Au front

J’essuie le front, mon front de ridules. Je me balance autour de mon nombril, je tourne dans le sens des aiguilles d’une montre parce que pas le choix, c’est ainsi que ça avance. Centre de gravité pour une drôle de vie, ancré au stigmate de la naissance, je gravite des pieds à la tête dans un cercle parfait d’un mètre soixante-seize de diamètre ; soit finalement un tout petit rayon, une petite vue, une étroitesse repliée sur moi-même.

Je suis le front, fronton des pensées blanches comme des noires. Pas de limites au foisonnement intérieur : un coupe-gorge pour les jours acides, un bouge glauque où l’on joue de la soul avec ma glotte ou un palace à enseigne claquante pour les nuits joyeuses où l’on croiserait Ginger Rogers me prenant la main, une tape sur le front pour jouer des claquettes.

Je suis au front, à l’âge des raisons que je concatène en déraison. Le jeu en vaut que peu de rondelles, de cuir ou de cuivre. L’argent en feu follet dans ma tête s’échappe par les pores et je me tourne à vos fronts, agrandissant le cercle avec parcimonie. Je sors de ma tête un jiminy cricket à ressort, un hurluberlu à paillettes qui veut toucher vos corps, accéder au sourire de vos visages, au front de vos pensées.


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