Des oublis désirés

Tu as laissé un espace entre le temps et l’oubli. Un interstice où s’achoppent les sentiments et la peur. Aussi légère qu’un moineau, tu as posé un récit dans le coin de ma peau. Sur la grève, laissé un récif porter ton nom. Depuis, une trace de ta patte s’amuse avec les vagues et ma joue. Au grand vent et contre toute marée, tu as baissé mon col, sucé quelque veine, donné un coup de bec à mes lèvres pour allaiter le désir. Sur le miroir aux alouettes, tu as glissé un espoir comme on sème des cailloux pour retrouver le carmin. Une écharpe de laine grise, une barrette à cheveux, deux boules Quies dans une petite boîte carrée. Des oublis désirés. Puis tu as volé vers le silence.

2 commentaires:

  1. s'il savait vraiment ce à quoi il a échappé, il louerait chaque instant de son inutile mélancolie

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  2. Une histoire sans.. enfin..

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