Dans le cul-de-sac

dans le cul-de-sac La rue nous prenait tous les jours dans ses murs, coincés dans la vie, nous errions, camarades en appui, force de la bande qui voulait maîtriser le temps et la différence. Des garçons et des filles, insouciance sous le ventre, nous longions les arêtes à la découverte de nos corps en ruelle. Il fallait nous trouver des repères, que nos sexes si différents égaraient sur les chemins, trop peu d’espace pour déceler l’indicible, le tabou renfrogné dans les cuisines par nos mamans mal habiles avec la chose. Alors nous choisissions au bout du quai de passer en mode secret nos appétences naissantes, car au bout, plus aucun horizon, des murs en angles, derrière le néant, mais à gauche, en poursuivant le lopin de terre, l’impasse discrète nous apprenait plus que nos leçons de morale. Deux, trois filles calfeutrées dans le cul-de-sac - car toujours une pouvait en réchapper - et nous, garçons obsédés pouvions tranquille satisfaire la curiosité qui pointait nos culottes et découvrir enfin la convoitise qui se cachait sous les jupes des filles.

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4 commentaires:

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  2. Une tranche d'enfance dite, comme un témoignage, sans mièvrerie ni fausse pudeur. La plume de l'auteur poétique allègre, habile aux métaphores sait dire la découverte de la sexualité avec une animale innocence et un zeste de trouble hérité des mères.J'aime bien la description esquissée de l'enfermement sans horizon dans des ruelles étroites. Elle exacerbe les curiosités, les convoitises ; Elle pousse les jeunes mâles à des contraintes machistes. Il manque d'espace pour l’épanouissement des corps et des mœurs, en liberté. Dans le cul de sac , le sexe n'est pas une impasse mais une entrée dans la vie.

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  3. Tiens, une autre histoire de maîtrise. Dans l'une, on coince les mots, et dans l'autre, les filles. Tout aussi dur, non ? ;-)

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