Le papier peint autour

Le papier peint autour

Au sortir du rêve, sa peau à fleurs comme le papier peint autour, au ton orangé, au contour moisi, elle a de la peine à essuyer sa nuit, drague encore son lit, s’enroule de sa couverture rêche, et dort encore un peu. D’ébats sans débat, elle ne conte plus les jours sans, le pâle sur sa rouille d’être. D’ailleurs, elle ne raconte plus rien. En a fini de tout, garde le mal au pied du lit, s’enfourne des jours et oublie, s’oublie. Il n’y a plus que le noir pour la surprendre. Les yeux feux sous ses paupières, les pensées rebelles au placard des songes, elle se pare d’univers aux contours cuivrés.

Pendant son sommeil, elle repeint les papiers, défait les murs et réinvente les angles en se jouant des règles physiques. Plus de temps, que de l’espace, elle se repasse les jours en technicolor, rit des fleurs au plafond et se claque un décor en staffs luxueux. Des couleurs en satellites, elle crée un arc-en-ciel en boucle, une existence au revers absents brodée sur l’écharpe de Vénus. A la lisière des chemins tranquilles, elle vit d’un clignement d’œil un monde qui ouvre la nuit, qui la recouvre de lumière et la place au centre de tout, en bâtisseuse de ses désirs. Et quand revient le réel en résistance, elle tourne son corps à l’abandon, agite son lit en ballottage du rêve et presse le souvenir à trépasser. Au sortir de la réalité.

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