Vers le café Olive

image Il est venu me prendre chez moi. Dans sa voiture je suis montée mal à l’aise, œil gauche en coin qui frise. Il a dégagé le fatras à mes pieds, - journaux, bouteilles crevées, paquets de clopes éclatés – le ramassis du célibataire indolent. Il a démarré. De tout, de rien, on a parlé, c’était le début, on s’en foutait. Lui, regard figé sur la route, il roulait sourire large. J’étais impressionnée, un peu. C’était donc lui, celui que j’avais ouvert dans ma lucarne, une colonne de prétendantes accrochées à ses basques. Il ne dégageait pas autant que ça finalement, déjà accessible, il me semblait.

Dès lors on était ensemble dans cette auto, en accord piano. J’étais bien. Sa voix dans mes oreilles bourdonnait en grave chaud. Ma tête s’évadait dans les mots échangés, c’était facile sans être jeu. Il était sorti de la voiture le premier. Inspection liminaire, je le regardais sur pied. Pas vraiment beau mais un attrait certain, un charme évanescent et troublant. Grand, mince, la barbe de trois jours, un style trop convenu, veste noire sur pull léger à col rond. Je le suivais sur le trottoir, il descendait, marchait dans le caniveau, je remontais, nos épaules se frôlaient, déjà nos mains s’appelaient.

On allait cheminer jusqu’au café Olive et bien au-delà.

14 commentaires:

  1. Ils descendent de la voiture, viennent de faire dix rues, pour trouver une place. Ils marchent côte à côte d’un pas pressé. Ils sont attendus au café Olive. Ils ne connaissent pas leurs pas. Mais ils tentent de les accorder. Leurs épaules se frôlent parfois.
    ils n’osent pas se regarder. Elle l’observe du coin de l’oeil,s’interroge.
    Elle le devance un instant, une histoire de trottoir. Changer de trottoir.
    Un instant, divine candeur.
    elle sent sont regard dans son dos. Il lui chauffe le creux des omoplates.
    Ne pas se retourner. Pourtant elle voudrait, observer son visage(longuement..)mais à l’abris, cachée derrière un arbre.
    Il rejoint ses pas. Ils poussent la porte du café.
    [...]
    Sinon c'est bien vu aussi.. :)
    Et puis beau.

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  2. Ah! Oui, j'ai été cette passagère, un jour quelque part. Les débuts, quand on se frôle, hésite, qu'on est gorgé de désir, quelle magnificence!

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  3. désir à fond là. Et même s'il sentait un peut le gras du gazoil, c'était géant aussi non ?

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  4. epamin' > Et oui, jamais un homme n'aurait pu écrire ça ! ;)

    Colombine > Autre version du même instant, assez proche finalement :)

    zoé > oui c'est beau hein... :)

    Kouki > euh le gras du gazoil... beurgh quand même

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  5. Bravo, Christophe! Il n'y a aucune honte à clamer haut et fort son... Ah? un "e"? ... Bon, ce commentaire à réécrire! :)

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  6. Un doux mélange de viril et de romantisme, la juste dose, je succombe : Beau texte .o)

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  7. oui
    un savoureux cocktail
    (smooth & hot)

    -O)

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  8. Vous tentez de voir depuis l'autre rive? marrant, je pensais que c'était féminin de parler à l'autre personne - il est bien, ce texte. :)

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  9. Ce n'est pas ce que je voulais dire, Christophe, car je ne le pense pas.
    Je faisais simplement remarquer que, justement, selon le sexe du narrateur, un même récit n'aura pas les mêmes couleurs.

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  10. Cat > Tu succombes. mazette ! merci :)

    Mr M. > oh pas si smooth que ça, va ! :)

    aléna > vous savez quoi (mais que ça reste entre nous) j'ai toujours rêvé d'être une femme. :)

    l'ourse > Merci n'ourse, ravi que tu rebloguines :)

    Epamin' > Bien sûr, j'avais bien compris. Mais pour paraphraser VGE (ouah la source! ^^) : vous n'avez pas le monopole du cœur :)

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  11. vous savez quoi, Christophe, mais ça reste entre nous : j'ai tjrs rêvé d'être un homme.

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