Google News Story 14/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.

Titres du jour à 9h07 :


  • Des médicaments sans ordonnance pour le rhume sur « liste noire ».
  • Argentine : ils refusent de la surclasser, elle fait arrêter l'équipage de l'avion.
  • Macron met un peu de social dans sa politique.
  • Buffon, les tristes adieux d'un monstre sacré.
  • Sept responsables politiques français interdits d'entrée en Israël.

GOOGLE NEWS STORY – 14 NOVEMBRE 2017


Abril a passé une mauvaise nuit. Elle se lève avec le nez bouché et un mal de tête tenace qui ne la quitte plus depuis deux jours. Elle passe dans la salle de bain, avale un Dolirhume avec un verre d’eau lorsqu’elle est prise de vertiges. Elle se retient un instant sur le rebord du lavabo, titube, lâche le verre qui éclate en mille morceaux sur le tapis de bain. Dans le miroir, son reflet se trouble comme si de la buée chaude se formait soudain à la surface. Abril sent ses jambes l’abandonner. Elle s’évanouit.

Abril rêve de retourner dans son pays natal, l’Argentine. Trois ans qu’elle économise pour se payer le billet d’avion. Elle embarque enfin ce mardi dans l’avion pour Buenos Aires. Elle passe les portiques de l’aéroport, un à un, sans contrôle. Elle glisse sur la passerelle qui relie le terminal à l’Airbus. Elle s’assied en classe économique près du hublot. Un homme à côté d’elle, bel homme qui ressemble à Emmanuel Macron. Abril le regarde, n’en croit pas ses yeux. C’est bien lui. Mais que fait-il en classe éco ? Il a une discussion au téléphone dans laquelle il presse son interlocuteur de mettre un peu plus de social dans son prochain discours. Il raccroche précipitamment quand l’hôtesse le prit d’éteindre son téléphone. Le décollage est imminent. 

Abril est assise dans la salle de bain, le dos collé au mur. Des sueurs sur le front, le visage rougi par la fièvre et les mains sur le ventre qui essayent de boucler la ceinture de sécurité.

L’avion s’élève dans le ciel, lentement. La poussée est douce, Emmanuel a un visage d’ange. Arrivé en altitude, le président retire sa ceinture et lève un bras en direction d’un steward qui étrangement ressemble à Buffon, cet ancien gardien de foot italien. C’est le même, se dit Abril, c’est incroyable. Emmanuel se lève, va à la rencontre du steward et lui demande s’il peut être surclassé. Elle écoute. Elle aussi veut être surclassée, il n’y a pas de raison que Macron le soit et pas elle. Elle se lève à son tour, prend le bras d’Emmanuel comme si elle était sa compagne. Le président se retourne, interloqué : « Je ne connais pas cette femme ! » dit-il au steward qui gentiment, d’un passement de jambes aérien, raccompagne Abril à sa place. 

Abril est prise de convulsions. Ses yeux tourbillonnent dans leurs orbites, de la bave coule de sa bouche. Elle essaye de se redresser en s’appuyant sur le petit meuble de la salle de bain. Elle a chaud puis elle a froid. Des frissons parcourent son corps. Le meuble tombe sur elle ; avec lui, des flacons de parfum, des boîtes de coton, le gobelet avec ses brosses à dents, des serviettes de toilette…

Retournée à sa place, Abril se promet qu’elle portera plainte aux autorités dès son arrivée à Buenos Aires. Ce voyage est une catastrophe. Elle est très mal assise, elle a mal au dos, elle ne sent plus ses jambes et ne comprend pas pourquoi elle est entourée de serviettes, de flacons en tout genre et de bâtonnets de coton-tige.
Derrière elle, un groupe parle à voix haute. Il s’agit d’hommes et de femmes politiques de l’ancienne gauche qui accompagnent Emmanuel Macron dans son déplacement. L’un d’eux dit que faute d’Israël, nous, on va en Argentine. Les autres rient à gorge déployée. Les rires résonnent dans la tête d’Abril. Elle a mal, de plus en plus mal. Sa position sur son siège est vraiment de plus en plus inconfortable. Elle est désormais recroquevillée, la tête contre le hublot. Elle a mal au ventre, a envie de vomir, elle voudrait se lever, faire taire les rires, passer en classe affaire dans un grand et large fauteuil pour pouvoir s’allonger. Mais elle n’y arrive pas, son corps est bloqué sur ce siège. Les rires augmentent. Abril ferme les yeux, les rires approchent. Ils sont comme des corbeaux qui volent dans sa direction sans qu’elles ne puissent les chasser. Ils foncent sur elle, la giflent de leurs grandes ailes déployées. Des milliers de corbeaux qui la giflent…

- Abril, Abril, réveille-toi ! Mais qu’est-ce qui t’arrive ?
- Je me suis évanouie. Arrête de me gifler…
- Tu as encore pris du Dolirhume ?
- Ben oui…
- Chéri, tu sais bien que c’est dangereux. Ce médicament est même dans la liste noire dressée par « 60 millions de consommateurs ».
- Allez, lève-toi !
- Tu sais quoi ? J’ai vu Macron et Buffon.
- De quoi parles-tu ?
- Il est beau, ce Macron, quand même, on dirait un ange. Tu viens avec moi ? Faut que j’aille porter plainte contre l’équipage de l’avion.
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