Percer pour voir

percer pour voir Jusqu’à percer pour voir jusqu’où ça va. Pointer, trouver le centre de, et forer, la mèche affûtée. Il se peut que, si la main tremble, si le taraud est mal positionné, si est mal choisi le terrain, si mal sondée la surface dans le temps, dans l’espace, si mal ajustés l’âge du poinçon et la maturité de la chose à traverser, si et si et si, il se peut que rien ne se passe, que remonte une impression de creuser dans un fromage, du mou, du friable. Aucun copeau, aucun trou, aucune percée signifiante, car sans résistance rien à atteindre. Trop tendre, il n’y paraîtrait que néant, comme perforer une matière eau, comme s’enfoncer dans la boue, oui, de la boue ou des sables mouvants, percer la boue, trouer le trop liquide, c’est plouf, un caillou au fond, pas de force, pas d’opposition, ça n’a aucun sens. Pas de sens normatif parce que pas de sens éprouvé. Aucune sensation, pas de prise, le dedans du dedans mais pas assez, trop superficiel, trop meuble, trop facile, aucun effort, pas même besoin d’outil pour, puisque mou, transparent à l’effort, invisible à la puissance, au sentiment même d’accomplir une tâche profonde : pour percer pour voir jusqu’où ça va, faut du dur.

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