Un smiley me tire la langue

imageAujourd’hui, rentrée des classes. Les miens au nombre de trois de tailles approximativement égales rentrent respectivement au CM1 pour les jumeaux, en sixième pour l’aînée. Nom de dieu, déjà la sixième ! Voilà que mes tempes grisonnantes accueillent deux ou trois mèches cendrées supplémentaires !

Je ne suis pas avec eux ce matin lorsqu’ils se lèvent de leur courte nuit. Je m’extirpe de mon lit un peu vaseux, la tête emplie de choses diffuses et anxiogènes. Après le café opportun, je chasse quelques idées noires et pointe mon nez sur la date du jour. Mon nuage matinal s’éclaire et je pense à eux.

Clara doit râler à cause de sa place de numéro deux pour la salle de bains. Arthur a sûrement crié « preum’s » dès le premier pied posé au sol et l’aura ainsi prise de vitesse. J’imagine Camille dans sa chambre, son sac et ses habits tout neufs bien rangés prés de sa table de nuit. Pendant que ses cadets se disputent la toilette matinale, je la vois s’affairer à ses derniers préparatifs avec calme, impassible malgré son cœur tambourinant dans son petit thorax. Leur mère s’agite, les presse, les encourage et les embrasse plus que de raison.

A 8h12 (oui, c’est précis), j’envois un SMS à ma grande, leur souhaitant une bonne rentrée sans oublier de joindre au message un gros « Je vous aime » encourageant. Va suivre une live-rentrée via SMS.

8h22, bip-bip. Ils déjeunent goulûment et personne ne se plaint du bol de chocolat renversé sur le jean de Maman. Sauf elle, peut-être. 8h42, Arthur ne sait pas où il a mis son cartable. C’est la cata., l’affolement général. Clara ne veut surtout pas se taper un retard à cause de son nigaud de frère. Camille s’en moque, elle, elle est grande et ne rentre qu’à 10h30. 8h52, ils sont sur le chemin de l’école primaire. Les deux zigotos déboulent dans la cour de récrée bondée et disparaissent dans un flux grouillant. Camille cesse les SMS malgré mes deux rappels : « hého, ils se passent quoi là ? ».

10h21, « Papa, je t’aime. J’éteins le tél., j’entre :-P ». Son dernier smiley se transforme sur mon téléphone en une tête ronde jaune qui me sourit et me tire la langue sur le côte gauche. Je ris, mon collègue de bureau me regarde surpris et mon angoisse resurgit.