Remugle

Bien sûr, il y a le soleil. La plage, son sable et ses coquillages échoués comme des clés perdues. Bien sûr, c'est un privilège de vivre ici à deux pas de la mer, baigné dans le bleu bi-ton qu'elle forme avec le ciel. Bien sûr. 
Mais le temps intérieur est à l'orage, on le sent bien à l'odeur d'essence qui sort du petit bateau de pêche. Son allure est molle, son sillage chaotique. Il semble nous dire que même par une mer limpide, il est désormais difficile d'avancer, difficile de croire à ce soi-disant retour de l'été. Il tousse et toute la plage se gratte la gorge dans un remugle que seul le battement d'ailes d'un goéland tente de disperser.