Saillie

On a assez vu les joues mauves et pantelantes du crépuscule. Sa façon hautaine de vouloir nous en mettre plein la nuit.
On a assez parlé de la peur enfantine à l'heure du coupe-gorge, dans l'attente fébrile que le ciel dépèce le jour au couteau.
On a assez dit combien l'angoisse sait s'enfiler dans l'entaille, suspendre le vol des oiseaux et glacer nos songes.
On a assez admiré son apogée où les rouges violacés s'attaquent insolents aux jaunes mourants, nous laissant perplexes quant au revers du monde.
Pourtant à chaque saillie sur l'horizon, la tête se prend dans l'étau.

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