Dans la Capitelle

Dans la Capitelle Planqués, au creux, comme des troglodytes, les pierres taillées autour de nous, une alcôve dure pour nos rêves mous. Tu trépignes, tu as peur, enfermement soudain, tu me serres, ta peau blanche en éruption. Dans la Capitelle, l’odeur des lichens suinte des murs ronds, il fait noir et du haut, par un interstice, file un mince rayon de lumière sur ta joue. C’est inquiétant ici, me dis-tu, tu veux sortir de là, tu suffoques. Tu te serres encore, ma main sur ta cuisse qui tremble, ma voix caverneuse apaisante à tes oreilles. Je te ronfle quelques phrases libres et leur écho se met à tourner en squash sur les parois ancestrales. Tu lèves les yeux vers moi : dessine-moi un mammouth avant que tes mots ne retombent ! Tu ris, je ris, et les éclats se mélangent aux sons rebondis, ils nous entourent, nous passent sous les pieds, raclent le sol de schiste et délogent tes craintes.

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11 commentaires:

  1. “dessine-moi un mammouth“ serait-elle la version "grotte-esque" de St Ex. ? Excellent ! .o)

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  2. dans la grotte on devient ogre, l'enfance nous poursuit. Joli !

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  3. Dans la capitelle, résonne un souvenir d'amour adolescent. Un souvenir joli comme un sourire avec en creux la crudité du jeu où le désir se fait peur où le désir se fait charmeur, où un mammouth déclenche un éclat de rire qui dégage les faux semblants. En la capitelle, « les rêves mous » vont pouvoir se dérouler selon les rites éternels, s'enivrer de l'ivresse des premiers amours. Les pierres de calcaire cachent, protègent, les émois de la chair. Les rôles sont distribués, l'homme-loup sait d'instinct les gestes de tendresse, mais la petite chèvre de monsieur Seguin connait, aussi, sa partition, « elle se serre ». Dés l'entame du récit, les mots « alcôve » « plantés autour de nous » laisse entrevoir l'histoire charnelle, éternelle, qui va se dérouler là. Puis, il n'y a plus qu'à fermer les yeux et se laisser emporter par le phrasé musical à deux voix, celle la fille dite par son compagnon dont la peur s'exprime par des sons en « qu » en « foque » en « ble » auquel répond le « ronfle » mâle,assuré,rassurant du gars. Le garçon est le narrateur ce qui accentue la distribution active/passive du jeu de rôle.La poétique expression  « Avant que tes mots ne retombent » suivi des « Tu ris » « Je ris » marquent l'appréhension partagée « des rêves mous », la complicité fragile qu'il faut vite consolider par des mots et des rires incantatoires, libérateurs. Un petit texte bien agréable, drôle de petites vérités dévoilées sur un sol de schiste.

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  4. Cat > héhé oui, petit prince au goûter compris ! ;)

    Kouki > Et ogresse aussi :)

    Patrick > Vous êtes incroyable vous ! Merci !

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  5. La même chose a'ec un môme à Belle-Île,
    dans l'ancien entrepôt de munitions
    en hémisphère... ;o)
    Krê bô.

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  6. ah c'était donc ça le gaz de schiste !

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  7. "ma voix caverneuse apaisante à tes oreilles" tentais-tu d'imiter Barry White ? :)

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  8. C'est donc dans la cabane du berger qu'elle a vu le loup!

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  9. Luc > pétard dans l'entrepôt de munitions, amateurs de poudres alors ?

    Philippe > héhé ! Et voilà tout commença ici :)

    Morgan > non, là, plutôt Stalonne qui chuchote rauque "Adriennnneeeeuh !" :)

    Dési > rhooo, non, bien plus tard :)

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  10. Ôtes-moi d'un doute, c'était un garçon ou une fille qui te serrait ? SNAKE

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  11. Snake > Une fille ! Pourquoi ? Quelque chose met le doute ?

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