Morning à la fenêtre S02

Un petit tour bordelais des visages, la brume d'automne à la fenêtre, une nuit avec tout un bataclan d'horreur, les matins suivants qui décollent la rétine de la vitre, un retour au beau et au doux à se prélasser en terrasse.
C'est la deuxième semaine du « morning » par la fenêtre. Deux strophes de quatre vers avec la contrainte de terminer par un vers court, un ou deux mots. Chaque « poème » est publié sur les réseaux sociaux. Un par jour. Voici les sept jours de la semaine 2. Ça ira de semaine en semaine, de jour en jour, de matin en matin… et puis une nuit, ça s'arrêtera. 


Jeudi 12 novembre

Un tour bleue dans un bocal
De neige suspend au temps
Dans une parenthèse tendre
Le réveil au passé des amours
Vives

Un regard a suffi pour tailler
La brume d’un souvenir d’hiver
D’un rai de bronze sur les peaux
Libérées de la longue absence
Blanche


Vendredi 13 novembre

La rumeur du jour sème au
Vent des pièces de bigaille
Dans le crissement bleuté
D’une égoïne ravie du ciel
En coupe

Deux grands cirrus caressent
Un ciel fâché de la brume
Qui le colle à la terre comme
Une éponge sale sur une nappe
Cirée


Samedi 14 novembre

L’aube a battu la brume
Dans un regain de liesse
Qui laisse à la nuit d'effroi
Un chagrin grêlé de pavés
Froids

Un soleil triste charge les
Couleurs de réveiller en
Nous l’espoir de lumière
Dans les obscurs couloirs
Insanes


Dimanche 15 novembre

La voix de la gare babille
Son carillon intime dans
Le matin tourné en bouche
Et sa langue lèche une nuit
De poussières

Les particules s’étalent en
Gouttes fines d’une pluie
Qui ne veut pas arroser le
Temps en suspension de
Pierre


Lundi 16 novembre

La mer a tué le calme
Sur la grève souillée
Où l’Homme saturé de
Cruauté a vidé son sac
Et ressac

Le jour nouveau paît
En silence avant les
Heures à mordre dans
L’herbe grasse des peurs
A saquer

Mardi 17 novembre

Des lames rouge sang
Trempent dans la mer
Du pain perdu de nuit
Que le jour cuit, tourne
Et retourne

Le ciel à crête de coq
Invite un soleil plein
Comme un œuf à s’em-
Parer de la vie par la
Mie


Mercredi 18 novembre

La lampe donne un halo
Rond à la vitre froide
Qui se souvient de la nuit
Des terrasses de sang lié
En déraison

A la fenêtre clignent des
Yeux de feu, un regard de
Fièvre sur des corps tombés
Pour trop de liberté passée
A aimer




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