L'an ploie du temps

Voici l'été en pente douce et il ne se passe plus rien. Les feux de forêt éclatent. Les autoroutes sont bouchées. Les touristes à la peau laiteuse sont sur la plage. Tout va bien, rien ne change. Les télévisions ressortent leurs marronniers. Mme Ginette a soif sur une aire de repos tandis que M. Marcel a pris un coup de soleil sur les épaules. Quant à Jojo le pompier, il a sauvé un jeune chien du feu juste après l'apéro au troquet du coin. Le temps passe.

L'été, c'est aussi, pour chacun d'entre nous, un moment de repos, convivial et familial. Alors l'allant du monde, juillet et août s'en moquent ! Pourtant, ce ralentissement d'activité a tendance à me fatiguer. Tout le monde semble s'en foutre et remet en septembre ce qui se règlerait dans la minute. En cause, la chaleur et l'approche des vacances pour les uns, le retour au boulot pour les autres. Le temps procrastine le temps.

Dans cette nonchalance ambiante, je suis le mouvement. Rien à faire donc rien faire et surtout bien le faire. Je me et vous rassure, j'accède à cet état assez facilement. Néanmoins dans mes instants chronophages, trois petits voyageurs du temps me manquent. Le reste de l’année, le calendrier de leurs allées et venues est réglé comme du papier à musique. Un week-end sur deux et le mardi soir. En été, cet agenda n’existe plus. Les week-ends sautent et les mardis se font la belle. Les jours fléchissent et l’été ploie au temps.

Chaque année c’est pareil, je devrais m’y faire Pire, plus ils grandissent, plus ils sont demandés de tout part. Bien sur, ils seront là bientôt pour une semaine complète. Evidemment, je ne peux que me féliciter qu'ils passent un été varié et bienheureux. Certes, tout cela est équilibrant pour eux. Passé ce temps du rationnel, lorsque les minutes vides de l’été s’égrènent, mes enfants me manquent.

16 commentaires:

  1. wé .. même quand on sait que, le coeur soupire et par moment s'étire ..
    une pensée, alors : parce que les papas-poules en manque de leurs piou-pious, i'sont nombreux. Avec un coeur, gros comme ça.
    Et les tits n'Arf le savent ..
    <3

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  2. C'est vrai qu'on nous donnerait des nouvelles des vacanciers à Craponne-sur-Arzon, ce serait mieux. C'est un endroit fascinant.

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  3. bisous dOux Arf...
    j'ai suivi les liens comme autant de cailloux sur ta route vers eux qui sont loins, mais lourds lourds de tout ton amour dans ton coeur...

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  4. .


    Manue > mwé, je soupire ...

    Snake > andouille ! :)

    Sylvie > c'est les seuls que vraiment j'aime. Du mois, eux, j'en suis sur.


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    Merci les fidèles
    toujours là,
    c'est...
    voilà quoi !


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    .

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  5. Et moi qui souffre de ne plus avoir trois jours de week-end avec ma Belette :(

    Je t'embrasse

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  6. Très touchant... le N'arf... suis émue de te lire... je comprends...
    Sinon... dis donc... tu es partout dans la blogosphère... comment que tu fais hein :)
    VdC

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  7. "faites des enfants" qui disaient...

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  8. Ah merci ! J' étais sur le point de me retrouver entre les mains de la police des frontières, la PAF !

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  9. Oui, c' est un billet émouvant où se lit la détresse des séparations... Les vacances peuvent être elles aussi un méchant sas où les êtres et le temps échappent au partage et entrent dans une forme d' injustice...

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  10. .


    Bulle > Tu verras quand elle aura 10 ou 11 ans, les escapades vont commencer et là, c'est argh...
    bienvenue à BullOtte <- clic :)

    vdc > ravi de te lire ici, là-bas, ailleurs. Alors que le concept de blog s'étiole au profit des twitters, friendfeed, facebook et autres, c'est quand même sympa d'avoir un "chez soi" virtuel. ou deux ! :)

    doc > oui, je confirme : faut faire des gosses !

    Hervé > un méchant sas de compression pour le coup. Bienvenue au H2505 (rien à voir avec le H1N1 hein?)


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    un dimanche qui cOoOoOole,
    l'âme vagabonde et le spleen du saturday night file ...

    j'en brasse et des meilleures
    :)


    ---


    .

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  11. Très beau texte, dans cet été de langueur. Un étrange changement de rythme perceptible aussi bien dans la ville que sur le Web... Pour ma part, il m'inspire !

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  12. bon... au moins j'ai égaillé ton dimanche de papa au coeur gros sevré de sa progéniture... et tu as égaillé le mien!!
    bises

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  13. Après de longues, d'innombrables, de dangereuses, d'épouvantables... (ma liste est longue, hélas!) séparations avec nos petits, les retrouvailles et les liens d'après qui se construisent ou se reconstruisent sont indescriptibles, merveilleux, "époustouflifiques" comme dirait une personne que je connais... Il faut juste tenir, tenir en attendant (et en souriant si possible...) C'est pour cela, Arf, qu'on se glisse dans tes mots bleus...

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  14. et une chance que ce ne soit pas un(e) ample oie du tant... il y aurait vraiment de quoi pleurer...
    (mais c'est pour te faire sourire que j'écris des bêtises)

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  15. .


    THK > moi la lenteur du monde me speede. j'aime bien être nonchalant dans une activité rapide. 'fin, j'me comprends. :)

    Sylvie > si on s'égaille mutuellement, on n'est pas là pour rien alors. :)

    epamin' > époustouflifiques comme bouleversifiants oui ! :)

    Sylvie > je souris. t'inquiète. Le week-end a été un peu morose à défaut de mots roses de mes filles et du p'tit boy aussi ; mais bon j'y pense et puis j'oublie. :)


    .

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