Jour 2 –Toulouse, Montauban, Mézin #roadtrip #TFV #LesVisages

Hier 25/07 la journée comme une course de vitesse, voir des visages une à deux heures et repartir entre bonheur, chaleur et frustration de ne pas pouvoir profiter davantage de ces personnages qui se cachent derrière des paires d’yeux, des bouches en mouvement et des cheveux hirsutes qui appellent à l’anarchie.

Danièle Carles et son Marseillan d’adoption, sa vie dans sa petite maison qui ne veut pas se ranger, sa passion dans la voix, la voix d’une latiniste, la voix et le regard de l’adrénaline pour versifier Horace dans l’hexamètre ou l’alexandrin. Petit bout de femme d’un mètre cinquante qui sous le buisson gris abrite un grand cœur. Merci Danièle.

Isabelle Pariente-Butterlin en vacances à Pamiers, sa maison aux volets rouges, son mari, son amie et deux fillettes bondissantes qui jouent à la marchande dans le bar à lapins. Deux bières consommées et je n’ai même pas réglé la note aux barmaids. Isabelle et sa voix à la fois douce et profonde, sa présence aux côtés de ses aieux dans cette maison aux mille souvenirs, aux sols intacts épargnés par le temps, aux bois craquants des antres d’antan et à la présence, jusque dans les gestes, de la mémoire comme raison de vivre. Merci Isabelle.

Jean-Jacques Marimbert à Toulouse, assis à la table du Sylène, à boire une puis deux bières pour patienter, m’attendre, moi et mes deux heures de retard. Petites lunettes rondes au nez d’un bel homme. La prise est immédiate quand sur la table glisse un exemplaire de Gestes de Yannick Ritsos, les éditeurs français réunis. Sur la première page, un tampon et une dédicace qui nous transportent tous les deux de la table du bistro vers une émotion à nous mouiller les yeux. Pierre Autin-Grenier, Monsieur PAG ! Merci JJ.



Murièle Modély à Toulouse m’attend depuis presque trois heures. Je la retrouve au milieu de ses amis dans une résidence éco-citoyenne, un dédale de passerelles en bois relie les appartements et dans le jardin, une vingtaine de convives festoie. Je suis là comme un flan flétri par la route. Point de Murièle mais personne ne me remarque. Je cherche Murièle, je cherche une noire, je me dis ça, je cherche une noire, ce devrait être facile à trouver. Et cette pensée me dérange. Et ce dérangement me dérange. Puis elle apparaît femme rayonnante autour d’un sourire qui remplit l’espace. Bonheur de l’embrasser et de la serrer. Son mari tout aussi affable sous ces allures d’ours imposant m’appelle Robert. Je l’aime déjà. Une nuit de repos nécessaire et une matinée à blaguer de nos vies et de nos littératures enchanteresses. Merci Mu.

26/7 : Youssef Guennad à Montauban m’attend à la gare. Lunettes et chemise noire sous l’abribus. Un geste de la main quand il m’aperçoit. Il m’attend depuis une heure. On s’embrasse, on s’enlace comme de vieux potes de régiment. Il y a bien longtemps qu’entre nous le courant est passé. Maintenant, il est continu, ça circule. Nous marchons dans la ville, charmante ville calme et reposante. Nos vies en miroirs à la terrasse d’un café. Un repas au Garden Ice près de la préfecture. Il fait bon, un petit air nous caresse et nos mots sont chargés de nous. Merci Youssef.

17h45 – J’écris ces quelques mots depuis une aire d’autoroute. Je reprends la route vers Mézin, vers Marianne Desroziers, écrivaine et foisonnante de littérature (revue l’Ampoule, revue Maarges, Mézin fête les écrivains et j’en passe…)