Ce ne sont que des mains

Ce ne sont que des mains Ce ne sont que des mains qui caressent, finalement. Rien de signifiant, rien qui n’engage, que des peaux qui se frôlent, du tendre joufflu dans la paume, on n’a rien à paumer, juste à se laisser aller là dans le creux, à tricoter des histoires qui n’auront pas lieu. Ce n’est que ça, du frottement doux, des phalanges qui se parlent, du majeur à l’auriculaire, de l’entrelacement de doigts, qui se contractent les uns sur les autres, les uns dans les autres, les miens entre les tiens, et on se tient là par peur d’un lendemain qui, c’est sûr, nous dessert. On se serre encore un peu par nos bouts, de la pointe, les extrémités en soudure, pour qu’éclose une bouture de nous pour rien, sans raison, parce que ça nous fait du bien. Et quand bien même, on se lâcherait, quand bien même on desserrerait cette poignée éphémère, ça nous tiendrait encore, dans le dedans, tu sais, le dedans du dedans. Toujours ta main dans la mienne.

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