L'an ploie du temps

Voici l'été en pente douce et il ne se passe plus rien. Les feux de forêt éclatent. Les autoroutes sont bouchées. Les touristes à la peau laiteuse sont sur la plage. Tout va bien, rien ne change. Les télévisions ressortent leurs marronniers. Mme Ginette a soif sur une aire de repos tandis que M. Marcel a pris un coup de soleil sur les épaules. Quant à Jojo le pompier, il a sauvé un jeune chien du feu juste après l'apéro au troquet du coin. Le temps passe.

L'été, c'est aussi, pour chacun d'entre nous, un moment de repos, convivial et familial. Alors l'allant du monde, juillet et août s'en moquent ! Pourtant, ce ralentissement d'activité a tendance à me fatiguer. Tout le monde semble s'en foutre et remet en septembre ce qui se règlerait dans la minute. En cause, la chaleur et l'approche des vacances pour les uns, le retour au boulot pour les autres. Le temps procrastine le temps.

Dans cette nonchalance ambiante, je suis le mouvement. Rien à faire donc rien faire et surtout bien le faire. Je me et vous rassure, j'accède à cet état assez facilement. Néanmoins dans mes instants chronophages, trois petits voyageurs du temps me manquent. Le reste de l’année, le calendrier de leurs allées et venues est réglé comme du papier à musique. Un week-end sur deux et le mardi soir. En été, cet agenda n’existe plus. Les week-ends sautent et les mardis se font la belle. Les jours fléchissent et l’été ploie au temps.

Chaque année c’est pareil, je devrais m’y faire Pire, plus ils grandissent, plus ils sont demandés de tout part. Bien sur, ils seront là bientôt pour une semaine complète. Evidemment, je ne peux que me féliciter qu'ils passent un été varié et bienheureux. Certes, tout cela est équilibrant pour eux. Passé ce temps du rationnel, lorsque les minutes vides de l’été s’égrènent, mes enfants me manquent.