Bleu de méthylène

image Bleu perçant de ton regard dans le mien. Prunelles intenses qui n’appartiennent qu’à toi, uniques dans une famille d’yeux doux verts marrons. Tu es seule, dans ton cintrage, vision obtuse, regard haut, froid, tu m’épies, me juges, ta façon d’aimer sûrement. Mais ce sentiment, si on peut le nommer ainsi, est circonscrit dans ton regard qui roule puis tranche, il est procureur de tes regrets, messager de tes reproches. Il est le bleu que tu verses sur moi, un méthylène qui me marque et me suit depuis toujours, il est l’oxydant qui nous ronge et nous sépare.

Et les marques perdurent, taches indélébiles de nos absences, traces qui colorent nos silences. J’en suis saturé au point de ne plus te voir, plus la force d'opposer ce regard requérant qui, à la moindre évocation de vie, viendra jeter une nouvelle fronde sur mes défauts. Pourtant, il faudrait que je t’affronte. Il ne tient qu’à moi de contrer ces éclaboussures, de soutenir ton azur planté dans ma tête, de refuser ta manière de répandre sur moi le bleu feutre de mes misères. Je n’ai rien à attendre de toi, tout est en moi, en contre, noir doux de mon regard dans le tien.

12 commentaires:

  1. Le gout de l'autre et les couleurs...

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  2. du bleu des yeux aux bleus de l'âme,
    certains regards nous foudroient ...

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  3. Ton azur planté dans ma tête ... sans doute plus dur qu'une couleur commune, oui.

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  4. Ces mots-là sont de fort belle couleur...

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  5. Cat > Envie surtout de passer outre ce bleu acier

    Manue > oui, celui là en fait partie. Il est aussi celui de l'autorité en plus...

    Kouki > oui, plus incisif en tout cas.

    Blandine > Merci.

    co errante > Merci.

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  6. sinon il reste toujours la méthode œdipienne : une bonne paire de ciseaux et on transforme le regard perçant en regard percé.

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  7. Mu Lm > Merci.

    Philippe > Assassin ! (bien vu en tout cas pour l'œdipe !)

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  8. Mince, mais je croyais avoir déjà commenté ! C'est beau, en particulier le premier paragraphe, qui a des accents de poème en prose.

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  9. J'ai hésité entre ta soeur ainée et ta maman... Mais seule ta maman a les yeux bleus...

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  10. Le coucou > poème en prose ?!? Mazette, c'est à l'insu de mon plein gré ! ;)

    Colombine > bah oui bien sûr, bien que ça pourrait être aussi...

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