Dans son dedans

image Elimés, érodés par le dehors, trop de vent, de bourrasques à éviter, vaut mieux creuser le dedans. Enfin c’est ce qu’on se dit. Que c’est mieux le dedans, bat trop fort le dehors. Se recroqueviller c’est mieux, cultiver l’intérieur, paraît qu’on est beau à l’intérieur. Alors, on descend sans cordée, spéléo de l’intime, la gravité nous épargne, on est hors du monde mais dans son monde. Sur les parois on glisse, aucune entrave apparente, c’est sombre mais c’est calme, sans contradiction pour faire aspérité.

Très vite parvenus au creux, on se fait complaisance. On s’épargne de tout. En fait, on s’en fout. On est bien dans la tourbe, personne à la rescousse, on peut patauger autant qu’on veut. On est bien dans le dedans du dedans. Plus de zone corporelle à observer, on est seul dans son dedans. Le dehors n’existe plus ou très peu, juste l’essentiel pour observer et alimenter son dedans. Au plus près de, dispensés de protocoles, évadés des conventions, comme dans la bulle originelle.

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15 commentaires:

  1. et puis revient le moment, enfin, de prendre l'air. Non ?

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  2. Résonance qui fait parfois écho...
    Non...pas la porte ! ;)

    http://www.youtube.com/watch?v=_BVeLud_BfU

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  3. Aléna > prendre l'air mais pourquoi faire ? :)

    Philippe > Joli !

    Kwetch > oui, avais vu chez toi le GET OUT. :)

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  4. marchons dans la gadoue la gadoue la gadoue la gadoue, oh la gadoue la gadoue ... C'est vrai que moi aussi me faut l'air à nouveau là !

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  5. Désolée pour l'écho graphique alors ! :)

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  6. on regarde en soi et on grimace, un peu, et un peu plus le temps passant - on cherche le chemin pour émerger, mais on se colle à soi, ce n'est pas facile

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  7. Kouki > oui, de l'air, de l'air, finalement y a pas mieux

    Kwetch > ben non, fort à propos ton écho

    Brigetoun > "on se colle à soi" l'image est très juste

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  8. Parfois aussi bat trop fort le dedans, alors plonger dans le dehors, s'y frotter l'écorce, s'y écorcher et revenir dans le dedans, le noyau, en puiser de la force. Merci pour ce beau texte...

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  9. très juste (même si parfois pense exactement le contraire)

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  10. Dans Mickaël K. , sa vie son temps, Coetzee parle de cette nécessité de la tourbe.

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  11. mel13 > oui frotter l'écorce c'est bien ça aussi ;)

    Anne > surtout penser le contraire parce que hein bon...

    Dominique > nécessaire ne serait-ce que pour avoir un nouveau plaisir d'en sortir. Merci pour la référence.

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  12. ahhhh! Mickaël k est l'un des plus beaux livres que j'ai lu de ma vie entière, c'est somptueux!!

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  13. aléna > bon va falloir que je le lise celui-là alors.

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  14. Et sinon, quand est-ce que tu sors ?

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