Mots en tweets : tout en ombres (2)

ombreImage by Kumitey via Flickr

Il me plait bien l'idée de télésoupirer dans l'ombre d'un #vasescommuniquant”. Ainsi mathRo7i achevait la semaine twitterienne dédiée au thème des ombres. “Je retourne au dernier restaurant avant la fin du mois et à la poésie des Vogons peuple d’ombres”, vaste programme qu’elle nous annonça avant de s’éclipser.
Auparavant, lambikoalaklemu me tint à peu prés ce langage : “salut _arf_ alors ça en est ou ombres ?” ça roule ma poule, ça roule ! Et je lui indiquai la difficulté dans laquelle je me trouvais pour synthétiser la bonne cinquantaine de tweets ombrageux. Ma foi, “ce travail n’est pesant que si on l’alourdit. Soyons légers, nos ombres suivront la danse”.

Pendant ce temps, je ne me doutais pas que _IButterlin_ grimait “du blush sur les ombres, comme pour donner une couleur artificielle à nos silhouettes opaques”. Une délicate attention de sa part. lambikoalaklemu rappliqua comme un cheveu sur la soupe et déclara “se perdant dans les méandre des ombres” : “à ce sujet je tiens à signaler : cap au pire , samuel beckett , un puits d'ombres”. Bien sur, lambi, bien sur.

Quelques lunes passèrent et ktyZen récemment plongée dans la marmitte twitter s’éveilla à l’aube du sixième jour. Afin de nous clamer sa détresse, elle s’exclama non sans ironie : “Dans la noirceur on perd son ombre, on est vraiment seul. Houououououououououo !
Jamais à cours de référence littéraire, lambikoalaklemu nous indiqua que “ramos rosa écrit : respirer l’ombre vive”. Je vous laisse réfléchir et établir le lien de cause à effets entre l’exclamation ci-dessus et cette citation.

A défaut de rationnaliser Ramos Rosa, mathRo7i revint sur terre pour nous faire part, document à l’appui, d’une “extorsion de fond rester dans l’ombre http://bit.ly/13uahn” Ce fut le moment où j’ai déconnecté à la faveur de la panne twitter. Calé dans mon antre climatisée, je crus bon de crier au Peuple twitterien mon bien être : “Le temps s'allonge, je rentre enfin dans mes vacances. En partance sédentaire vers des ailleurs sans ombre”.
@ktyZen renchérit par un "replie" taquin me laissant un instant dubitatif : “ah c'est donc ça, je tournerai donc autour de mon ombre ou bien est-ce le contraire”. Après un cogitation rapide et quelques échanges soutenus avec @_IButterlin_, je pris congés pour quelques heures non sans laisser une trace derrière mon ombre : “je vais pas tarder non plus, telle une ombre mouvante vous ne verrez bientôt plus que le reflet de mes tweets”.

Le lendemain matin, une question métaphysique me taraudait : “Je ne crée plus d'ombre. Suis je décédé ou me suis je enfin aligner sur le soleil ? verticalité”. Ma question resta sans réponse, je subodore qu’elle ne fut pas fondée. _IButterlin_ interpella alors pierregaudu d’une question plus vivace : “ainsi l'ombre sur le mur évoque-t-elle tout un monde... Plus allusivement, plus légèrement ... ?”. J’ai perdu la trace de la réponse dans les méandres de la machine à rechercher des tweets. Dommage.

De façon plus pragmatique, une autre question fusa sous le clavier de mathRo7i : “baisser l'abat jour est ce un paradoxe ? ombres”. Exact, c’est un paradoxe, l’abat jour créant par définition une ombre en abatant le jour, le baisser n’apporterait que plus d’obscurités. Le jour est mort. Est ce bien nécessaire de s'acharner sur sa dépouille ?

Je trouvais cette journée ombrée emplie de questions et cruellement dépourvue de réponses.

Lusoncle qui devait dormir les jours précédents à l’ombre d’un arbre fruitier, nous gratifia d’une salve de tweets avec pour parallèle à l’ombre, l’empreinte laissée par cette dernière : “Empreinte ?" : A Hiroshima, à 0,5km de l'explosion, l'homme qui attendait l'ouverture de la banque a protégé un instant le mur de l'édifice. l'instant en question suffit pour qu'il y ait une..(???) Sur le mur, cette différence est marquée comme une ombre. Le dernier acte de la vie de ce passant a été de laisser une ombre qui lui a survécu.” Cette tirade comportait 6 tweets (140 car. obligent), vous aurez remarqué (si vous lisez encore) qu’il manque la 4ième partie qui, une fois de plus, doit tourner en orbite dans les creux de twitter.

lambikoalaklemu certainement échaudé par le monologue de Lusoncle tenta “un ricochet sur la matérialité du corps opaque (IB) révélateur d’ombres”. Sans grand succès, il s’accorda une “pause musique”.
mathRo7i de retour avec son désormais pragmatisme légendaire nous questionna à nouveau : “qui brille dans l'ombre de qui en politique ?”. lambday certainement apolitique répondit à côté mais avec auto-philosophie “lambday est fait d'ombres et de #lumière.” dévoilant ainsi un nouveau hashtag #lumière qui je m’empressai de mettre derrière l’oreille.

_IButterlin_ manifestement satisfaite de notre litanie sur l’ombre préféra s’écarter du jeu pour découvrir nos amis les équidés : “Je dois aller manifester mon intérêt pour les poneys On a avancé: suis fascinée par la légèreté des ombres dans ce monde ...”. hmm…

Le lendemain, fortement inspiré par les chevaux nains, elle revint avec l’aide de lambikoalaklemu pour une série d’échanges tweetiques qui, si vous êtes encore dans mes lignes, est certainement la meilleure salve de la semaine. Comme ma prose compilatrice commence à faiblir, je vous livre en l’état une sélection forcément subjective :

_IButterlin_:

  • Textures des ombres comme des étoffes lourdes, ou des froissements de papier japonais, parfois des caresses légères.
  • La rêverie n'est pas possible dans la transparence d'un monde sans ombre. Le rêve a besoin de l'opacité des êtres @lusoncle
  • Il faut l'opacité, la densité des êtres pour que soient possibles leur réduplication dans un monde d' ombres
  • Oui, enfant, j'étais fascinée par la révolte de l'ombre de peter pan. Rêvé souvent de ces ombres capricieuses et indociles.

Pour finir ce long billet que la masse de tweets sur le sujet m’a imposée, voici le meilleur tweet ombragé ou ombrageux de la semaine :

“Les avatars sont-ils nos ombres portées dans le monde virtuel ?”

Fil permanent de nos ombres
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