Autre vision

Autre vision C’est un apaisement ce reflet. Dans la buée encore chaude se réfléchit une image en redressement, le torse se bombe, regard droit, épaules alignées. Enfin pouvoir se regarder sortir de ce corps. En conscience, sans déni, se laisser couler vers l’autre, sans rien attendre en retour. Sentir sous la peau circuler un fluide de haut en bas, de la tête aux pieds, une source de vie inconnue qui se mêle à l’existence habituelle, un fil imaginaire tendu plus seulement dans l’intérieur mais de l’intérieur vers l’extérieur. Deux vies qui se confrontent, contact et réaction, alchimie naissante d’un autre chemin. Croisées, elles se condensent en sensibilité troublante. La chaleur resserrée sur la peau s'ancre en orgelets d’eau qui filtrent le corps et délogent les émotions enfouies. De l’eau, pour l’instant rien que de l’eau, qui sort par où elle peut, comme elle veut. Un lâcher prise en ondes continues ou en secousses, en larmes ou en sourires mais qui témoigne de l’ouvrage engagé, de l’organisation d’une autre vision de soi, de l’autre, du monde.

Texte publié initialement dans Le jardin sauvage de Ana NB,  vases communicants du mois d’avril.

1 commentaires:

  1. "Enfin pouvoir se regarder sortir de ce corps". Il y avait un roman d'André Maurois (trouvé en bibliothèque municiplae), complètement méconnu, où le héros se retrouvait dans le corps d'un autre et réciproquement. Fascinant.

    Snake

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