Dans le cul-de-sac

dans le cul-de-sac La rue nous prenait tous les jours dans ses murs, coincés dans la vie, nous errions, camarades en appui, force de la bande qui voulait maîtriser le temps et la différence. Des garçons et des filles, insouciance sous le ventre, nous longions les arêtes à la découverte de nos corps en ruelle. Il fallait nous trouver des repères, que nos sexes si différents égaraient sur les chemins, trop peu d’espace pour déceler l’indicible, le tabou renfrogné dans les cuisines par nos mamans mal habiles avec la chose. Alors nous choisissions au bout du quai de passer en mode secret nos appétences naissantes, car au bout, plus aucun horizon, des murs en angles, derrière le néant, mais à gauche, en poursuivant le lopin de terre, l’impasse discrète nous apprenait plus que nos leçons de morale. Deux, trois filles calfeutrées dans le cul-de-sac - car toujours une pouvait en réchapper - et nous, garçons obsédés pouvions tranquille satisfaire la curiosité qui pointait nos culottes et découvrir enfin la convoitise qui se cachait sous les jupes des filles.

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