Votre justice

Moi, votre justice m’en balance complètement, complètement, je la jette aux murs, en fais des décors en tapisserie. J’y pisse dessus moi à votre justice, tu la vois où toi, la justice ? Nulle part, personne, nada, oualou, on se fout de nous, on nous noue dans le dedans des choses, on nous pollue de mots, de bonnes intentions, justice, justice, qu’ils disent à tour de bras. Et l’innocence, ils en parlent dans le poste de l‘innocence, présumés innocents qu’on serait, nous, tous, toi, moi et les autres, égaux devant la loi. Bien sûr, causaient toujours bandes d’incapables, présomptueux que vous êtes, la présomption n‘est que mascarade pour mieux nous affaiblir, pour nous faire croire qu’on nous protège. Mais moi j’entends coupable chaque fois dans vos bassesses d’intellos ! Moi la justice, je me la carre au… Je la placarde au mur en petits motifs, je la duplique et suis plus dupe. Me la suis trop prise dans les dents votre justice à deux balles, trop dans le lard, trop remuée dans le bide, à m’écœurer de vivre. Maintenant, j’en rigole de tout ça et depuis qu’ils m’ont foutu dans la merde avec leur justice d’opérette, depuis que je suis seule et que l’autre, il est en tôle et bien, moi, moi, je me la fais toute seule la justice. Celui qui m’emmerde désormais, et bien, il prend un pruneau dans le coffre, et puis c’est tout.

illustration : Larry Fink