Oreille collée à la plage

Oreille collée à la plageOreille collée à la plage, j’écoute le bruit des galets, c’est sourd et puissant, comme un bruissement qui se confond avec le dedans, à ne plus savoir ce que j’entends : mon corps qui bout et son ébullition qui remonte en geyser engourdi à mon oreille ou alors un récital souterrain sous le sable, un de ses concerts au creux des coquillages posés là, une couleur chassant l’autre, blanc et noir comme un clavier géant. Une alliance des deux, il faut croire. une seule voix qui murmure, un son continu qui remplit ma tête, aère l’intérieur, dépoussière neurones et contacts vrillés, une seule ligne qui transperce le tympan, sans mélodie mais en harmonie avec le décor. C’est un mesclun frais de notes étouffées d’un silence et d’acouphènes crâniens qui marinent en agapes. Et la paix autour qui prend son pied, je suis seul dans ce lieu si agréable à l’apprécier, c’est étrange. L’autre oreille en suspension dans le vide n’entend même plus le cri des mouettes ni le ressac, ni aucune vague déferlante, pas plus que l’écume qui joue, c’est le calme plat, une huile qui n’atteint pas mon rivage.

illustration

7 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. Merci de nous avoir fait partagé ce moment d"intimes retrouvailles avec vous même. Ce "mesclun frais de notes étouffées d’un silence et d’acouphènes crâniens qui marinent en agapes".

    Ces moments me semblent de plus en plus fuis,détruits. Ils sont indispensables pour se retrouver soi même, pouvoir être tension vers l'autre.Ils sont nécessaires pour ré accorder nos musiques intérieures. C'est un art de savoir faire l'éponge, se nourrir des bruits du monde, les faire vibrer, passer l'éponge sur les fautes d'accord. Pour ce faire, la mer,en ses mystères, est un lieu fondamental.

    RépondreSupprimer
  3. "L'oreille collée à la page" avais-je lu, mais c'est bien ça, j'ai véritablement collé l'oreille à ton texte et je l'ai entendu... Une très belle coquille aussi, mais peut-être pas finalement: "mon corps boue": le verbe bouillir (faire des bulles) ou le verbe bouer (faire de la boue- argile dont on fait les vases)? (en tout cas, ne prends pas cette remarque comme celle d'une prof myope à un élève distrait :-))

    RépondreSupprimer
  4. Patrick > oui la mer, essentielle, me demande comment on fait pour vivre sans, d'ailleurs.

    mel13 > ben les deux, souvent, c'est de la bouillasse qui boue du verbe bouillir de la boue. ;) (merci pour la correction, fais tout le temps cette faute)

    RépondreSupprimer
  5. ce "mesclun frais de notes étouffées d’un silence et d’acouphènes crâniens qui marinent en agapes" est en effet très beau !
    un goût de sel en bouche mmm

    RépondreSupprimer
  6. Muriel et Luc > reviens de chez L............uC, Murièle si tu veux du sel en bouche, on se régale là-bas ! ;)

    RépondreSupprimer