Quoique

Ne te renfrogne pas
Ne fais pas la moue
Pauvre baltringue

Ce n’est pas ta peau
En carton patte
Que l''on veut

Quoique
On en ferait bien
Des rouleaux
De printemps arabe

C’est nos oripeaux
Seule couche avant
La mort
Qu'on veut sauver

Ne hausse pas
Le menton
Comme ça
Ne fais pas le malin
Grand manipulateur

Ce n’est pas
Ton renfrognement
Hautain
Qui nous excède

Quoique
On te ferait
Bien bouffer
Ton arrogance
Assaisonnée 
A l’insurgé

C’est de nos fiertés
Dont il s’agit de
Nos futures
Délivrances
A culbuter

Ne plie pas
Non pas de suite
Ne fais pas
Le lâche
Bâche d’abord
Mâche notre révolte
Sale saigneur

Ce n’est pas
Ta puissance
Ton argent
Qu'on lance en
Epouvantail à
La vendetta

Quoique
On te planterait
Bien
Au milieu d’un
Champ de blé 
Sec
Pain dur
Eau croupie

C’est du souffre qui
Grouille dans
Ton pantin
L’allumette
n’en peut plus
De frôler
Ton grattoir

Ne te cache pas
Ne fais pas
Autruche
Grand menteur au
Tarin enflé

Ce n’est pas
Ta stature
Ta suffisance
Ton pouvoir qui
Nous font battre pavé

Quoique
On passerait bien
Au tamis tes pâtés de
Tyrannie pour glisser
Ton cou
Au plus fin des
Maillages

C’est la rue qui
Te hurle
Veut te piquer
Ton nez entre
Ses trottoirs
Gros clown
Dégingandé

Ne nous pousse pas
Pas plus loin
Ne réprime plus
Nos rêves
Solitaire dictateur

Ce n’est pas
Toi qui
Nous révoltes
Nous démontes
Nous sors de nos gonds

Quoique
On t’engoncerait
Bien dans ton palais
Serré
Dans tes dorures
En poignards acérés

C’est de l’oppression sous
Nos masques
Qui nous ronge
Dans le dedans
Du dedans



Tu vois
Tu ne comprends rien

(crédits photo  AFP / Sergei Supinsky)

Texte déjà publié chez François Bonneau sur son blog L'irrégulier dans le cadre des vases communicants de juin 2012.