Sourires fougères

Nous n’avons pas gravi toutes les prières, pas exhaussé tous nos creux ni traversé nos jalons si longs que, déjà, tu te carapates par un sentier tordu - hors de nous.
Pourtant, j’ai aperçu une clairière. Une fine lumière sous les frondaisons perçait un ciel ouvert.
Pourtant, j’ai vu des regards clairs et des sourires fougères. La forêt était dense et les buissons mordants mais brillaient dans la rosée deux serpes d’or aiguisées, prêtes à tailler le chemin.
Pourtant, j’ai aperçu nos silhouettes se détacher dans le reflet de la mare. Quelques nénuphars échoués là guidaient nos pas timides.
Pourtant, sur la terre meuble, allongés sur la mousse, j’ai entendu l’écho des bouches et les baisers toucher. Le soleil éclatait et inondait la plaine, au-delà du maquis de nos années passées.



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