Rouge

On dit rouge couleur de l’hystérie. Le choc visuel et le jus de veine. Les têtes d’ahuris sourdes du cri cochent la supercherie malsaine. On dit rouge la séduction zélée. Les gros sabots maquillés de l’ambre cherchent dans le mou des corps asphyxiés les chairs crues dans la chambre. On dit rouge la bave dans les bouches. Les langues en bataille pour l’ascète allongent sanglantes des escarmouches jusqu’au bonheur des lèvres blettes.

On dit rouge l’intensité mordue. Le cœur arraché à la commissure dissout loin dans le tréfonds la cigüe et sourd la joie perdue dans l’usure. On dit rouge le dessin sur les peaux. Les entailles jolies en flibustières décorent les joues, s’unissent de faux et défient les décors de vie mortifère. On dit rouge l’éclat des mots tendus. Les vies petites à l’écran allongées balancent au coeur petites vertus et tendres odeurs d’aubépines suées. On dit rouge la logorrhée en buées. Les folies défoncées d’adrénaline secouent de chaleur les bouches serrées et délient les corps de ruées canines.

On dit rouge qu’elle est notre couleur. Le phonème d’écrits dégingandés qui hurle au plaisir des corps en douleur et passe sous silence les mots drogués.