Notes d’entre d’eux #VasesCommunicants

image mémoire – tu y creuses – en temps d’incertitude – temps de faillefaillite et abandon au creux jamais bien loin – tu y fouillesfouailles – on apprend à vivre avec la douleur – sans doute aussi par – mais ça aurait pu être tellement plus simple – un exercice d’auto-configuration – retrouver ce qui t’a constitué – ce que tu portes du monde – relever les empreintes en toi d’un monde mort – rien d’autre qu’un entre-deux, un temps charnière – ce qui se détissait – et t’a tissé – immanquablement vous fait texte – texte fragmenté – conviendra bien à l’écriture sur site – fragments à relier – éclatement qui crée parcours de lectures – pas l’impression d’un repli sur soi – regard sur l’entour – plus de romanesque qu’il n’y paraît dans une vie ordinaire – seulement ce qu’on en fait – s’acharner ou non à inventer des histoires – le goût du brut – le confondre un peu avec l’honnête – des visages qui t’habitentdes lieux – tu n’as fait qu’approcher éloignement et retours – le prix qu’on y paye et la force qu’on y trouve – ou s’y révèle – en faire quoi de cette métaphore de la route -- des musiques – là une bonne part de ton identité – t’y être cherché – avoir tenté de t’y reconnaître – trouvé matière et mise en mots – même imprécis et d’autre langue, toujours des mots -- des lectures – jusqu’aux instruments que tu as tenus dans tes mains – rien d’anodin – cette putain d’angoisse de faire sens – là toujours que tu reviens – ne pas oublier les mots de l’enfance – là sans doute que tout se tient – que tout peut prendre corps – accéder au non-dit – nœud des mots qui t’ont tenu à distance de toi et du monde – et t’ont mené aux mots des autres – tu sais ce qu’ici tient de l’éveil – du retour à soi – du combat contre la perte et l’errance – tous ces mots que tu t’es refusélessivé d’humilité comme ceux qui t’ont engendré – combien avant toi taraudés d’entre deux – usés d’occuper un espace incertain – jamais suffisamment le leur pour y proprement parler – toutes ces approximations d’être et de langue – c’est sortir du flou et du fantasme d’écrire ces lignes – c’est revanche contre le temps perdu – ces moments où rien de possible – où toujours repousser la mise en œuvre – luxe absolu aujourd’hui d’écrire ailleurs – pas certain d’oser ces mots-là chez toi

Ce billet a été rédigé par Michel Brosseau (à chat perché, en avant route, kill that marquise) que je reçois aujourd’hui dans le cadre des vases communicants. Vous pouvez suivre ce chemin pour aller lire mon billet publié sur le blog de son site “à chat perché”.

Voici la liste des autres participants à ces vases communicants de septembre :
Christine Jeanney et Pierre Ménard
Joachim Séné et Jean Prod'hom
Kouki Rossi et Florence Noël
Anita Navarrete Berbel et Piero Cohen Hadria
Maryse Hache et Florence Trocmé
Anne Savelli et Loran Bart
Arnaud Maïsetti et Stéphanie K
Daniel Bourrion et Brigitte Célérier

4 commentaires:

  1. J'ai entendu ces mots comme dans la tour de Babel

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  2. Deux belles écritures qui se répondent bien. Bravo messieurs !

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  3. "pas certain d’oser ces mots-là chez toi" et bien, moi je suis bien content qu'ils se posent chez moi. Merci beaucoup Michel pour ce texte, un beau cadeau. Il fait extraordinairement bien le lien avec le mien dans l'entre-deux comme vous l'avez remarqué mais aussi dans l'idée de quête de soi dans la mémoire et sur les fragments qu'il en ressort. J'avais déjà remarqué sur "à chat perché" la puissance de ces fragments de mots, morceaux de phrases comme un empilement d'idées qui montent crescendo mais c'est encore plus remarquable dans ce texte, peut être grâce au "tu" comme si c'était l'homme qui parlait à l'auteur. Bravo ! Vraiment content de cet échange.

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