Petit roi de Cuba #VasesCommunicants

laissés à la terrasse
les cliquetis des grands
des briquets
des gourmettes
des cuillères à café
et là haut la caverne
sous le toit brûlant d’août
on montait interdits
satins rose trépassé
escarpins popelines
livres obèses muets
cris figé à des bustes
masques nègres
gui sous cloche
madonnes
pistolets
et les guêpes aux lucarnes
toi
tu t’en foutais
à sucer ton Yéti
poussant l’haleine verte
Marjorette aux boudins
bagués de Cohibas
ton épi un soleil
j’y comptais

et là
il pleut






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“Petit roi de Cuba” a été rédigé par Kouki Rossi dans le cadre des vases communicants. Vous pouvez la suivre sur son blog Koukistories sur lequel elle accueille aujourd’hui mon négus.

Et voici la liste des autres participants à ces vases communicants de mai :

G@rp et Franck Thomas
Maryse Hache et Jérôme Wurtz
Joachim Séné et Guillaume Vissac
Louise Imagine et KMS
Christopher Selac et Pierre Ménard
Isabelle Butterlin et conte de Suzanne
Franck Queyraud et Christophe Grossi
Piero Cohen-Hadria et Dominique Hasselmann
Daniel Bourrion et Anita Navarrete-Berbel
François Bon et Urbain trop urbain
Candice Nguyen et Samuel Dixneuf
Morgan Riet et Marlène Tissot
Michèle Dujardin et Jacques Bon
Murièle Modély et Vincent Motard-Avargues
Cécile Portier et Sandra Hinège
Mariane Jaeglé et Michel Sarnikov
Martine Rieffel et Brigitte Célérier

19 commentaires:

  1. c'est beau, plein d'odeurs
    quel kaléidoscope d'images

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  2. Petit roi de C(ohi)ba est très joli... Ton écriture change en ce moment... ça fait déjà un petit temps que je tenais à te le dire... Voila qui est fait... Tu as un blog ?... C'est où ?... Les murs sont quelle couleur ?

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  3. "et là haut la caverne", en supension, inaccessible.

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  4. il pleut, oui... on est vieux? bah on trouvera une autre cachette, va!

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  5. Ça sent bon le pain chaud et l'herbe coupée. Un texte où chaque mot rebondi.

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  6. @MuLM : toi qui parles couleurs et odeurs, ça me va :)
    @Luc : suis allée chez le coiffeurs, ça doit être ça :)
    @Gilbert : dans les étoiles ...
    @Isabel : thanks my dear
    @aléna : viendre, j'a trouvé !
    @Cat : oui, le pain si important, vous avez raison, merci Ca†≈ :)

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  7. temps maintenant de saluer vraiment le petit roi de Cuba, après le clin d'oeil du matin

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  8. Les « grands » s'affairent en brocantes et vides greniers à échanger des bijoux de famille, du bazar, de la pacotille, de l'antique, de la vieillerie, brader ou acheter de la mémoire, liquider ou acquérir une histoire . Ce serait un comble de ne pas braver les interdits et ne pas aller dans les combles découvrir ce qui reste à liquider, fantasmer devant le casque militaire, le pistolet du temps des colonies, les fanfreluches , les habits de grand mère...La gamine, en jupette,bagues à havanes aux doigts, a dans le cigare ,une envie qui germe. Elle est ,un brin, amoureuse,désirante. Le garçon lui ne sait pas que le plus beau trésor est à portée de ses mains, palpitant d'être cueilli. Les filles sont un peu en avance sur les garçons pour ces choses là. « Ton épi, un soleil, » la lumière la chaleur qui s'échappent, de ce vers, pleines de joyeuses espérances, est une heureuse césure.  « J'y comptais », affirme à la fois l'attente, la résolution de la gamine mais aussi, le rêve brisé. La chute immédiate « et là, il pleut » est une audacieuse ellipse, une trouvaille. Il pleut comme un pleur, sur un amour perdu mais surtout sur un temps révolu, une enfance envolée, la nostalgie des premiers émois troublants.Ce texte est construit comme une certaine lettre de G.Sand à Musset, la sensualité latente s'exprime par l'insert continu de mots à double sens , « la caverne » dans le grenier, le « toit brulant » « interdits » « le buste » « tu suçais ton yéti » « haleine verte » « ton épi un soleil ».. le blé en herbe ne demandait qu'à monter.Il n'aurait pas plu, ils se seraient plu, ce temps là ne reviendra plus. Le tître « Le petit roi de cuba » est délicieux d'exotisme, de couleurs, de sonorités, tintinnabulantes , les cohibas , lui font un joli répons. Ce titre va faire un tabac !

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  9. joli, dense et coloré comme un jouet, un monde

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  10. @Patrick : avec votre analyse je le relis autrement. N'avais pas vu le désir à ce point, mais oui. C'était entre frère et cousin et enfance envolée. Vous êtes incrédibeul :D
    frth : un jouet, joli, merci :)

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  11. @brigetoun : tu appelles ça un "petit clin d'oeil" et moi je ne sais comment tu t'y prends pour plonger dans ces piles de feuilles. Le petit roi est ravi je crois.

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  12. Et voilà encore une fois la Kouki nous pose la situation, l'ambiance, les odeurs et une chaleur sur la peau avec une économie et une précision des mots incroyables. Et puis, le "yéti" là, remembrance éclair à la première lecture. Merci pour cet échange, vraiment content d'accueillir ce texte ici.

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  13. Merci Christophe pour tes mots, et pour ton jardin qui m'a fait bê(û)cher, c'est toujours bien de "penser" écrire chez un autre, ça donne une autre couleur. On se fait un yéti ? moi ça sera au coca.

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  14. ah non Kouki le coca, il est pour moi ! Prends donc le jaune au citron synthétique qui erre au fond du freezer !

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  15. @Louise Imagine : Merci Louise, ce joli commentaire : me le garde :)
    @Christophe : Oh pétard, y a coco ? paske citron, beurk !

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  16. Très beau, Kouki, sensations sonores, visuelles, toucher, ces cliquetis, la bague du cigare, le gui sous cloche, ce foisonnement hétéroclite. Et ce qui m'a laissé pantois c'est ce "Et là / il pleut." D'habitude je suis dubitatif sur ce genre de chute mais ici elle est en équilibre avec tout ce qui précède. J'arrête sinon je vais faire concurrence à Patrick V... déjà que j'ai dithyrambé chez toi sur le texte de Christophe. Un magnifique échange.

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  17. @Gilles : ben suis j'aime bien quand tu dithyrambes ... Ce que tu dis sur le texte de Christophe est si juste. Merci de nous dire ces bonnes choses Gilles :)

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