Les cartes postales

Mon facteur ne m’apporte plus de cartes postales depuis des années. Faut dire qu’il n’est pas prédisposé à me glisser de bonnes nouvelles dans la boîte aux lettres. C’est un trentenaire hyper-speedé à tendance timide qui, même lors d’un dépôt de lettre recommandée (celles là, je les reçois toujours), s’empresse de signer la preuve de dépôt, la dépose avant de sonner et file rapidement dans son pot de yaourt jaune.

Bref, il n'est pas très sympa mais je m’en fous. Moi, je veux recevoir des cartes postales du bout du monde d’une personne que j’ai peut être oubliée mais qui se souvient de moi ! C’est bien à ça que servent les cartes postales, se rappeler au bon souvenir de quelqu’un. Et bien, que dalle ! La dernière remonte au siècle dernier, A l’époque, l’inflation n’étant pas galopante, on mentionnait encore le prix sur le timbre, 2,20 francs si ma mémoire est bonne. Elle était classique. Un coucher de soleil avec deux naïades en string vues de dos avec au verso : « Tu verrais ? C’est à tomber le cul parterre ! Bisous de Martinique ».

Je ne suis pas le seul à ne plus recevoir ces chef-d’œuvres épistolaires. La carte postale est lentement tombée en désuétude au profit du mail, du SMS voire du MMS permettant de diffuser en live l’instant d’un bout du monde à l’autre. C’est mieux ? Oui et non. Le petit bout de carton a quand même un cachet (de la poste faisant foi) que n’auront jamais les autres modes de correspondance. Comme le courriel à la lettre manuscrite, ils manquent cruellement de calligraphies. J’aimais bien reconnaître d’un seul coup d’œil l’appartenance de telle ou telle écriture, sans parler des ronds sur les « I », des « F » affinés et des barres sur le « T » volatiles. Puis, il y avait l’attente de la réception. Pensera t’il ou t’elle à m’envoyer une petite carte ? Carte qui arrivait régulièrement après le retour de son expéditeur.

C’est comme ça, ma pauvre dame. Moins de cartes postales mais plus de communications rapides, instantanées. On perd d’un côté, on gagne de l’autre. La technologie a toutefois négligé l’émotion que procurait la correspondance postale.

A noter, le site de "la lettre en ligne" découvert chez JCFrog qui permet d’envoyer des cartes postales depuis votre ordinateur. Voilà un bon moyen de redonner le sourire à mon facteur.

Chaîne lancée par Gaël et relayée par Nicolas. Je tague une seule personne car je la sens prolixe sur le sujet : Epamin'. Les autres, envoyez-moi une carte : arf, rue de la poste 972 MARTINIQUE.