Dans le ventre mou de l’été

Dans le ventre mou de l’été, s’étale une fois de plus le vermoulu des pensées. Le chaud dans le dedans, dans le dehors, et l’alacrité qui se barre par les persiennes. Gonflé aux humeurs tièdes, matin et soir sans répit le chaud des corps se renifle jusque dans la rue, odeur de caramel noir brûlé dépourvu des sucs qui d’habitude font saliver. Ça pue encore le recul, les re-culs huilés à l’excès dans un sentiment d’infatigable manège qui ramène sa fraise, sa peau couleur fraise, chaque juillet que l’éternité fabrique.

Il en va des vagues à l’âme de l’été comme ceux de toutes saisons mais ceux-là se digérant moins bien – s’alimenter au dessus de trente degrés devient un effort, quant aux ablutions nécessaires pour déglutir tout cela, elles demandent un tel rassemblement du corps pour être exécutées que seulement y penser plonge la tentative d’élan dans un néant moite -, ainsi l’affable affalement s’impose et prescrit un rejet intellectuel des têtes. Les corps s’alanguissent rongés des sens que le nu attise survoltant l’ambiance dans une libido folle et inondant quelques restes de réflexion dans une vacuité que septembre aura bien de la peine à ravoir.

Restent l’eau pour nous faire sentir, le sexe pour nous délasser des tensions trop chaudes et l’espoir d’un retour du froid tonique pour à nouveau nous sentir vivants et piquants.


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