Les mots qui jaillissent

Tu ne transiges pas. Tu es là plantée dans tes bottes, à guetter l’instant, à fureter l’espoir. Tu bois pour te donner le courage, une clairvoyance en paradoxe. L’alcool défait les couloirs de brume aussi bien qu’il exsude des pensées confuses. Tu isoles les parasites qui font retourner l’esprit sur lui-même. La tête vacille, l’acuité redouble. Chaque mot est pesé, chaque parole enregistrée. C’est du mensonge dont tu as peur. Tu scrutes, empiles, dissèques, mémorises les mots qui jaillissent. Ma parole est fuite, faite pour aimer et s’envoler mais le mot pour le mot t’échappe. Tu construis quelque château en Espagne. Tu évoques des anecdotes et un bruissement de fougères éveille un cataclysme. Tu t’ouvres et chantes sur les frondaisons - belle, la fossette en cœur. Et moi, en mélopées sur un gazon désiré, je rêve de ta tête de panda repu.

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