Sept d’un coup

image Là, tu t’affaisses, tu te laisses penser, libre d’évoquer, de préciser ce qui, jadis, t’animait. Toi, l’étranger, revenu d’un crime que tu n’as pas vu naître, simplement aveuglé par un soleil trop fort. Loin du tumulte, échappé de la tempête, désormais tu te reposes à l’ombre du vent. Tu tournes dans ton vase clos, refais la scène, en extrais quelques signes cliniques, force des détails, d’objets inanimés qui, à défaut de résoudre ton énigme, précisent ton état du moment. Et, cynique, tu polis les évènements, sans les dénier, tu te laves de l’intérieur : tu nettoies, brises l’abject pour atteindre l’hygiène de l’assassin. Et ta culpabilité se réduit comme peau de chagrin, il n’y a plus que le vide autour, l’acte est admis, tu peux reposer en paix. D’ici, là, tu ne ressortiras plus, seuls les rats dans les murs sauront te rappeler qui tu as été.

Sept liens dans ce petit texte pour sept livres lus et aimés ces dernières semaines, suivant l’idée de Christophe Grossi sur le blog d’epagine.