Dans l’encoignure

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A l’angle aiguisé, se cogner, ne pas avoir vu l’abyme sur son équerre renflée. Toujours accélérer dans le virage, se sentir porter par la force centrifuge. Puis croire à la ligne droite et courir sans regarder devant, juste se retourner pour apprécier la trajectoire. Soulever par l’envie, le courage entre les dents serrées par la rage de parvenir, la mâchoire douloureuse mais la sensation de vivre pleine. Et ne pas voir le coin au bout du chemin, non pas un mur mais un endroit noir et sournois, froid et obtus. Comme un aveugle sans canne blanche qui aurait oublié de tendre les mains, esquiver l’obstacle le plus emportant et se fendre sur le renforcement invisible. Pas vu, oublié, sous-estimé, trop sûr d’avoir été. Céans, se bloquer le corps dans l'intervalle, planté de la perspective, perdu dans un espace sans repères, la tête enfouie dans l’encoignure.

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5 commentaires:

  1. comme Vil Coyotte attendant Bip-Bip, planqué dans l'encoignure de la falaise juste avant qu'elle cède et lui aplatisse la gueule une fois de plus.

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  2. Très beau texte! Qui m'a rappelé cette période où je militais pour la réhabilitation de l'autruche. Un animal prudent dont on n'est que trop moqué!!

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  3. Sorry, suis nulle en géométries ... et là, je fais l'autruche !

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  4. Cat > Ouille ! merci :)

    Philippe > voilà un côté benêt comme le Coyote :)

    Depluloin > oui vive les autruches !

    Kouki > moi suis spécialiste du triangle iso-seul :)

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