'appartenance à la meute.

Rester droit comme un "i" et poser son regard, sans se mouvoir, tout en maîtrisant ses sourires et sa respiration. Affronter sans rechigner, ni tordre l'échine, voilà ce qu'adulte veut dire. "adolescere"' grandir. Sommes-nous devenus grands? Sommes-nous si grands que nous en oublions d'être pertinents? Je ne grandis plus, je m'altère et ne me reforme plus. Je n'ai à aucun moment aspiré à être l'adulte mais je me suis retrouvé avalé et embrigadé dans un univers peuplé de ces personnages. Ils sont si fiers d'être parvenus à Être, cet adulte qui maintenant regarde avec convoitise et condescendance son enfance passée ou l'enfance de sa progéniture. Je suis heureux pour eux. C'est un triomphe sans doute honorable de quitter son état d'enfant. Comme si atteindre le début de la décrépitude s'accompagnait d'une délectation profonde qui se suffirait à elle-même pour donner un sens à une vie.

Les rêves d'enfant ne sont pas ambitieux, ils sont merveilleux. Ils se situent un ou deux échelons plus haut que nos espérances ou visées. Ils ne sont d'ailleurs pas dans le registre de l'objectif à atteindre. Ils se positionnent uniquement dans la création. La création d'un monde nouveau, assurément meilleur. L'inexplicable magie des jeux imaginés dans les cours d'école qui nous transportaient dans un monde parallèle et que l'on retrouvait à n'importe quel moment, au retentissement d'une cloche ou sur un simple claquement de doigt. L'évasion, le passage d'une âme à un autre. La capacité à se débarrasser des gardes chiourmes qui oppressent.

Et l'oiseau se posa sur mon bras...

Ce billet a été rédigé par Xavier Fisselier que vous pouvez lire sur son blog comprenant notamment une série de billets intitulée “mn : mauvaises nouvelles” à ne pas rater. Je reçois son texte aujourd’hui dans le cadre des vases communicants et il reçoit le mien ici.

Et voici la liste des autres participants à ces vases communicants de février :

Laurent Margantin et Daniel Bourrion
Christine Jeanney et Anita Navarrete-Berbel
Maryse Hache et Piero Cohen-Hadria
Samuel Dixneuf et Michel Brosseau
Chez Jeannne et Leroy K. May
Estelle Ogier et Joachim Séné
François Bon et Christophe Grossi
Cécile Portier et Anthony Poiraudeau
Amande Roussin et Benoit Vincent
Marianne Jaeglé et Franck Queyraud
Juliette Mézenc et Jean Prod'hom
Candice Nguyen et Pierre Ménard
Nolwenn Euzen et Landry Jutier
Leila Zhour et Dominique Autrou
Clara Lamireau et Michel Volkovitch
Joye et Brigitte Célérier
Clara Lamireau et Michel Volkovitch
Claude Favre (quelque part sur le web) et Jean-Marc Undriener

4 commentaires:

  1. Encore merci Christophe de m'avoir ouvert les portes de ton si bel espace, et merci encore d'avoir laissé tes mots chez moi. Je les trouve si bien choisis et en résonance parfaite avec l'ambiance qui y règne. Merci Christophe. .)

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  2. des mots justes qui vibrent comme une onde sur l'eau ! heureusement l'oiseau est là !

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  3. "Rester droit comme un "i" et poser son regard, sans se mouvoir, tout en maîtrisant ses sourires et sa respiration. Affronter sans rechigner, ni tordre l'échine, voilà ce qu'adulte veut dire."
    Pas d'accord.
    Voilà ce qu'on t'a dit de devenir mais notre devenir ne regarde que nous et les couil... que nous avons ou pas pour y aller. Tu te rebelles, c'est déjà ça, c'est déjà ça .o)

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  4. Merci à vous pour vos commentaires. Pardonnez-moi seulement ma réponse si tardive. Heureux de vous lire, simplement. Merci .)

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