Lettre à un inconnu

Les vases communicants sont des moments de rencontres, de découverte de nouveaux univers, d’autres blogs, d’autres écritures. La session de vendredi dernier a été très riche. J’ai décompté 11 échanges, soit 22 textes. Je me suis notamment arrêté sur le billet de Pascale Petit auteure et blogueuse sur Tors-up qui a échangé avec Anna de Sandre de Biffures chroniques. Il s’agit d’une annonce étonnante d’un homme à une femme inconnue. Je vous invite bien sûr à lire ce billet avant de lire la suite. J’ai commenté en lançant l’idée qu’une réponse à cette annonce serait sympathique. J’ai dans un permier temps refusé de le faire moi-même prétextant que je n’étais qu’un diariste (j’aime pas ce mot, trop proche de « diarrhée »), homme bien incapable de faire un tel exercice. Puis, j’ai échangé avec une fidèle lectrice sur ce sujet, j’ai réfléchi et me suis essayé à une courte lettre de réponse.

La voici :

Cher inconnu,

Je suis à la fois surprise et émue par cette annonce détaillée de nos déplacements parallèles. Quelle étrangeté de se savoir ainsi suivie, épiée peut être, appréciée certainement. Appréciée comme le granizado avec le goût surprenant de mon voyage dans vos mots. Déjà quelques jours que je suis rentrée sur Paris et pour tout vous dire, j’ai croisé votre regard sans percevoir si ces œillades m’étaient adressées. J’étais troublée.

Vous sembliez désespérément seul sous vos lunettes noires. Malgré vos ostensibles huées dont je connais aujourd’hui la raison, vous paraissiez hors contexte, comme étranger à ce vieux Barcelone que j’affectionne. Voilà pourquoi je vous ai remarqué. Oui, Monsieur, je vous ai vu, perçu, senti mais pas abordé. Comment aurais-je pu le faire, comment auriez-vous pu le faire ? Puis, il m’a semblé oublier.

Le reste de mes déplacements ne vous a pas échappé et pourtant, moi, je vous ai perdu. Je ne vous ai pas vu sur la plage, ni même en garçon de café, pas plus aujourd’hui dans le secret du métro. Je me suis égarée, Monsieur. Je vous cherchais sans le savoir. C’était bien vous, sous vos lunettes noires, l’objet oppressant de mes pensées. Alors, je me suis plongé dans le bleu du ciel, de Biarritz à St Malo pour enfin regagner le gris de Paris. Oui, j’ai fait semblant d’aimer. Pourquoi ne pas s’être rencontrés ?

Alors, Cher Yann, si vous me suivez toujours, j’ai acheté un nouveau chien. Si vous êtes encore là prés de moi à guetter les mots que je vous glisse, je ne fais plus semblant d’aimer. Si vous avez envie de marcher à mes côtés dans les allées de Vincennes, nous pourrions faire courir le chien ou tout simplement fumer. J’y serai tous les jours. Je porterai un bustier bleu et une jupe de la même couleur.


Photo : zphotos gene249

23 commentaires:

  1. PS: ne tardez pas trop, je risque de m'enrhumer quand l'automne surviendra.

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  2. J'aime bien cet échange virtuose, quoiqu'il soit joliment optimiste (j'attendais une chute plus cruelle)!

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  3. Ah ! ben tu vois, quand tu veux ! :o)

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  4. Mélodie > ah oui, c'est vrai le bustier et la jupe ne sont plus de saison. Je mettrai plutôt un jean strech et un petit haut seyant à manches longues. Surtout ne pas oublier mon blush.

    Le coucou > c'est vrai mais je crois que je suis tombé amoureuse suite à l'annonce. :)

    Anna > ben oui, c'est ton DIARISTE qui m'a énervé ! :)

    Mr M > d'un joli texte à une somme de paraphrases en fait ! mais, c'est parce que j'ai beaucoup aimé ce billet. :)

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  5. Tu fais bien la fille !! :)
    Mais pourquoi est elle si "romantique" ?
    Tu en connais toi des filles romantiques ?
    Des romanesques insupportables je veux bien.... :)
    Sinon, j'aime beaucoup... Je savais que tu pouvais écrire dans la peau d'une fille, et même que tu aurais pu être encore plus descriptifs dans les ressentis....

    La bonne soirée...
    t'embrasse !

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  6. êtes-vous allé au 11 rue Pirandello ?

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  7. Elle > des romananesques insupportables ? j'vois pas de quoi tu parles ? :)

    Tor-ups > Non, je n'ai pas encore osé. Voilà des jours que j'arpente les allées de Vincennes dans l'attente de lui. Je vais certainement chausser mes lunettes noires et aller faire un tour rue Pirandello. Il paraît qu'il y a une terrasse de café en face qui sert des granizados façon catalane.

    Vous auriez du mettre "ée" à "allé" ! :)

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  8. aucun rapport: j'aime bien le fond (de ton blog)
    bon, je vais lire....

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  9. waow! super... ça me fait penser à "Se résoudre aux adieux" de Philippe Besson ou (pour d'autres raisons) au Stalking.... alors qu'il s'agit d'un dialogue amoureux différé.

    http://www.lalettrine.com/article-6231454.html

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  10. Pfiou! voilà notre Arf qui joue les Mel Gibson dans " Ce que veulent les femmes"!

    Belle prestation, l'ami, joli, vraiment!

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  11. Sylvie > ah, et pas le fond de mes billets. hm... :) sinon, ton lien cache une belle critique négative du livre. La vache, elle y va pas de main morte avec le père Besson !

    Âme > Merci !

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  12. hop Epamin', on a commenté ensemble ! Mel Gibson entendait les pensées des femmes ! euh... pour moi, non, merci ! :)

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  13. J' aime l' idée de " dialogue amoureux différé " énoncé par Sylvie... Et puis j' aime bien l' idée même de ce billet...

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  14. Un bel exercice réussit avec brio
    (tu m'énerves des fois t'sais !)

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  15. J'ai laissé un com mais choisi sûrement le mauvais ID (peut être la mauvaise idée aussi) bref en gros je disais "tu m'énerves !" mais je t'aime bien quand même tu sais.

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  16. mouarf ! c'est le bordel : désinvoltage brindillesque ! :)

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  17. Très chouette ce "Je me suis égarée, Monsieur." et tout ce passage. Ca marche à fond, comme quoi l'amour réunit bien deux parties complémentaires et vraimment disjointes.

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  18. je rejoins Epamin' une amie que j'apprécie beaucoup
    j'ai aimé ta tentative
    j'en ai ri
    merci

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  19. H > désolé, j'avais zappé ton commentaire. je vais trop vite parfois. Merci de ton passage.

    Le Gibi > complémentaires et disjointes, c'est bien ça le paradoxe.

    Lilia > Merci de quoi ? j'apprécie aussi beaucoup Epamin'. Bienvenue ici. :)

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  20. Avec un bon pq, le diariste est rassuré..

    SNAKE

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