Entre vert et bleu

image Une petite maison perdue dans les Cévennes, accrochée à la roche comme une caverne troglodyte, encastrée dans ses sœurs formant un hameau, un refuge paisible pour quelques jours au calme. C’est là que nous arrivons, pas de location exorbitante comme pour ses bicoques au bord de l’eau, juste une maison de passage, une maison d’ami où la seule obligation en guise d'attachement est de laisser en partant un livre ou deux, petite contribution à la bibliothèque naissante.

Une heure de route, quelques grandes lignes droites qui bientôt se resserrent, s’escarpent, tournoient pour laisser place à des sentiers de bitume. Des virages qui n’en finissent plus, des traversées de villages, d’hameaux en lieux dits aux noms amusants, nous cheminons, le sourire aux lèvres, et c’est à la sortie d’une épingle que nous apercevons l’auberge à la façade rouge. Derrière, un étroit sentier qui mène à la rivière, une passerelle saute l’eau et devant nous, arrimé à la montagne, un enchevêtrement de maisons. Il est tard et dans la nuit, nous trouvons la nôtre à tâtons dans les ruelles étroites de ce village d’un autre temps.

Deux tours de grande clé et la maison s’ouvre à nous. Deux pièces exiguës, une cuisine, une chambre. Installation spartiate, pas de réfrigérateur ni de plaque de cuisson, pas de télévision, aucun réseau mobile et les toilettes dans la cave. Nous ouvrons les fenêtres pour laisser entrer la nuit tiède et le silence des lieux nous gagne. Dehors, sous nos yeux, un ciel étoilé coiffe la montagne abrupte qui se dresse dans l’embrasure. Dans l’autre pièce, la chambre accueille une douche et un petit lavabo tandis que l’étroit lit bateau attend nos corps fatigués.

Le lendemain, la beauté de l’endroit éclate. D’abord, le doux bruissement de la rivière en contrebas puis le ciel vert sur nos têtes percent le jour. La montagne et sa nature luxuriante s’élèvent devant nous. Collée à nos fenêtres, immense et verticale, elle masque les trois quarts du ciel, lui laissant les plus hauts sommets pour contraster le vert de son bleu éthéré. La seule table glisse vers la fenêtre pour ne manquer aucun moment de ce qui se joue au dehors. La tête ailleurs, nous buvons nos cafés noirs, déjà enchantés de notre séjour.

Nous passerons dans ce lieu magique quatre jours coupés de tout, entre vert et bleu, bucoliques à souhait.

20 commentaires:

  1. Voilà Nicolas, tu as dit l'essentiel !

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  2. C'est ça....oui c'est tout à fait ça.....
    avec en plus, pour nous, le plaisir d'être attendu...
    et les gens...là-bas.... ouverts....
    Magique!!!!

    smouicks pour émotions partagées. ,°)

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  3. c'est une maison bleue adossée à la colline on y va pas à pied parce que c'est trop loin, mais on aimerait bien, juste une fois au moins...

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  4. Le manque de confort moderne, ça a du bon.
    Elle est libre la maison ?

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  5. hum.. j'en ferais bien mon ermitage ! ;)
    biz à l'Arf

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  6. the one shot mi > et oui, ça donne envie et re-envie. :)

    Carhi > Pas eu l'occasion de causer avec l'autochtone mais je m'en doute ! :)

    Philippe > En espérant que ceux qui vivent là n'aient pas perdu la clé. :)

    Encre noire > La clé passe de main en main. A ce tarif là, elle reste rarement libre. :)

    Babel > N'est-ce pas ? Quelques chèvres pour faire du fromage et survivre, et je m'installe définitivement. (faudrait prévoir juste une connexion web ^^)

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  7. des lieux qui nous enchantent, qui nous redonnent même parfois envie d'aimer ...
    =)

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  8. J'oubliais : L'est bô le n'∂Rƒ de dos avec sa clope devant le jour. C ta belle qui t'a pixé ?

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  9. Comme les Cévennes en plus doux.

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  10. Manue > Bien vu "l'envie d'aimer", c'est tout à fait ça ! :)

    Encre > Merci m'dame et oui, c'est la Colomb' qui m'a fixé ;)

    Le coucou > En été, elles sont douces nos Cévennes. Passé le mois d'août, c'est vrai qu'il est fait plus rude. :)

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  11. Tu écris comme dans un rêve. Il y a si longtemps que mon oeil n'a pas caressé les crêtes cévenoles... J'ai oublié que le ciel pouvait s'y trouver vert. De rage paradisiaque, sans aucun doute. Tu nous fais vivre cette petite maison avec la grâce d'un Seigneur de la Plume. Toutes ces pages que je viens de feuilleter sont un enchantement musical, un poème à écran ouvert, avec de la vie et plein, plein de couleurs autour.
    Merci, l'humain, d'avoir inventé cette incroyable machine tronique qui nous permet d'accoster par hasard sur un rivage comme celui-ci.
    Et félicitations pour l'évasion, Christophe. Il va me falloir désormais trouver tes ouvrages en librairie, vite !

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  12. Tout est beau: le texte, l'endroit, les commentaires... L'homme.

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  13. Laisser en partant un livre ou deux...
    Ou l'on voit,ici, la limite de l'édition numérique !

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  14. Max > holà merci pour cette éloge ! Le Seigneur de la Plume : vous forcez un peu là ! :)

    Colombine > et la femme ! :)

    Nicolas > ah mais l'édition numérique ne veut pas la fin du livre papier. Enfin, pas moi en tout cas ! :)

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  15. Pierrot et Colombine
    on arriveuuuuuuuu !!

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  16. Ça donne envie et, en plus, c'est joliment écrit. Avec une tiède sérénité.

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  17. Kouki > Ok, on vous attennnnnnnnnnnnnnnnd ! :)

    Francesco > j'aime bien "tiède sérénité". Merci.

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  18. Merci pour le partage et de votre description bucolique des Cévennes !

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