Des vides et des liens

image Il y a des vides et il lia de liens.

De ces vides dans lesquels je fais souvent mon plein, j’exhorte de temps à autre quelques liens puissants. De nos parties d’ombres jusqu’au twitt’jeudi de Nîmes, les échanges sont de plus en plus denses. Bien sur, mon vide existentiel ne se remplira pas d’un seul coup d’un plein normé. Le fossé est profond, la socialisation lointaine, la solitude entière et assumée.

Malgré mes efforts pour me montrer sur mon meilleur jour, ma misanthropie perdure. De volte face en échappatoire violent, je file, fuis, me répand ici et ailleurs en complaintes ou allégresses éphémères. Ma bulle est imperméable, la tempête est ailleurs. J’intériorise ma sensibilité comme j’externalise mon image. L’arf et la manière.

Pourtant, lorsqu’une nouvelle peu empreinte à dispenser mon alacrité de façade s’impose à moi, je suis confronté à la souffrance. Je soutiens par quelques mots, je m’identifie et je renferme. Mes pensées sont toutes acquises et le lien se fait plein permanent.

La dichotomie est délicate. Trop prés et sans problème apparent, j’expulse et évite avec plus ou moins de tact. Trop loin et sujet à tourment, je connecte et piétine dans ma sollicitude.

Illustration : Le buveur de Lune par M.